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Une psy donne ses règles d’or pour envoyer bouler les gens… « poliment »
non c’est non

« Plus dur pour les femmes » : Une psychologue donne les clés pour envoyer bouler les gens mais « poliment »

Dire « non » ou « stop » n’est chose aisée pour personne - ou presque. Dans son best-seller vendu à plus de 500.000 exemplaires et pour « 20 Minutes », la psychologue Alba Cardalda se penche sur le sujet
Christelle Pellissier

Christelle Pellissier

L'essentiel

  • La psychologue espagnole Alba Cardalda est à l’origine du best-seller Comment dire aux gens d’aller se faire foutre poliment, vendu à plus de 500.000 exemplaires en Espagne, et publié dans une trentaine de pays à travers le monde.
  • Cet ouvrage mêlant théorie et pratique se penche sur l’importance d’apprendre à dire « non » et de fixer des limites.
  • Apprendre à dire « non » nécessite un important travail d’introspection. L’idée étant d’identifier ses propres limites à partir de signaux émotionnels et d’apprendre à communiquer de façon assertive.

Non. Niet. Nein. No way. Le « non » est facile à prononcer, dans toutes les langues, mais pas évident à lâcher quand il s’agit de fixer une limite. La crainte de froisser l’autre, d’être abandonné, ou de ne pas être aimé, ainsi que la culture et l’éducation, peuvent expliquer pourquoi il est parfois difficile de dire « stop ».


C’est ce qu’a observé la psychologue et neuroscientifique espagnole Alba Cardalda dans sa pratique clinique, au point de vouloir approfondir le sujet. Chose faite dans Comment dire aux gens d’aller se faire foutre poliment, best-seller vendu à plus de 500.000 exemplaires en Espagne, désormais publié en France et dans une trentaine d’autres pays à travers le monde.

Non, ce n’est pas mal élevé de dire « non »

Fruit de ses observations professionnelles, le livre s’inspire aussi du vécu de l’autrice. « J’ai voyagé seule pendant de nombreuses années, et j’ai dû apprendre à mettre des limites aux gens, tout simplement pour ne pas me retrouver dans des situations difficiles », confie Alba Cardalda. Dire « non » n’est pas chose aisée, même pour une telle spécialiste. Ne serait-ce pour des questions d’éducation et de culture.

« On nous a appris que c’était mal élevé, que c’était égoïste Résultat, nous avons peur de mettre des limites par peur du jugement, de la dispute, voire la rupture. »

Un constat qui concerne davantage les femmes, moins enclines, toujours pour des questions d’éducation, à oser dire « non ». « C’est plus dur pour [elles] car on leur a appris à faire preuve de complaisance, à être plus serviable ». Le regard porté sur celui ou celle qui s’emploie à fixer des limites ne sera a fortiori pas le même non plus. « Un homme sera considéré comme sûr de lui, déterminé, avec des qualités de leadership. Une femme sera vue comme une personne qui se vexe ou se fâche facilement, parfois hystérique », poursuit la psychologue. Fixer des limites n’a rien de mal élevé, c’est au contraire la base de relations saines.

Un important travail d’introspection

Dire « non » n’est pas inné. Ça s’apprend, ça s’exerce et ça demande un important travail sur soi. C’est tout l’objet de cet ouvrage qui ne s’attache pas qu’à la théorie, fournissant des conseils pratiques à mettre en œuvre au quotidien, en fonction d’un contexte et d’une relation spécifique. Déterminer ses propres limites avant de les imposer aux autres est la première chose à faire, selon l’autrice. Se sentir mal à l’aise ou rabaissé après une conversation, par exemple, constitue un signal émotionnel qu’il faut prendre en compte.

« Il doit nous amener à détecter les mots, les gestes ou les actes qui ont provoqué ce mal-être, à les identifier pour finalement se dire ''ça, c’est ma limite''. »

Le travail d’introspection se poursuit avec les engagements que l’on décide de prendre avec soi-même. « Je ne tolérerai plus qu’on me traite de cette façon » ou « je ne veux plus avoir de relations qui me manquent de respect » constituent des décisions personnelles qui permettront par la suite, à l’étape ultime, de fixer des limites aux autres. Pas de n’importe quelle façon, bien sûr, mais via le « style assertif », la clé pour envoyer bouler les gens… poliment. Il s’agit d'« être capable de communiquer de façon honnête ses sentiments tout en respectant les émotions de l’autre ». Autrement dit, « le juste milieu entre l’agressivité et la soumission », estime la spécialiste.

Plusieurs règles d’or et… de l’empathie

On l’aura compris, l’idée n’est pas de dire « non » pour dire « non », encore moins de le faire avec mépris ou malveillance. « L’outil le plus efficace est l’empathie », indique Alba Cardalda. « Il faut se mettre à la place de l’autre personne, essayer de comprendre ses intentions et ce qu’elle ressent. A partir de là, on peut fixer des limites sans la blesser, sans que ça ne passe pour une attaque personnelle ». La bonne nouvelle, c’est qu’à force d’exercices, lorsqu’on parvient à dire « non », on compose et accepte plus facilement le refus d’autrui.

Mise en pratique : votre boss vous demande une tâche alors que vous êtes ric-rac. Non, vous ne vous énervez pas. Non, vous ne paniquez pas. Non, ne vous fuyez pas. Vous commencez, au contraire, par dire « merci pour votre confiance », puis vient le « non » clair et concis. Ça peut être, par exemple : « Je ne peux pas aujourd’hui » ou « Il faudrait que je me réorganise ». Enfin, vous fournissez une alternative à votre interlocuteur : « je peux vous aider à trouver une solution » ou « je peux m’y atteler la semaine prochaine ». Le tout en utilisant constamment le « je », au lieu du « tu », beaucoup plus accusateur.

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Attention à ne pas tomber dans l’excès et à fixer des limites pour tout et n’importe quoi. « Dire ''non'' tout le temps est aussi mauvais qu’être soumis. Il faut trouver le juste milieu, d’où l’importance de faire un travail sur soi et de tenir compte de la relation et de ce qu’on est prêt à donner à l’autre ». Un conseil déjà suivi par plus de 500.000 personnes, dont certaines ont dit à l’autrice avoir « enfin pu envoyer se faire foutre des gens qu'[ils] avai [ent] envie d’envoyer se faire foutre depuis longtemps ».