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GEN ZzzzzLes jeunes n’en ont-ils vraiment rien à battre du travail ?

Les jeunes en ont-ils vraiment rien à battre du travail ?

GEN ZzzzzL’étude de l’Apec parue le 2 février vient casser les clichés négatifs qui entourent la génération Z et son rapport au travail
Les jeunes souhaiteraient des carrières moins figées.
Les jeunes souhaiteraient des carrières moins figées. -  alvarez / Getty Images / Getty Images
Youssef Zein

Youssef Zein

L'essentiel

  • Sans motivation, irrespectueuse… Beaucoup de clichés négatifs entourent la génération Z au travail
  • L’étude de l’APEC publiée le 2 février démontre que les jeunes nés entre la fin des années 1990 et le début des années 2000 ne sont pas moins volontaires dans l’exercice de leur fonction que leurs aînés
  • Au contraire, cette génération est plus ambitieuse et globalement prête à s’engager pour son entreprise.

Indisciplinés, fainéants, peu volontaires… Les clichés sur les jeunes en entreprise ont la peau dure. Suite à un appel à témoignage de nos confrères de BFM Business publié fin janvier, la majorité des quelque 4.700 interrogés a argué que les jeunes de la génération Z avaient un problème avec le travail. A en écouter ou lire leurs aînés, on a parfois le sentiment qu’il est impossible de travailler avec eux. Loin d’amener de l’eau à leur moulin, l’Apec a publié le 1er février une étude qui démonte chacun de ces stéréotypes. Les chiffres montrent en effet que les jeunes ne sont pas moins investis que les autres mais présentent simplement des revendications nouvelles.

Les jeunes ne sont pas moins volontaires

Contrairement aux idées reçues, les 18-27 ans n’accordent pas moins d’importance à leur travail que les générations précédentes. D’après l’étude, les jeunes actifs sont prêts à s’investir dans leur tâche, de même que dans leur entreprise : 78 % disent être prêts à davantage travailler en cas de pic d’activité s’ils sont rémunérés en conséquence. 52 % mettront un coup de collier même en l’absence de contrepartie et 7 jeunes sur 10 n’hésiteront pas à remplir des missions qui ne figurent pas dans leur fiche de poste. Julien Cyr, directeur général de la Holberton School France, une école de développement informatique où les élèves travaillent en autonomie, sans professeur, voit ces jeunes de près et souscrit aux résultats de l’étude : « Ce sont des jeunes qui sont beaucoup plus engagés. Pour défendre une cause, ils vont au bout. Quand ils veulent choisir une entreprise, ils veulent désormais choisir un métier à impact. »

Des exigences et des qualités nouvelles

Un des facteurs qui alimente les clichés négatifs est le regard plus attentif que portent les jeunes sur leurs conditions de travail et leur besoin de flexibilité, explique Julien Cyr : « Les jeunes vont être beaucoup plus regardants dans la recherche d’un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Aussi, ils prennent plus de risques et vont considérer d’autres types de travail, tels que le CDD ou le free-lance. » L’étude pointe également ce désir de ne pas faire du sur-place dans le parcours professionnel : 89 % des actifs de moins de 30 ans désirent gagner plus d’argent, 80 % demandent plus d’autonomie au travail et 69 % souhaitent exercer plus de responsabilités professionnelles. Des scores supérieurs à ceux recueillis dans les tranches d’âge supérieures. Mais malgré ses exigences et ses ambitions, cette cuvée de jeunes ne manque pas de qualités : « Ils sont beaucoup plus créatifs et comprennent beaucoup mieux le numérique : ils se mettent beaucoup moins de barrières et sont plus autonomes », observe le patron de Holberton School France. On peut donc espérer que la génération Z cesse d’être perçue comme le vilain petit canard du marché du travail.

Des clichés poussés par les réseaux sociaux

Mais ce ne sont ni les derniers ni les premiers à être ainsi déconsidérés. D’après Julien Cyr, la rengaine « les jeunes, avant, ils savaient bosser ! », n’est pas nouvelle : « Avec les réseaux sociaux, ce genre de clichés se répandent comme une traînée de poudre. Désormais, le conflit intergénérationnel est vraiment visible et la caricature est d’autant plus exacerbée. » Si, dans vingt ans, BFM Business pose la même question à ses lecteurs, nul doute que les résultats seront sensiblement les mêmes.

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