Fostine Carracillo pour 20 Minutes
L'essentiel
- En France, les cyberattaques ont progressé de 4 % en 2025, avec plus de 17.500 incidents recensés.
- Face à cette hausse, les entreprises et administrations renforcent leurs besoins en spécialistes de la sécurité informatique.
- Près de 50.000 professionnels pourraient ainsi être recrutés dans la cybersécurité d’ici 2030.
En France, la menace informatique ne faiblit pas. En 2025, 17.600 atteintes aux systèmes de traitement automatisé des données ont été enregistrées, soit une progression de 4 % en un an. Administrations, entreprises, collectivités ou particuliers : aucun acteur n’est véritablement épargné. Face à des attaques toujours plus nombreuses et complexes, les besoins en spécialistes capables de protéger les systèmes informatiques augmentent eux aussi. En 2026, la cybersécurité confirme ainsi sa place parmi les secteurs du numérique où les perspectives d’emploi sont particulièrement importantes.
Plus de 17.500 cyberattaques recensées en France
Selon les données du service statistique du ministère de l’Intérieur, 17.600 atteintes visant directement le fonctionnement des outils numériques ont été comptabilisées en 2025, contre 17.100 l’année précédente. Plusieurs administrations ont notamment été prises pour cible entre décembre et janvier, parmi lesquelles le ministère de l’Intérieur, celui des Sports ou encore l’Office français de l’immigration et de l’intégration.
Les méthodes employées sont multiples. Certaines attaques cherchent à rendre un site inaccessible en le saturant de connexions, tandis que d’autres visent directement des données sensibles. Début 2026, Bercy a ainsi révélé qu’un acteur malveillant avait pu consulter des informations concernant 1,2 million de comptes bancaires dans le fichier national des comptes bancaires, le Ficoba.
Les délits numériques progressent encore plus vite
Les attaques contre les systèmes informatiques ne représentent qu’une partie de la cybercriminalité. En intégrant également les fraudes, escroqueries et autres infractions commises en ligne, plus de 450.000 crimes et délits numériques ont été enregistrés par les forces de sécurité françaises en 2025. Leur nombre a progressé de 14 % en un an.
Cette hausse touche aussi bien les entreprises que les particuliers. Piratage de comptes, hameçonnage, rançongiciels, vols de données ou espionnage numérique font désormais partie des risques auxquels doivent se préparer les organisations. Les entreprises concentrent une large part des attaques recensées, mais les collectivités, établissements de santé et associations sont également concernés.
Près de 50.000 spécialistes cyber nécessaires d’ici 2030
Cette multiplication des menaces crée mécaniquement de nouveaux besoins en compétences. La France manquerait déjà d’environ 15.000 professionnels de la cybersécurité. À plus long terme, près de 50.000 spécialistes devraient être recrutés d’ici 2030 pour accompagner la croissance du secteur et renforcer la protection des organisations.
Pour attirer davantage de candidats, le ministère de l’Éducation nationale, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) et le Campus Cyber ont notamment lancé le dispositif DemainSpécialisteCyber. Son objectif est de mieux faire connaître ces professions auprès des collégiens, lycéens et étudiants, mais aussi de diversifier les profils qui rejoignent la filière.
Des métiers techniques aux profils très variés
Derrière le terme de cybersécurité se cache une grande diversité de fonctions. L’analyste SOC surveille par exemple les systèmes d’une organisation pour détecter rapidement toute activité suspecte. Le pentester cherche volontairement leurs failles en réalisant des tests d’intrusion, tandis que le cryptologue travaille sur le chiffrement et la protection des informations sensibles.
Les entreprises recherchent également des consultants en cybersécurité, des développeurs spécialisés dans la sécurité informatique, des architectes sécurité ou encore des responsables de la sécurité des systèmes d’information. D’autres professions associent numérique et droit, à l’image du délégué à la protection des données ou de l’expert juridique en cybersécurité. Police et gendarmerie recrutent également des cyber-enquêteurs spécialisés dans les infractions commises en ligne.
Des recrutements accessibles à plusieurs niveaux d’études
Les diplômes de niveau bac +5 restent particulièrement recherchés : ils représenteraient environ 80 % des profils recrutés dans le secteur. Écoles d’ingénieurs, masters spécialisés et cursus informatiques constituent donc des voies privilégiées pour rejoindre les métiers de la cybersécurité.
Mais les entreprises recrutent aussi à bac +2 ou bac +3, notamment pour des fonctions techniques comme celles de technicien sécurité ou de développeur spécialisé. Le niveau de rémunération peut également constituer un argument : pour certains profils titulaires d’un bac +5, le salaire proposé en début de carrière peut atteindre environ 3.750 euros brut par mois.
Un secteur qui cherche aussi à diversifier ses talents
L’enjeu ne consiste toutefois pas seulement à augmenter le nombre de diplômés. La cybersécurité reste encore très masculine : les femmes ne représenteraient qu’environ 11 % des professionnels du domaine. Les campagnes de sensibilisation cherchent donc également à rendre ces carrières plus visibles auprès des jeunes filles et des étudiantes.
Pour les futurs candidats, les débouchés dépassent largement les seules entreprises spécialisées dans l’informatique. Cabinets de conseil, banques, industries, administrations, entreprises de défense, éditeurs de logiciels ou établissements de santé doivent désormais protéger leurs infrastructures et leurs données. À mesure que les usages numériques progressent et que les attaques se professionnalisent, la cybersécurité devient une fonction stratégique. Une évolution qui devrait continuer à soutenir les recrutements dans les prochaines années.