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Halloween : ce test avant de cuisiner votre courge évite l’intoxication
Citrouille ou embrouille ?

Halloween : ce petit test à faire avant de cuisiner votre courge peut vous éviter une intoxication

Vous pensiez que le plus effrayant à Halloween serait votre déguisement ? Raté. Certaines courges peuvent aussi vous jouer un bien mauvais tour dans l’assiette
Fostine  Carracillo pour 20 Minutes

Fostine Carracillo pour 20 Minutes

L'essentiel

  • À l’approche d’Halloween, les courges s’invitent dans nos assiettes, mais certaines peuvent être toxiques.
  • Pour éviter une intoxication, l’Anses recommande de goûter un minuscule morceau cru avant de les cuisiner.
  • Une amertume prononcée doit immédiatement alerter, car les substances toxiques résistent même à la cuisson.

Halloween approche, et les courges sont partout. En décoration sur le rebord des fenêtres, mais aussi dans nos assiettes, sous forme de soupes, de gratins ou de purées. Seulement voilà, toutes ne sont pas bonnes à manger. Certaines peuvent même provoquer de sérieuses intoxications alimentaires. Heureusement, un petit test recommandé par les autorités sanitaires permet de repérer un éventuel danger avant de passer aux fourneaux.

Le petit test à faire avant de cuisiner une courge

Vous avez prévu de préparer un velouté de potimarron ou un gratin de butternut ? Avant de sortir vos casseroles, prenez quelques secondes pour vérifier que votre courge ne présente aucun signe suspect. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande notamment de goûter un tout petit morceau cru d’une courge normalement destinée à être consommée.

Si sa chair présente une amertume particulièrement marquée, recrachez immédiatement le morceau et renoncez à la cuisiner. Vous pouvez éventuellement la transformer en décoration d’Halloween, à condition de la garder hors de portée des enfants et des animaux. Ce goût inhabituel peut signaler la présence de substances toxiques. Et inutile d’espérer sauver votre recette avec quelques épices ou une cuisson prolongée : une courge amère ne doit pas être consommée, même après avoir été cuisinée.

Pourquoi une courge amère peut-elle être dangereuse ?

À l’origine du problème, on trouve les cucurbitacines. Ces substances sont naturellement présentes dans certaines plantes de la famille des cucurbitacées, à laquelle appartiennent notamment les courges. Elles leur servent de protection contre les insectes et autres prédateurs. Mais pour l’être humain, leur ingestion peut avoir des conséquences bien moins anodines.

Le souci, c’est que ces composés particulièrement irritants résistent à la chaleur. Une courge toxique ne devient donc pas comestible après un passage au four, à la vapeur ou dans une casserole d’eau bouillante. Même une petite quantité peut suffire à provoquer des troubles digestifs. Face à une amertume suspecte, mieux vaut donc ne prendre aucun risque.

À Halloween, méfiez-vous des courges décoratives

À l’approche du 31 octobre, les magasins regorgent de petites courges aux couleurs et aux formes originales. Certaines sont parfaites pour décorer une table ou une entrée, mais certainement pas pour préparer le dîner. C’est notamment le cas des coloquintes, des courges ornementales considérées comme toxiques et exclusivement destinées à la décoration.

Attention, car ces variétés peuvent parfois être vendues dans les mêmes rayons que les courges alimentaires. De quoi facilement s’y tromper au moment des courses. Pour éviter toute confusion, vérifiez les étiquettes et n’hésitez pas à interroger le vendeur. Une courge décorative ne doit jamais être goûtée, même pour effectuer le test de l’amertume.

Même les courges du jardin peuvent poser problème

Vous cultivez vos propres courges dans votre potager ? Là aussi, quelques précautions s’imposent. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, une courge issue du jardin familial n’est pas forcément sans danger. Certaines variétés comestibles peuvent en effet se croiser avec des variétés amères cultivées à proximité, donnant naissance à des graines susceptibles de produire des courges toxiques.

Et le piège est difficile à repérer : ces courges peuvent ressembler en tous points à celles que nous consommons habituellement. L’Anses recommande donc de ne pas manger les courges ayant poussé spontanément dans le potager. Autre précaution utile : éviter de récupérer les graines d’une récolte pour les semer l’année suivante et privilégier l’achat de nouvelles semences.

Quels sont les symptômes d’une intoxication aux courges ?

Manger une courge toxique peut entraîner des troubles digestifs parfois importants. Les premiers symptômes apparaissent généralement rapidement après le repas, avec des douleurs abdominales, des nausées, des vomissements ou encore des diarrhées. Dans les cas les plus sérieux, celles-ci peuvent être sanglantes et provoquer une déshydratation nécessitant une hospitalisation.

Le risque est bien réel. Entre 2012 et 2016, les centres antipoison français ont pris en charge 353 personnes après une exposition à des courges amères. Parmi les intoxications dont l’origine était connue, 54 % concernaient des courges provenant d’un potager familial, contre 46 % achetées dans le commerce. De quoi rappeler que la vigilance s’impose dans les deux cas.

Que faire si vous avez mangé une courge suspecte ?

Si vous avez consommé une courge au goût très amer, ne poursuivez pas votre repas et demandez rapidement conseil à un centre antipoison. En présence de symptômes importants, notamment de vomissements répétés ou de signes de déshydratation, contactez les secours en composant le 15 ou le 112. Conservez également les restes de la préparation, qui pourront éventuellement être analysés.

Pas question pour autant de renoncer aux bons petits plats d’automne. Il suffit de choisir des courges clairement identifiées comme comestibles et de rester attentif à toute amertume inhabituelle. Un réflexe qui ne prend que quelques secondes et qui peut vous éviter de passer Halloween aux urgences plutôt qu’autour d’un bon dîner.