Saint-Valentin : Le boom des « love rooms », ces chambres coquines pour couples en quête d’escapades pimentées
Amourrrrrr•A l’occasion de la Saint-Valentin, « 20 Minutes » s’intéresse au succès des love roomsAnissa Boumediene
L'essentiel
- Ce mercredi, de nombreux amoureux vont célébrer la Saint-Valentin.
- Parmi eux, certains couples s’offriront un moment de passion dans une love room, une chambre dotée d’une atmosphère et d’accessoires invitant à la sensualité.
- Décoration soignée, prestations exclusives et détails érotiques font la particularité des love rooms, en plein essor ces dernières années dans l’Hexagone.
Il y a ceux qui vont réserver un dîner romantique, offrir des fleurs, voire, pour les plus coquins, de la lingerie ou un sextoy. Comme chaque année le 14 février, les amoureux seront nombreux ce mercredi à célébrer la Saint-Valentin.
Mais parmi ces couples, les plus audacieux iront peut-être passer la nuit dans l’une des « love rooms » qui ont vu le jour ces dernières années dans l’Hexagone. Plus qu’une chambre d’hôtel classique, les love rooms sont des espaces où tout est pensé pour favoriser une évasion coquine, promesse d’une soirée pimentée pour celles et ceux qui se laissent tenter.
« Une cage et un jacuzzi dans la chambre »
Les love rooms, Amandine, 42 ans, n'en connaissait pas le concept, jusqu’à ce que son mari lui fasse la surprise de l’y emmener en week-end récemment. « Il m’a dit : "prépare un petit sac, ce week-end, on ne dort pas à la maison". J’ai pensé à un hôtel avec spa, et, face à mes interrogations, il a un peu préparé le terrain en me disant que c’était pour "une escapade intime". On est mariés depuis plus de vingt ans, alors je n’ai pas eu d’appréhension particulière, je me suis dit que ce serait une nouvelle expérience à partager ! »
A trente minutes de sa maison, « en plein centre-ville, derrière une façade discrète », la jeune femme s’est laissée transporter dans un univers invitant à la sensualité. « C’était une love room troglodyte, aux murs creusés dans la roche, et à la décoration très soignée ». Avec quelques détails pour faire grimper la température. « Dans la chambre, il y avait une barre de pole dance, des fauteuils aux courbes voluptueuses, un éclairage tamisé, mais aussi une cage et, en plein milieu de la chambre, un jacuzzi et une grande douche avec des parois transparentes, décrit-elle. Ainsi qu’un miroir au plafond au-dessus du lit. On se serait cru dans 50 Shades of Grey ! ».
De quoi permettre au couple d’oublier le quotidien de parents au planning millimétré le temps d’une nuit. « On a pris notre temps : on a mis de la musique, débouché une bouteille de champagne, on s’est détendus dans le jacuzzi et on s’est laissés porter par l’ambiance, qui s’est très vite réchauffée, confie Amandine. Mais on a fait dans le classique, on n’a pas testé la barre de pole dance ou la cage, plaisante-t-elle. Disons que ce sont des éléments de décor qui aident à lâcher prise, à se recentrer sur le couple, ça pimente la soirée, sans pour autant s’attacher au mur ou jouer des rôles de composition. Mais l’endroit a quelque chose d’exotique et d’érotique ».
Une offre haut de gamme
Sa love room, Junior, Marseillais de 36 ans, l’a lancée il y a quelques mois. « J’étais déjà dans le secteur de la location saisonnière depuis 2015, mais l’offre est pléthorique, donc ça s’essoufflait un peu. Pour me démarquer, j’ai voulu proposer une love room : une manière de se renouveler et d’être rentable en allant vers ce créneau de niche, qui attire les clients et offre un taux de rentabilité très intéressant ». Avec des tarifs bien plus élevés qu’une location classique, les love rooms sont en plein essor ces dernières années. Là où une nuitée dans une chambre classique serait proposée pour quelques dizaines d’euros, « je propose la love room aux environs de 150 euros la nuitée, et les tarifs pourraient être revus bientôt à la hausse », indique Junior. Des tarifs qui peuvent être encore plus élevés, à l’instar de la love room d’Amandine, que son mari a payée « un peu plus de 300 euros », se souvient-elle.
Des prix élevés qui appellent des prestations spécifiques, et impeccables. « Les codes d’une love room, c’est un grand lit confortable, une décoration sophistiquée et une ambiance la plus cosy possible, explique Junior, qui a fait appel à un architecte. Mais l’élément fondamental, qui fait la différence, c’est le jacuzzi, c’est vraiment la pièce maîtresse pour laquelle il faut mettre le paquet. Et l’endroit doit être discret, au calme, et facilement accessible. On doit pouvoir le trouver et s’y garer facilement ». Evidemment, quelques détails invitant à la sensualité sont indispensables. Du côté d’Aix-les-Bains, en Savoie, les love rooms de L’Aixtase, toutes « dotées d’un lit king size et d’une baignoire balnéo avec luminothérapie », offrent aussi aux clients des « éléments spéciaux tels qu’une balançoire érotique, une croix de saint André et différents accessoires pour enrichir leur séjour », indique l’établissement.
Mais ce n’est pas tout. « Le concept de la love room, c’est de faire vivre des expériences atypiques à nos clients, de leur proposer autre chose que ce qu’ils trouveraient dans une chambre d’hôtel classique, ce qui justifie le prix élevé, ajoute Junior. C’est important de soigner chaque détail, de créer le coup de cœur, mais aussi de proposer des prestations supplémentaires, de "l’upsell", avec un ensemble d’extras que les clients peuvent commander : du champagne, des fleurs, des chocolats et autres snacks. Ainsi que des prestations plus ciblées : certains proposent des jeux et accessoires coquins ; une offre que je songe à développer ».
« Les réservations explosent »
Et la love room a vite trouvé son public. « Les réservations explosent, c’est très rentable, et on a déjà des clients qui reviennent », se réjouit Junior. Et si le profil de sa clientèle est assez varié, « ce sont surtout des jeunes couples de 25 à 35 ans, mais on a aussi des couples un peu plus matures. Certains viennent de très loin, pour des anniversaires de mariage ou tout type d’occasions, mais on a aussi des Marseillais qui ont envie de changer de décor, observe-t-il. Et ce qui est assez drôle, c’est que ce sont surtout les femmes qui réservent, à 80 % ».
Pour l’heure, Junior propose sa « love room du Mont d'or » « principalement sur Airbnb et Booking. Mais je compte rapidement la proposer sur des sites déjà référencés sur cette niche des love rooms ». Si le jeune a conscience que c’est « un concept en vogue, reste à savoir combien de temps la tendance durera. Mais si le succès reste au rendez-vous, je pourrais en créer d’autres, c’est plaisant de surfer sur ce "business des amoureux", en proposant une expérience particulière que les couples peuvent s’offrir non seulement à la Saint-Valentin, mais tout au long de l’année ».
Amandine, elle, garde un souvenir agréable de sa nuit dans une love room. « Les draps en satin noir, le miroir au plafond et les menottes dans le tiroir, ça faisait un peu garçonnière, estime-t-elle. Mais c’était agréable de se retrouver pour une parenthèse en amoureux, de s’accorder un moment romantique et sensuel. On a pris le temps de discuter, on a ri, fait plein de câlins et de galipettes, on n’a pas été déçus. D’ailleurs, dès la fin du séjour, mon mari m’a dit qu’il avait hâte de retenter l’expérience ! »



















