« Je suis clairement devenu le ''copain moche'' du bureau… » Travailler avec des beaux/belles gosses, cet enfer
beauty privilège•Avoir son bureau installé à côté d’un collègue beau gosse peut vite devenir un calvaire. Bénéficiant d’une bienveillance et d’attentions à n’en plus finir, les BG ont un nombre impressionnant de privilèges au travailYoussef Zein
L'essentiel
- Sur X (anciennement Twitter), un salarié a raconté sa peine de devoir travailler à côté d’un collègue ravissant.
- La beauté est un avantage de taille dans le monde du travail.
- La discrimination sur le critère physique est reconnue, mais difficile à sanctionner.
Être ami avec des beaux gosses n’est pas toujours facile. Mais avoir un collègue super beau gosse peut être un aussi un lourd fardeau. Sur son compte X (anciennement Twitter), un salarié en entreprise a récemment fait part des peines qu’il a connues en ayant un voisin de bureau bien plus séduisant que lui. « Je suis clairement devenu le "copain moche" du bureau », déplore-t-il, à côté de son collègue « sosie de Filip Nikolic, le chanteur des 2Be3 ». Toutes les petites attentions et bons mots des collègues adressés exclusivement à son superbe collaborateur ont fini par avoir raison de son moral. Quand il s’agit des traitements de faveur et des discriminations au travail, la beauté n’est malheureusement pas en reste.
En 2021, l’Organisation internationale du travail pointait que chez les travailleurs, l’apparence physique était le deuxième critère de discrimination derrière les origines et la couleur de peau. Le phénomène était d’autant plus visible chez les femmes que chez les hommes. Mais au-delà des chiffres, ces différences se traduisent en permanence, au quotidien, par des comportements de caractères et d’ampleur variés.
Un mal aussi répandu que difficile à vaincre
Notre cerveau nous joue des tours. Aussi injuste que cela soit, on juge beaucoup plus les livres à leur couverture qu’on le souhaiterait. C’est ce qu’explique Jean-François Marmion, psychologue et auteur de Psychologie des beaux et des moches (éditions Sciences Humaines, 2020) : « La perception de la beauté des autres est particulière au travail. On a un meilleur regard sur les belles personnes et on leur attribue des qualités intérieures. Si un collègue paraît beau dès le premier coup d’œil, c’est forcément quelqu’un de drôle, d’intelligent et de compétent. »
Si ce chouchoutage ne s’en tenait qu’à de simples sourires et des dosettes de café gratuites, tout irait au mieux dans le meilleur des mondes. Or, ce traitement de faveur peut avoir de vraies conséquences économiques. « Les salariés considérés comme beaux ont tendance à être mieux payés et échappent davantage aux licenciements économiques », précise Jean-François Marmion. Il ajoute qu' « à l’inverse, les personnes dont l’environnement les fait sentir comme laides se retrouvent dans un cercle vicieux où elles peuvent être isolées ».
Sévir, plus facile à dire qu’à faire
Au regard du Code du travail français, ces comportements sont punis. Mais comme l’indique Jean-François Marmion, taper sur les doigts des médisants n’est pas une mince affaire : « Ce n’est pas simple d’amener des preuves. La discrimination sur l’apparence physique reste encore difficile à faire sanctionner. D’autant plus que la France tolère a priori la discrimination faite sur l’apparence sur laquelle on peut avoir une influence, telle que la tenue vestimentaire ou la coupe de cheveux. »
Ainsi, ce mal dont on est tous complices paraît dur à stopper. Mais on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée émue pour ce salarié victime d’un sale coup du sort (et qui ne fait que subir ce que vivent quotidiennement mes collègues de bureau chez 20 Minutes).


















