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Gratuit, avec plus de 100 stars, cet événement promet d’animer tout le pays

« Notre promesse, c’est de dire “Tu viens à Uniques et tu repars pas les mains vides !” »

Festival de l’égalité des chancesL’association Diversidays et France Travail organisent un festival unique en son genre les 15 et 16 mai en région et le 17 mai au Parc Floral de Paris
Romain Gouloumes

Romain Gouloumes

Étrange duo que celui formé par Anthony Babkine et Thibaut Guilluy. Complices et complémentaires, le cofondateur de Diversidays et le directeur général de France Travail n’ont pourtant pas grand-chose de commun quand on les observe, chacun dans sa fenêtre, lors d’une interview en visio. Veste stylée et barbe soignée pour l’ex-cadre dirigeant de la pub reconverti dans l’associatif. Costume sobre pour le second, incarnation de l’institution oblige. Une paire atypique pour ne pas dire unique, à l’image de leur projet, ce premier festival « de l’égalité des chances en action » qui aura lieu un peu partout en France les 15 et 16 mai, et bouclé en apothéose le 17 mai au Parc Floral. Une célébration du vivre ensemble joliment baptisée « Uniques » qui séduit aussi bien le monde de l’entreprise que celui de la culture et des sports, à l’image des nombreuses personnalités déjà embarqués à bord : de la chanteuse RNB Lyna Mahyem à Thomas Jolly, en passant par Bilal Hassani et Camélia Jordana, etc. Un peu plus et on oubliait de préciser le plus important : Uniques sera 100 % gratuit (et cherche encore des bénévoles, avis aux bonnes âmes). Et si vous vous demandiez à quoi peut bien ressembler un festival de l’égalité des chances, nous aussi. Réponse avec les deux co-organisateurs.

Pas facile de décrire Uniques en quelques mots. En plus, ce n’est pas un seul mais plus de mille événements qui sont prévus sous la même bannière. Est-ce qu’on peut prendre un moment pour reposer les bases ?

Thibaut Guilluy : Uniques, c’est un moment de rassemblement, de catalyse, de tous ceux qui œuvrent au quotidien pour l’orientation, l’insertion, l’accès aux opportunités professionnelles, la valorisation de tous les talents dans leur diversité. C’est un événement qui se veut concret et à impact, c’est-à-dire que ce n’est pas de la communication, mais des solutions que les gens viennent chercher, que d'autres viennent apporter, parfois les deux. Un événement qui a lieu partout en France. Car la diversité des talents, on la retrouve aussi bien dans les DOM que dans le Pas-de-Calais ou dans le Sud de la France. Enfin, c’est un événement à messages, comme quoi il faut un mouvement pour bâtir une société ouverte à tous, pour engager les entreprises.

Quel est le point de départ de la collaboration entre Diversidays, association qui valorise le numérique comme tremplin pour l’inclusion, et l’institution France Travail, pour donner naissance à cet événement ?

Anthony Babkine : Sur plein d’autres causes, il existe un grand rendez-vous un peu incontournable, comme le Téléthon. Il n’y a pas une journée où l’on ne découvre pas un collectif dont l’action méritait d’être vue par toutes et tous, ou connue même parfois de son propre territoire. Uniques doit leur offrir l’opportunité de rencontrer leur public, et inversement.

Thibaut Guilluy : L’idée qui a présidé à la mise en œuvre de France Travail, c’est de jouer collectif. Il n’y a que dans la coopération qu’on pourra relever cet immense défi qu’est de bâtir une société où chacun peut croire en lui et sentir reconnu pour ses talents. Le fait qu’une association et qu’un grand service public allient leurs forces pour proposer au reste de l’écosystème de rejoindre le mouvement, c’est déjà un bon premier signal de l’ADN qu’on a envie de donner à cet événement. Car Uniques a vocation à devenir un rendez-vous annuel et un call-to-action.

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Vous attendez plus de 100.000 visiteurs. Mais à qui se destine cette initiative XXL ? Et avec quel sentiment ou quel acquis doivent-ils repartir de l’expérience Uniques ?

Anthony Babkine : La touche festival, c’est le côté un peu audacieux de l’événement. On leur fait cette promesse : venez passer un bon moment, un moment festif ! Vous allez faire des rencontres, peut-être avec des gens qui ne vous ressemblent pas. Et, in fine, vous allez croiser des acteurs de l’emploi, de l’insertion. Ca veut dire, de l’aide, des conseils, des parcours de formation ou d’emploi. Grâce aux artistes engagés à nos côtés, on va attirer un public qui ne serait peut-être pas venu sur un salon traditionnel. Ils vont se dire « Tiens, je vais passer un moment cool avec mes potes. » Et, une fois sur site, ils se rendront peut-être compte que l’entrepreneuriat les intéresse, et trouveront les bons acteurs pour les accompagner.

Vous visez donc plutôt les jeunes ?

Anthony Babkine : Notre programme va attirer et drainer une population très large. Aussi bien un jeune qui se cherche dans son orientation scolaire, ou dans son premier job, qu’un senior sans l’emploi qui vient chercher de l’accompagnement, de l’espoir, des nouvelles opportunités. Je parle d’espoir, parce qu’il y aura énormément de place laissée aux témoignages. Plus de 200 personnalités seront présentes. Notre promesse, c’est de dire tu viens à Unique et tu ne repars pas les mains vides ! Un stage, une formation, un premier emploi, un conseil, une orientation professionnelle, une reconversion accélérée. L’objectif est vraiment d’être ce catalyseur de solutions. Une centaine d’employeurs seront sur site, et plus de 200 structures associatives et acteurs de l’insertion ou de l’inclusion sont engagées à nos côtés.

Est-ce que le terme d’égalité des chances n’est pas dévoyé, de nos jours ? Vous le dites vous-même sur votre site : 75 % des Français jugent la société injuste et ils sont plus de la moitié (57 %) à estimer que l’égalité des chances dans l’emploi n’existe pas…

Anthony Babkine : C’est totalement assumé. Je fais toujours ce test lors de mes interventions : quand je demande « Qui pense que l’égalité des chances existe ? », pas une seule main se lève. Mais si j’ajoute « Qui pense qu’il existe des solutions en faveur de l’égalité des chances qui mériteraient d’être connues de toutes et tous ? », là, elles sont toutes en l’air. Ce serait naïf de notre part de considérer que l’égalité des chances existe aujourd’hui. En revanche, la réactiver, lui redonner vie et lui rendre ses lettres de noblesse avec tous ceux qui la font au quotidien, à leur échelle, c’est la promesse qu’on essaie de porter ensemble.

Thibaut Guilluy : Si l’on a envie d’y arriver, il y a un moment donné, ce n’est pas chacun dans son couloir de nage… mais c’est en alliant la puissance des pouvoirs publics, l’engagement des associations et le changement des entreprises. Il y a énormément de mobilisation. Maintenant, il faut qu’on change de braquet et c’est ce qu’on invite à faire en lançant ce festival. L’inclusion doit être consubstantielle à notre façon de conduire les projets d’entreprise et de faire vivre un service public de l’emploi.

La diversité est souvent valorisée comme un facteur de performance. Une entreprise avec des profils très différents est plus créative, plus innovante. Mais est-ce que c’est le bon argument pour encourager davantage d’inclusion ? Ca peut donner l’impression qu’on le fait pour de mauvaises raisons…

Thibaut Guilluy : Chacun trouve les arguments qu’il veut. En tout cas, ce n’est pas un argument mais une réalité. La diversité comme facteur d’intelligence de groupe, c’est démontré par toutes les études nationales et internationales. Par contre, ça a beau être avéré, ce n’est pas encore une réalité dans la culture. En tout cas, pas dans la culture française. Il y a encore plein de blocages, plein de stéréotypes. D’où ces enjeux d’éducation, de formation, d’émulation et d’engagement.

Anthony Babkine : Je crois qu’on a parfois un peu essentialisé la dimension de la diversité en entreprise. Globalement, pour moi une société qui inclut, c’est une société heureuse. À l’inverse, une société excluante ne se porte pas bien. Et la réalité socio-démographique, socio-économique de la France est là : d’après l’OCDE, il faut six générations pour changer de classe sociale. On est l’un des pays de l’Europe où il y a le moins de mobilité sociale. A compétences égales, on voit bien que les chances ne le sont pas. Ça amène un sujet de droit : quand on est victime de discrimination, on finit par douter de sa place dans la société. C’est pourquoi, nous aurons avec nous des conseillers France Travail, des juristes AXA et de différentes structures associatives. Ceux qui doutent doivent comprendre qu’ils ne sont pas seuls.

Thibaut Guilluy : L’égalité des chances, c’est évidemment quelque chose qui nous motive, à France Travail, mais c’est aussi une nécessité absolue du quotidien si l’on a envie d’être au rendez-vous des demandeurs d’emplois et des besoins des entreprises. 50,2 % d’entre elles anticipent de grandes difficultés de recrutement. Si l’on ne féminise pas certaines filières, si l’on n’est pas capables de recruter les plus de 50 ans… On n’y parviendra pas.