Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Quels sont les bienfaits de l’ube ?
Matcha détrôné

Quels sont les bienfaits de l’ube ?

Antioxydant, rassasiant et sans caféine, l’ube séduit autant pour sa jolie couleur violette que pour ses atouts santé
Fostine  Carracillo pour 20 Minutes

Fostine Carracillo pour 20 Minutes

L'essentiel

  • L’ube, igname violette originaire des Philippines, séduit autant par sa couleur que par son profil nutritionnel riche en fibres, anthocyanes, vitamines et minéraux.
  • Son amidon résistant soutient la digestion, favorise la satiété et contribue à maintenir une glycémie stable.
  • Sans caféine et doté d’une saveur douce, il s’impose aujourd’hui comme une alternative tendance au matcha dans les coffee-shops.

D’un violet doux qui attire l’œil et d’un goût qui évoque à la fois la vanille et la pistache, l’ube se fait une place dans les tasses les plus tendance. Après plusieurs années où le matcha a imposé son vert éclatant dans les cafés et les desserts, ce tubercule venu d’Asie s’avance comme un sérieux concurrent, séduisant ceux qui trouvaient au thé japonais une pointe trop herbeuse. Coloré, gourmand et riche en bienfaits, il pourrait bien ouvrir un nouveau chapitre dans les coffee-shops branchés.

L’ube, une racine violette aux multiples visages

Originaire des Philippines, l’ube est une igname pourpre dont la culture s’étend aussi à certaines régions d’Asie, d’Afrique et des Caraïbes. Longtemps associé aux desserts comme les glaces, les pâtisseries, les confitures ou encore les boissons colorées, l’ube s’impose désormais comme un ingrédient santé à part entière. Porté par l’intérêt croissant pour les superaliments, il attire autant pour ses qualités nutritionnelles que pour son pouvoir visuel, devenant un produit incontournable bien au-delà des cuisines traditionnelles qui l’ont vu naître.

Fibres, fer et vitamine C au rendez-vous

Derrière son succès sur les réseaux sociaux, l’ube ne se résume pas à une simple tendance colorée. Ce tubercule violet doit sa teinte intense à une forte concentration en anthocyanes, ces pigments antioxydants que l’on retrouve aussi dans les myrtilles ou le chou rouge. Ces derniers jouent un rôle protecteur contre le stress oxydatif et participent ainsi aux effets bénéfiques de l’ube sur l’organisme.

Sur le plan nutritionnel, et selon la base de données du département américain de l’agriculture (USDA), cette igname affiche un profil solide : 100 g de chair apportent environ 4 g de fibres, jusqu'à 40 % des besoins quotidiens en vitamine C, ainsi qu’un apport appréciable en fer et en potassium. Même réduit en poudre et utilisé en infusion, elle conserve une partie de ces vertus, ce qui en fait une alternative intéressante aux boissons classiques comme le thé ou le café, qui n’apportent ni fibres ni vitamine C.

Un allié pour l’intestin et la glycémie

L’ube agit comme un soutien naturel au transit. Ses fibres solubles, telles que la pectine, nourrissent les bactéries bénéfiques du microbiote, tandis que les fibres insolubles facilitent le passage des aliments. À cela s’ajoute une part d’amidon résistant, un glucide qui échappe à la digestion dans l’intestin grêle et arrive intact dans le côlon. Là, il se comporte comme un prébiotique, favorisant la production d’acides gras à chaîne courte, essentiels à l’équilibre intestinal. Des recherches préliminaires, principalement menées en laboratoire, indiquent d’ailleurs que l’amidon résistant de l’igname violette stimule la croissance des bifidobactéries, micro-organismes clés de la santé digestive.

L’ube présente aussi un avantage marqué sur le plan glycémique. Avec un index évalué à 24, bien inférieur à celui de la pomme de terre, il libère ses sucres de façon progressive. Cette digestion lente offre une énergie plus stable et évite les pics de glycémie. Une étude in vitro suggère même que les flavonoïdes de l’igname violette pourraient réduire le stress oxydatif et améliorer la sensibilité à l’insuline. En protégeant les cellules du pancréas responsables de sa production, ces composés participeraient à maintenir un taux de sucre équilibré dans le sang.

Un tubercule qui calme la faim

Si l’ube séduit par sa couleur et son goût, il a aussi un atout moins visible, mais tout aussi intéressant : sa capacité à rassasier. Sa richesse en amidon résistant en fait un aliment digéré plus lentement, qui libère son énergie sur la durée tout en fournissant moins de calories que l’amidon classique. Résultat, la sensation de faim tarde à revenir, ce qui en fait un allié de choix pour éviter les grignotages intempestifs.

Cette propriété a été confirmée par une étude menée en 2010 sur de jeunes adultes en bonne santé, qui a mis en évidence un véritable effet coupe-faim. En parallèle, cet amidon résistant aide à maintenir la glycémie stable, ce qui renforce encore l’impression de satiété. Autrement dit, au-delà de ses qualités nutritionnelles, l’igname violette s’impose comme un aliment capable d’apporter à la fois énergie et équilibre tout en limitant les excès.

Une alternative plus douce au matcha

À la différence du matcha, connu pour sa caféine et sa L-théanine, l’ube ne renferme aucun excitant naturel. Cette absence en fait une boisson plus apaisante, que l’on peut savourer sans crainte à toute heure, y compris en soirée. L’ube latte trouve ainsi sa place auprès de ceux qui doivent limiter les stimulants, qu’il s’agisse des plus jeunes, des femmes enceintes ou des personnes particulièrement sensibles aux effets de la caféine.

Son succès tient aussi à son goût singulier : une douceur vanillée, parfois proche du caramel, qui se révèle après cuisson ou infusion. Mais ce profil naturellement sucré a ses limites. Dans de nombreux produits à base d’ube vendus en coffee shop ou sur internet, les recettes sont souvent alourdies de sucres ajoutés. Derrière l’étiquette tendance, l’ube latte peut donc cacher un revers moins séduisant : une consommation excessive favorise les pics de glycémie, comme c’est déjà le cas avec certaines boissons au matcha.

Mille façons d’adopter l’ube

Facile à apprivoiser, l’ube trouve naturellement sa place dans la cuisine de tous les jours. Sa chair violette peut transformer un latte ou un smoothie en boisson riche en fibres et en antioxydants, mais elle se prête aussi aux recettes salées où sa douceur contraste avec des légumes vapeur ou des céréales complètes. Dans les desserts, son parfum subtil suffit à colorer flans, gâteaux ou mousses, tout en limitant le recours au sucre raffiné.

Reste une précaution essentielle : comme d’autres variétés d’ignames, l’ube ne doit pas être consommé cru. Sa cuisson neutralise certains composés indésirables et améliore sa digestibilité. La vapeur ou une eau frémissante sont à privilégier pour conserver ses pigments violets et leurs propriétés antioxydantes. À l’inverse, la friture ou les cuissons prolongées risquent d’altérer ses qualités nutritionnelles, réduisant l’intérêt de ce tubercule qui ne manque pourtant pas d’atouts.