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Ventre plat, meilleure digestion… On sait pourquoi tout le monde s’intéresse soudainement aux yaourts fermentés
Mieux vaut tard que jamais ! Les laits fermentés sont enfin devenus désirables grâce à un rebranding de fond et à la validation des réseaux sociaux !Dora Christian
L'essentiel
- Le kéfir connaît une croissance explosive en France depuis 2025, avec plus de 600 innovations en Europe ces cinq dernières années et un marché multiplié par 3 entre 2024 et 2025, porté par l’intérêt croissant pour le bien-être digestif et le microbiote intestinal.
- Les yaourts fermentés et le kéfir ont « des bienfaits indéniables » selon la diététicienne Pauline Gouth, grâce aux 60 souches de bactéries et levures qu’ils apportent, à la pré-digestion du lactose qui les rend « souvent tolérés même si on digère mal le lait », et à la diversité microbienne qu’ils offrent pour le microbiote.
- Pour choisir un bon kéfir, il faut privilégier les produits en rayon frais avec des « ferments vivants » et une liste d’ingrédients courte, car « le produit fini ne doit pas être chauffé après fermentation, sinon les bactéries meurent », et rappelle qu’« aucun aliment ne peut compenser une alimentation déséquilibrée ».
Si votre algorithme TikTok est branché « food », vous avez sans doute vu passer le fameux « cheesecake japonais », facile à reproduire à la maison avec deux ingrédients seulement. Mais avant cette recette virale, une autre vague venue des États-Unis avait déferlé sur les réseaux : celle des laits fermentés, portée par le yaourt Coconut Cult.
Depuis, tout le monde veut chouchouter son microbiote intestinal. Ce qui a valu un énorme coup de projecteur sur les alternatives comme le kéfir en France ! À tel point qu’au cours des cinq dernières années, « il y a eu plus de 600 innovations dans le segment du kéfir en Europe et plus de 1.400 dans le monde », confie à 20 Minutes Cécile Lorenzo, Directrice Recherche et Innovation de Danone France.
Un produit en pleine explosion… des millénaires plus tard
« Comment préparer son kéfir à la maison ? », « Quels sont ses bienfaits ? »… Grâce à l’impulsion de la marque américaine, les produits riches en probiotiques comme le kéfir suscitent un engouement croissant sur les réseaux sociaux. Pour preuve, bien qu’il demeure « un segment spécifique », les ventes de kéfir sont « en forte croissance » chez Activia, confirme l’experte de Danone. Pourtant, le kéfir existe depuis des millénaires. C’est une recette ancestrale et les probiotiques font déjà partie de notre quotidien. Alors, que nous vaut cet engouement soudain ?
La marque américaine Coconut Cult a réussi à redorer le blason du yaourt fermenté en jouant sur des codes qui parlent à la « Gen Z » : un marketing coloré et des goûts funs, qui donnent envie. « Personne ne m’avait dit que le kéfir était aussi bon, je pensais que c’était du lait pourri ! », s’exclame une tiktokeuse.
Faux ! Ce n’est plus seulement du lait fermenté acide, mais un yaourt à la texture épaisse et réconfortante, goût « banana bread », « chausson aux pommes » ou encore « mousse au chocolat » aux États-Unis. En France, ce sont des groupes comme Danone qui portent ce revirement d’image, avec de nouvelles saveurs, comme fraise ou mangue-passion, plus adaptées au palais des consommateurs français, entre 35-45 ans.
Cette modernisation arrive à point nommé, à une ère où les consommateurs s’intéressent de plus en plus au bien-être digestif, à l’alimentation anti-inflammatoire et aux recettes saines, sans faire de compromis sur le goût. Une exigence non négociable pour la Gen Z.
En effet, « d’après une étude réalisée en juin 2025 par Activia et l’institut IFOP sur la santé digestive, près de 8 Français sur 10 déclarent avoir des troubles digestifs », précise Cécile Lorenzo. Ce constat a justifié l’élargissement de la gamme Activia Kéfir, d’autant plus que « le marché a été multiplié par 3 entre 2024 et 2025 » sur ces yaourts fermentés.
Une véritable éducation sur les bienfaits des yaourts fermentés
Soyons honnêtes : présenté simplement comme du « lait riche en bonnes bactéries », le produit n’avait pas une image très glamour, et on n’y voyait pas l’utilité. Pour séduire, les marques ont donc dû miser sur les textures, les packagings et un discours pédagogue qui met en avant les vertus concrètes des probiotiques.
Chez Coconut Cult, on parle de « milliards de probiotiques vivants aux super-pouvoirs digestifs », positionnant le produit comme LA solution ultime au bien-être intestinal. Chez Danone, on mise sur une alternative pratique et une autre cible, avec une « association unique de 16 ferments actifs, dont de véritables levures de kéfir, couplés aux probiotiques Activia », que peuvent digérer les personnes sensibles au lactose, (car les bactéries mangent le sucre du lait). Des affirmations que confirme à 20 Minutes la diététicienne nutritionniste Pauline Gouth.
Les yaourts fermentés, tels que le kéfir, ont des « bienfaits indéniables », insiste la professionnelle. « Cette tendance a une base rationnelle, car la fermentation apporte des micro-organismes vivants et des métabolites qui améliorent la digestibilité et la diversité microbienne. »
Résultat ? Le consommateur est attiré par la forme retravaillée, mais reste pour le fond, les bienfaits. « Pourquoi n’ai-je pas écouté ma mère avant ??? », s’exclame même une tiktokeuse dans un post présentant son « combo parfait ventre plat et anti-ballonnements » à base de kéfir. Mais attention, « les résultats varient selon les individus et la qualité du produit », prévient la nutritionniste. Et les intestins les plus fragiles doivent rester vigilants car « l’apport massif de bactéries peut parfois accentuer le problème en cas de gros déséquilibres (dysbiose) », insiste-t-elle.
Comment choisir un bon kéfir ou yaourt fermenté ?
Dans ce méli-mélo du marketing, toutes les versions ne se valent pas, comme pour tous les produits en supermarché d’ailleurs. Pour s’assurer d’avoir un produit qui va vraiment apporter des résultats à votre santé intestinale, la diététicienne conseille de choisir un produit en rayon frais avec des « ferments vivants ». « Le lait de base peut être pasteurisé (sécurité sanitaire normale), mais le produit fini ne doit pas être chauffé après fermentation, sinon les bactéries meurent et sont donc moins intéressantes pour le microbiote », prévient-elle.
Evidemment, l’accent doit être mis sur une liste d’ingrédients courte, avec une priorité au naturel, soit lait + ferments. Attention donc au kéfir d’eau « qui n’est pas toujours "light" à cause du sucre résiduel et des potentielles traces d’alcool », alerte Pauline Gouth.
Quant au fait maison, il peut aussi être une option, mais gare au risque de variabilité énorme (hygiène, fermentation, sucre). La professionnelle recommande les yaourts contrôlés et pasteurisés aux publics fragiles (grossesse, immunodépression), pour éviter tout risque. « N’oubliez pas non plus que ce n’est pas magique. Aucun aliment ne peut compenser une alimentation déséquilibrée », rappelle l’experte.



















