Manger des sardines est-il plus efficace pour son glow qu’une bonne crème de jour ?
A table !•Sur TikTok, la tendance « mange ta skincare » promet une peau plus lumineuse grâce à l’alimentationVictoria Berne
L'essentiel
- La tendance « mange ta skincare » sur les réseaux sociaux suggère que la beauté de la peau passe par l’alimentation.
- Les effets de l’alimentation sur la peau ne sont pas immédiats et nécessitent trois conditions essentielles : la régularité, l’équilibre global de l’alimentation, et la personnalisation selon le type de peau.
- La skincare ne se limite pas à l’alimentation car la routine beauté commence aussi dans la tête, dans l’hygiène de vie globale, incluant le sommeil, la gestion du stress, l’hydratation et l’activité physique.
On a longtemps cru qu’avoir une belle peau se jouait uniquement dans la salle de bain : nettoyant, sérums à la vitamine C, rétinol, masque au collagène, crème hydratante… Mais sur les réseaux sociaux, elle se met aujourd’hui à table avec la tendance « mange ta skincare » qui promet un glow qui ne vient pas d’un flacon, mais de l’assiette.
Elle consiste à se filmer en train de manger comme on appliquerait un soin et à réaliser sa routine skincare, tout en détaillant ingrédient par ingrédient, ses bénéfices supposés sur la peau. Mais remplacer un masque au rétinol par des pâtes aux sardines et prendre de la tarte aux myrtilles au dessert sont-ils la promesse d’un teint sans défaut ?
La peau, miroir de l’intérieur ?
Pour Eva Vacheau, biologiste, spécialiste en nutrition et auteure de Révolution Perte de Poids (broché), le lien entre alimentation et peau n’a rien d’un mythe TikTok. « Pour moi, la peau et les cheveux sont clairement le reflet de l’intérieur, de l’équilibre interne, et c’est très vrai. Il ne suffit pas de mettre une belle crème ou une lotion sur la peau ou le cuir chevelu : il faut nourrir de l’intérieur », explique-t-elle.
Car la peau n’est pas un simple « revêtement », c’est avant tout un organe vivant à part entière, en renouvellement permanent, rappelle la spécialiste. « Pour se régénérer, produire du collagène, de la kératine, se défendre contre l’inflammation ou l’oxydation, elle a besoin de matières premières : protéines, acides gras, antioxydants, vitamines et minéraux. Or, ces éléments ne viennent pas des crèmes, mais de l’alimentation, que l’on apporte tous les jours à notre corps. »
Selon elle, lorsque l’alimentation est trop déséquilibrée, trop inflammatoire ou carencée, la peau le montre rapidement. Teint terne, sécheresse, acné, ou vieillissement prématuré peuvent être des signaux visibles.
« Manger sa skincare » : ce qu’on peut en attendre vraiment
Sur TikTok, les ingrédients « belle peau » défilent à chaque swipe : sardine, saumon, brocolis, carotte… Les assiettes sont colorées et sans préparation fastidieuse. Mais Eva Vacheau incite sur un point : « On ne nourrit pas sa peau avec un aliment miracle pris ponctuellement, cela ne marche pas. Les effets sont progressifs, et se voient en général au bout de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, selon le terrain de la personne. »
Selon elle, les bénéfices éventuels reposent sur trois conditions. D’abord la régularité car, « si les oméga 3 ont un rôle anti-inflammatoire reconnu, ils n’agissent pas en un seul repas. Les effets sont progressifs, et se voient en général au bout de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois », précise la nutritionniste.
La deuxième condition est celle de l’équilibre global. « Les oméga 3, les antioxydants ou les probiotiques peuvent être intéressants, mais dans un contexte cohérent. Si l’alimentation reste ultratransformée, trop sucrée ou que le terrain est très inflammatoire, l’effet restera limité » précise la spécialiste.
Enfin le troisième est la personnalisation. Une peau sèche, une peau acnéique ou une peau très enflammée n’ont pas les mêmes besoins.
La skincare peut commencer dans l’assiette, mais pas que…
La tendance véhicule une idée simple : la routine beauté commencerait dans l’assiette. Pour Eva Vacheau, ce n’est pas faux, mais elle insiste sur une approche plus globale : « Et j’irais même plus loin : la routine beauté commence aussi dans la tête, dans l’hygiène de vie globale, ce que j’appelle les piliers de la santé ». Le sommeil, la gestion du stress, l’hydratation, l’activité physique, l’exposition au soleil, ou encore la consommation d’alcool et de tabac jouent un rôle majeur. « Les soins que l’on applique sur la peau viennent ensuite comme un bonus, une finition. Les piliers de la santé restent finalement les piliers de la skincare », explique la nutritionniste. Autrement dit, manger des graines de chia ou des sardines ne compensera pas une dette de sommeil ou les quatre margaritas de la soirée.
Les 6 repères simples d’une nutrition « belle peau »
Si la tendance pousse finalement à manger sainement, elle peut aussi donner l’impression qu’il existe une liste d’aliment magique à consommer. Pour éviter les promesses irréalistes, Eva Vacheau propose plutôt des repères simples, applicables au quotidien.
Premier réflexe : inclure une source de protéines à chaque repas. Elles sont indispensables à la fabrication du collagène et de la kératine. Deuxième repère : apporter des oméga 3 régulièrement, en variant les sources. Poissons gras, noix, graines de chia ou de lin. Troisième point : « Plus une assiette est colorée, plus elle est riche en antioxydants », rappelle la biochimiste. Quatrième : l’hydratation. « La peau reflète directement l’hydratation globale », souligne la spécialiste. Cinquième : limiter certains aliments pro-inflammatoires si la peau réagit, notamment le sucre en excès et, chez certaines personnes, les produits laitiers. Enfin, sixième repère : intégrer des aliments riches en probiotiques, si le terrain digestif le permet. Légumes lacto-fermentés, kimchi, kombucha… avec adaptation au cas par cas.
Si cette tendance peut encourager certains à manger plus équilibré, elle n’a rien d’une potion magique : votre peau ne va pas se transformer avec deux smoothies et un plat de saumon. En revanche, une hygiène de vie globale, sur la durée, peut réellement aider à obtenir le glow espéré.



















