Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Prêt à manger des saucisses d’escargots ? Voici cinq futures tendances food

Saucisse à base d’escargot, crayons comestibles de fruits… Ces produits qui arriveront (ou pas) dans nos assiettes

MIAM MIAMDes élèves ingénieurs en agronomie de toute la France participent à Rennes au concours Ecotrophelia, un grand laboratoire de l’innovation alimentaire. « 20 Minutes » a débusqué les futures tendances alimentaires
Jérôme Gicquel

Jérôme Gicquel

L'essentiel

  • Les assiettes de demain s’inventent dans les écoles d’ingénieurs en agronomie.
  • Des étudiants de toute la France sont réunis à Rennes pour le concours Ecotrophelia, un grand laboratoire de l’innovation alimentaire.
  • Pour vous mettre en bouche, 20 Minutes a sélectionné cinq produits qui pourraient bien débarquer demain dans les rayons.

Ce sont les futurs talents de l’industrie agroalimentaire. Ceux qui seront chargés d’imaginer nos assiettes de demain. Chaque année, des élèves ingénieurs en agronomie venus de tout le pays se challengent en fin d’année scolaire lors du concours Ecotrophelia. Un laboratoire de l’innovation alimentaire qui se veut « un tremplin » pour ces jeunes, selon Olivier Abgrall, coordinateur de l’événement.

Pour cette 25e édition, qui se tient jusqu’à ce jeudi à Rennes, l’accent est une nouvelle fois porté sur « le manger bien et le manger bon » avec des aliments sains, à faible impact environnemental mais aussi et surtout riches en goûts. Comme ceux de la marque Hari & Co, lauréate du trophée en 2013 qui vend désormais ses produits à base de légumineuses dans plus de 5.000 points de vente. Parmi les vingt-deux projets qui concourent cette année, 20 Minutes en a retenu cinq qui lui ont particulièrement tapé dans l’œil et les papilles. Une petite sélection de gourmandises qui arriveront peut-être bientôt dans vos assiettes.

L’escargot prend la forme d’une saucisse

C’est l’un des emblèmes de la gastronomie française même si tout le monde ne l’apprécie pas forcément. D’ordinaire, l’escargot est servi dans sa coquille, assaisonné avec un beurre à l’ail et au persil. Des élèves de l’Institut Agro Montpellier ont quant à eux voulu casser les codes en proposant sa chair sous une forme de saucisse. L’Escargoût se mange ainsi en plat principal, grillé à la poêle ou au barbecue et accompagné de féculents ou de légumes.

« C’est une manière de valoriser autrement la chair de l’escargot qui a de riches qualités nutritionnelles, a une faible teneur en matières grasses et dont la production demande peu d’eau et de terre », souligne Lucas. Pour leur recette, qui se décline à la catalane (poivrons et tomates) ou à la bourguignonne (ail et persil), les étudiants ont opté pour de la chair de petit-gris, un escargot très répandu en France et « qui a un goût plus marqué que l’escargot de Bourgogne », assure Inès.

Des crayons comestibles de fruits pour le goûter

Il n’est pas toujours simple de faire manger des fruits et légumes à ses enfants. Partant de ce constat partagé par beaucoup de parents, des étudiants de l’Esiroi à La Réunion ont imaginé une solution originale et ludique à partir d’un objet très familier. « Les enfants n’arrêtent pas de mâchouiller leur crayon à l’école donc on a inventé un crayon comestible à base de fruits », indique Laïka.

Ces étudiants réunionnais ont imaginé des crayons comestibles de fruits pour le goûter des enfants.
Ces étudiants réunionnais ont imaginé des crayons comestibles de fruits pour le goûter des enfants. - J. Gicquel

Pour leur Kréyon Péï (crayon local en créole réunionnais), les quatre étudiants ont aussi voulu mettre en avant les fruits de leur riche île à savoir la mangue, l’ananas, la banane et le goyavier-fraise, auxquels ils ont ajouté un peu de poudre de carotte et de betterave. « Il n’y a pas de colorant artificiel », précise Chaïn, qui conseille aux parents de sortir les crayons à l’heure du goûter.

Une barre de soupe déshydratée pour un déj rapide

Une soupe avalée à la va-vite sur la pause déjeuner. Voilà une recette qui séduit de plus en plus de salariés, particulièrement les femmes. Mais il n’est pas toujours évident d’apporter sa gamelle de potage au bureau avec parfois des accidents industriels si le couvercle s’ouvre. Pour éviter des drames, neuf étudiantes de Colmar et de Nancy ont développé la gamme des Soupes Madame.

La barre de soupe déshydratée est enveloppée dans un dans un cracker à base de crème de pois chiches et de légumineuses.
La barre de soupe déshydratée est enveloppée dans un dans un cracker à base de crème de pois chiches et de légumineuses. - J. Gicquel

Le principe : une barre de soupe déshydratée à la saveur carotte-panais ou betterave-gingembre que l’on peut facilement préparer au bureau avec seulement un bol et de l’eau bouillante. Le tout enrobé dans un cracker à base de crème de pois chiches et de légumineuses qui ne prend pas plus de place qu’une barre de céréales dans un sac. « On est sur un produit nomade, plus rassasiant qu’une soupe déshydratée classique et surtout plus sain avec un Nutriscore A », assure Aude, qui espère avec ses collègues séduire « une clientèle de femmes actives ».

Des billes de maquereau à déguster à l’apéro

Cher, dur à cuisiner et pas top pour les odeurs dans la cuisine. Autant de raisons pour lesquelles de nombreux Français n’achètent plus de poisson frais. C’est pourtant bon pour la santé avec des poissons gras très riches en oméga 3 comme le maquereau, très présent sur nos côtes. Pour le remettre dans les assiettes, neuf étudiantes de l’Institut Agro Rennes-Angers proposent une version snackée du maquereau sous forme de billes baptisées Brizhilli (maquereau en breton).

Destiné aux professionnels de la restauration, le produit peut se servir à l’apéritif ou en salade avec trois saveurs au menu (poivron-paprika, carotte-romarin et courgette-menthe). « C’est un bon moyen de faire manger du poisson frais, notamment aux jeunes qui en consomment peu, indique Adèle. Et puis on ne peut pas faire plus local car on pêche beaucoup de maquereaux en Bretagne. »

Des pâtes fraîches farcies à la viande de sanglier

On connaissait la terrine ou le saucisson de sanglier. Mais pas encore les pâtes fraîches farcies à la viande préférée d’Obélix. L’idée nous vient de neuf étudiantes de l’Est de la France qui ont développé la gamme de pâtes Les Mirés. Car partout sur le territoire, les sangliers pullulent et font des ravages dans les cultures. Pour réguler leur population, les autorités font appel aux chasseurs, qui s’en donnent à cœur joie lors des battues administratives. « Les chasseurs gardent une partie de la viande, mais, sinon, elle est abandonnée », souligne Amélie.

Pour réduire ce gaspillage, ces élèves de Colmar et de Nancy ont donc réfléchi à un nouveau débouché pour la chair de sanglier, associée dans une farce à des champignons et noisettes ou à des mirabelles et châtaignes. « Cela permet de découvrir le sanglier sous une autre facette, d’en manger toute l’année et c’est simple et rapide à cuisiner », promet Camille.