Pourquoi il faut davantage écouter sa « petite voix » intérieure au boulot
vice-versoi•Dans son manifeste « Ma petite voix », l’homme d’affaires Laurent Lairy insiste sur l’importance d’écouter son intuition dans le milieu professionnelYoussef Zein
L'essentiel
- Laurent Lairy, homme d’affaires, promeut dans son livre l’importance d’écouter sa « petite voix » pour prendre de bonnes décisions.
- Cette voix intérieure, appelée endophasie, reflète notre expérience et nos raisonnements, et n’est pas simplement une « lubie émotionnelle » selon Adrien Chignard, psychologue du travail.
- Il est malgré tout important de questionner et d’analyser cette intuition plutôt que de la suivre aveuglément.
Mieux que votre conseiller France Travail, votre petite voix ? Dans son livre, publié en mars 2025 (Ma petite voix, Temporis), Laurent Lairy, président du Stade lavallois Mayenne Football Club et fondateur de la société de vêtements de travail Protecthoms, raconte comment son intuition, sa « petite voix », lui a permis de prendre de bonnes décisions dans sa carrière.
Une philosophie que l’homme d’affaires ne pouvait pas garder pour lui et qu’il a souhaité transmettre dans son manifeste : « J’ai voulu laisser une trace, quelque chose qui puisse aider les jeunes générations à s’orienter, à prendre des décisions. Je pense que l’on gagnerait à écouter davantage notre "petite voix". » Ce langage intérieur, nommé endophasie, commence d’ailleurs à se manifester petit, à partir de l’âge de 5 ans. Et, appliqué plus tard à notre vie professionnelle notamment, il peut s’avérer bien utile. Si tant est qu’on l’écoute un peu, selon Laurent Lairy.
Un raisonnement qui ne dit pas son nom
Le monde professionnel a beau être froid et calculateur, il faut laisser une place à l’intuition. En bref, faire confiance à son dialogue intérieur permet d’y voir plus clair, voire de débloquer certaines situations. A ce propos, Laurent Lairy fait la différence entre ses « deux cerveaux ». Un qui serait pragmatique, raisonné et un autre qui serait porté par l’émotion et les sentiments : « Quand je réussis, c’est que mes deux cerveaux sont alignés. Quand j’échoue, c’est que quelque chose ne l’est pas, qu’on va contre sa nature. Ça vaut pour ma vie de chef d’entreprise, comme pour mes engagements sportifs », rappelle le président de club. « Quand on ne s’écoute pas, on crée de la complexité. »
Pour Adrien Chignard, psychologue du travail, il n’y a pas lieu de faire cette dichotomie et « couper » son cerveau en deux parties censées fonctionner séparément. Selon lui, cette petite voix intérieure est le reflet de notre expérience et de nos raisonnements. Après avoir passé un entretien d’embauche en demi-teinte, ce n’est pas simplement votre feeling ou votre sixième sens qui vous donne cet arrière-goût amer de plantage : « Il faut arrêter de penser que l’intuition est déconnectée de tout. Ce n’est pas juste une lubie émotionnelle. En réalité, nos émotions et notre intuition influencent constamment notre raisonnement – et réciproquement. »
Des milliers d'offres d'emploi en un clicPour autant, cela ne signifie pas que votre petite voix est infaillible. Il faut pouvoir la remettre en question et se demander d’où viennent ces pressentiments, et les questionner. Comme l’explique le psychologue, « une intuition désagréable vient d’un souvenir lointain, d’une situation passée qui résonne avec le présent. Notre cerveau fait une analogie et projette ce malaise. Mais il faut apprendre à se demander : ''qu’est-ce qui me rend mal à l’aise ? Qu’est-ce que cette situation me rappelle ?''. » Ecouter sa petite voix, ce n’est pas mettre sa raison au placard. Dans votre parcours pro, ce langage intime peut éclairer bien des zones d’ombre… A condition de savoir quand le recadrer !



















