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Comment les marques offrent une seconde vie aux fruits et légumes moches

Fruits et légumes moches : Les marques de cosmétiques leur offrent « une seconde vie »

surcyclage« 20 Minutes » vous explique comment les marques de cosmétiques françaises valorisent les déchets alimentaires pour en faire les actifs stars de vos crèmes, sans perdre en efficacité
Dora Christian

Dora Christian

L'essentiel

  • Coslys, Cultiv, Poméol et Kadalys, sont des marques françaises qui utilisent des fruits et légumes moches pour en faire les actifs stars de leurs produits cosmétiques.
  • En faisant du surcyclage (upcycling), ces marques évident à des tonnes d’invendus alimentaires d’être gaspillés.
  • Même si les aliments sont moches cela n’a pas d’impact sur l’efficacité du produit, bien au contraire.

Tous les fruits et légumes présents dans la composition de vos cosmétiques ne sont pas là seulement pour faire joli ou pour sentir bon. Certaines marques telles que Coslys, Cultiv, Poméol ou bien Kadalys, les placent au cœur de leurs formules pour leurs principes actifs. Mais quitte à y avoir recours, autant choisir les « invendus », ces fruits et légumes dits « moches », que les assiettes refusent. 20 Minutes vous explique comment ces marques de cosmétiques les récupèrent afin de rendre votre peau belle de la façon plus « responsable » qui soit.

« Moches », oui, mais pas moins efficaces !

En cosmétiques l’aspect des fruits et légumes n’a « aucun impact dans la composition des soins ou sur leur efficacité », affirme d’emblée à 20 Minutes Shirley Billot, fondatrice de Kadalys, marque de beauté à base de bananes. Et puisque l’aspect des fruits et légumes n’influe pas sur la qualité du produit final, de plus en plus d’enseignes préfèrent revaloriser les déchets des industries ou d’agriculteurs. C’est notamment le cas de la marque Poméol, qui récupère les pommes abîmées ou trop acides pour être proposées sur le marché. « C’est la concentration en polyphénols ou en richesse d’actifs dans une pomme qui va être un critère de choix chez nous », avance Julie Prieur Garrouste, responsable innovation de la marque.

Même si ce sont des déchets, « le nez cosmétique est là », souligne Céline Herbaux, responsable marketing chez Coslys qui assure qu’un « processus de vérification de la qualité des produits permet d’en garantir l’efficacité ».

« Nous avons une charte qualité et éthique stricte, qui guide nos partenariats », précise également Julie Prieur Garrouste. « Chacune des pommes de Poméol est sélectionnée avec soin, majoritairement récoltée à la main et garantie sans pesticides ni OGM ! »

Kadalys, Cultiv et Coslys confirment également qu’ils n’utilisent que des ingrédients bios.

Des légumes et des fruits surcyclés dans l’univers de la beauté

Utiliser des bananes destinées à être jetées, c’est avant tout « un parti pris responsable » qui permet de « promouvoir l’upcycling des déchets », confie Shirley Billot. Cette dernière a décidé de récupérer ses bananes à la source afin de lutter contre la perte alimentaire qui représente 40 tonnes de déchets, soit 20 % de la récolte dans une plantation de bananes en Martinique. Pour répondre à ses commandes d’actifs, Kadalys parvient à éviter à 16 tonnes de bananes d’être détruite en une seule semaine.

De son côté, Poméol revalorise même le marc de pomme, qui correspond à tous les composants solides qu’il reste après le pressage des fruits. Et qui servent d’antioxydant et participent à l’activation de la microcirculation au sein de leurs produits. « C’est notre façon à nous de faire du surcyclage, car nous arrivons en seconde partie de course après les producteurs de jus ou de cidre, pour donner à cette partie que l’on nomme à tort déchet, une seconde vie », raconte Julie Prieur Garrouste. De même encore, la marque Coslys récupère depuis 2016, les enveloppes de châtaignes et des tomates dans les usines alimentaires pour en faire du colorant marron ou des macérats huileux aux vertus adoucissantes pour les gels douches. Ou alors des graines de chanvre dans les usines de textiles et du blé pour s’en servir de base lavante, chez toutes les structures qui proposent de vendre ses déchets.

« J’ai créé ma marque avec pour but principal de revaloriser les légumes et fruits moches aux vertus intéressantes pour la peau », confie Laure-Anne de Tastes, fondatrice de Cultiv. « J’ai choisi la betterave qui contient de la bétaïne. Cet actif a la capacité de garder l’eau dans les cellules et de la diffuser durant la journée », détaille-t-elle, « Pour soutenir la barrière cutanée, j’ai choisi la chicorée qui possède de l’inuline, des prébiotiques (bonnes bactéries) qui vont se mettre en surface de la peau. Contre le vieillissement cutané, nous utilisons le melon canteloup, surnommé « melon qui ne vieillit pas » car il possède des antioxydants ». « Cela permet d’apporter des revenus supplémentaires aux agriculteurs », souligne-t-elle.