Elise Martin
L'essentiel
- Antoine Ofcard, ingénieur et créateur de contenus suivi par plus de 50.000 personnes sur Instagram, s’est lancé le défi d’enchaîner l’équivalent de dix Ironman en trente jours, d’Annecy à Paris avec un tronc d’épicéa attaqué par les scolytes sur les épaules.
- L’aventurier dénonce la fragilisation des forêts françaises touchées par ces insectes qui s’attaquent aux arbres affaiblis par le manque d’eau et les fortes chaleurs.
- « On n’écoute ni les ingénieurs, ni les scientifiques, alors peut-être qu’on écoutera les ultra-sportifs », souligne Antoine Ofcard.
Il ne veut pas battre de record, mais marquer les esprits. Ingénieur et créateur de contenus suivi par plus de 50.000 personnes sur Instagram, Antoine Ofcard s’est lancé le défi d’enchaîner l’équivalent de dix Ironman en trente jours, soit plus de 2.500 km, d’Annecy à Paris, avec un tronc d’épicéa attaqué par les scolytes, sur les épaules.
Le trentenaire réalise cet « ultra treeathlon » pour alerter sur l’état des forêts en France. Quand on lui demande le poids de ce « témoin », il répond que c’est « le poids du réchauffement climatique ». Il développe : « Les scolytes, ces petits insectes naturellement présents dans les forêts, s’attaquent aux arbres affaiblis par le manque d’eau et les fortes chaleurs, précise-t-il. L’épidémie touche désormais une grande partie des forêts d’épicéas françaises. »
Pour lui, ce n’est « qu’une porte d’entrée sur un problème plus large ». « Les forêts peinent à s’adapter au changement climatique. La répétition des étés trop secs, des hivers trop chauds et des printemps trop pluvieux fragilise les arbres et favorise la prolifération des parasites », affirme-t-il. Les solutions existent, selon Antoine Ofcard, qui cite la diversification des essences d’arbres ou encore la sanctuarisation des espaces de forêts robustes, dédiés au stockage du carbone et à la préservation de la biodiversité.
« Peut-être qu’on écoutera les ultra-sportifs »
Selon cet aventurier accompagné par la MAIF dans son aventure, la mortalité des arbres a augmenté de 125 % en dix ans en France, et cet été, 116.000 hectares de forêts ont brûlé. Il rappelle qu’on « sait déjà comment stopper les conséquences du réchauffement climatique », que ce n’est « qu’une question de volonté politique ».
Notre dossier sur le réchauffement climatique« On n’écoute ni les ingénieurs, ni les scientifiques, alors peut-être qu’on écoutera les ultra-sportifs. Les faits et les idées ne suffisent pas à influencer suffisamment les prises de décisions, peut-être que les émotions que véhicule le sport feront mieux. Voilà pourquoi un ingénieur comme moi, se lance un défi sportif démesuré : embarquer la population dans un récit qui développe un imaginaire écologique dans lequel ils peuvent s’épanouir », affirme-t-il. Alors, sera-t-il écouté après ce mois où il aura pédalé plus de 1.800 km, nagé 38 km et couru 422 km, avec un tronc sur le dos ?