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10 choses à savoir sur le Ramadan

10 choses à savoir sur le Ramadan

RELIGIONMois sacré pour les musulmans, le Ramadan est rythmé par le jeûne, la prière et la générosité
Fostine  Carracillo pour 20 Minutes

Fostine Carracillo pour 20 Minutes

L'essentiel

  • Le Ramadan est un mois sacré pour les musulmans, marqué par le jeûne du lever au coucher du soleil, la prière et la générosité envers les plus démunis.
  • Fondé sur un calendrier lunaire, il se décale chaque année et culmine avec l’Aïd-el-Fitr, fête de partage et de renouveau.
  • Plus qu’une simple privation, il représente un temps de discipline, de réflexion et de renforcement de la foi.

Mois sacré pour les musulmans, le Ramadan commémore la révélation du Coran au prophète Mahomet (sourate 2, 185). Il occupe une place essentielle parmi les cinq piliers de l’islam, aux côtés de la shahâda, profession de foi affirmant l’unicité de Dieu et la mission prophétique de Mahomet, de la salât, prière quotidienne, de la zakât, aumône destinée aux plus démunis, et du hajj, pèlerinage aux lieux saints de La Mecque. Le jeûne, observé du lever au coucher du soleil, en est l’une des prescriptions majeures, incarnant un temps de recueillement, de discipline et de partage.

Le Ramadan, un mois de jeûne et de spiritualité

Neuvième mois du calendrier islamique, le Ramadan occupe une place centrale dans la vie des musulmans, qui y observent un jeûne strict du lever au coucher du soleil. Cette pratique, connue sous le nom de saoum, dépasse la simple privation alimentaire : elle est un acte de foi, un exercice de discipline et un moment de recueillement.

Durant cette période, s’abstenir de manger, de boire, de fumer et d’entretenir des relations sexuelles en journée fait partie des exigences spirituelles. Chaque soir, l’iftar vient rompre le jeûne au moment précis où le soleil disparaît à l’horizon, un instant partagé en famille ou entre proches, qui marque autant la fin d’une journée d’effort que le début d’une nuit rythmée par la prière et la réflexion.

Les origines du Ramadan

Avant même d’être un mois sacré pour les musulmans, le Ramadan était une période de trêve dans l’Arabie préislamique, un temps où les conflits s’interrompaient, peut-être en raison des fortes chaleurs. Son nom, qui signifie « grande chaleur » en arabe, témoigne de cette réalité. Certains y voient aussi une lointaine résonance avec d’autres traditions de jeûne et de purification, comme le carême chrétien ou Yom Kippour dans le judaïsme.

C’est dans ce mois particulier qu’aurait eu lieu la « nuit du destin », le 27e jour du Ramadan, où l’ange Gabriel (Djibril) serait apparu pour la première fois au prophète Mahomet afin de lui révéler le Coran. Ce lien profond avec le texte sacré explique pourquoi les musulmans sont invités à relire l’intégralité du Coran pendant cette période. Une prière supplémentaire, les tarawih, est d’ailleurs pratiquée chaque soir dans la mosquée, une tradition que certains attribuent au deuxième calife Omar (579-644).

Les dates du Ramadan 2025 et leur variation annuelle

Le Ramadan suit le calendrier islamique, fondé sur les cycles lunaires, ce qui explique son décalage annuel d’environ dix jours par rapport au calendrier grégorien. Chaque année, il commence par l’observation de la nouvelle lune, un repère fondamental qui distingue le calendrier hégirien du calendrier solaire. Avec des mois de 29 ou 30 jours, cette différence entraîne une variation progressive des dates du Ramadan, le faisant traverser toutes les saisons au fil du temps.

Cette particularité reflète la nature flexible du calendrier islamique et rappelle aux croyants que le temps est entre les mains de Dieu. La date exacte du début du jeûne dépend de l’observation lunaire et peut légèrement varier selon les traditions et les pays. En France, le Ramadan 2025 a commencé le samedi 1er mars et il devrait s’achever le samedi 29 mars, des dates confirmées chaque année par la Grande Mosquée de Paris.

Pour les fixer, les autorités religieuses se réunissent lors de la « Nuit du doute », une cérémonie qui a lieu deux fois : la première pour annoncer le début du Ramadan, la seconde pour déterminer sa fin. Lors de cette nuit, l’apparition du croissant lunaire marque le passage au mois suivant. En son absence, le mois en cours est prolongé d’un jour. Une tradition qui perpétue l’importance de l’observation céleste dans la spiritualité musulmane.

Le sens spirituel du Ramadan

Le Ramadan est un temps de purification et de recentrage spirituel, une période où les croyants cherchent à se rapprocher d’Allah. Le jeûne, pierre angulaire de ce mois sacré, s’accompagne d’un engagement accru dans la prière, notamment les Tarawih nocturnes, et d’une lecture plus assidue du Coran.

C’est aussi un mois de générosité et de partage. La bienfaisance y occupe une place essentielle, que ce soit à travers l’aumône du Ramadan, la Zakat al-Fitr – dont le montant fixé pour 2025 est de 9 euros par jour et par personne –, ou des gestes de solidarité plus spontanés envers les plus démunis. Patience et bienveillance sont au cœur des enseignements, tout comme la maîtrise de soi, qui passe par l’évitement des comportements nuisibles comme la colère ou la médisance.

Dans cette discipline spirituelle, chaque croyant est invité à se recentrer sur l’essentiel, à s’éloigner des distractions du quotidien et à cultiver un état d’esprit propice à l’élévation intérieure. Une période où l’individu, en se privant, se reconnecte pleinement à sa foi et à sa communauté.

Le Ramadan, une obligation encadrée par des exceptions

Si le Ramadan est une obligation religieuse pour tout musulman ayant atteint la puberté, il n’est pas imposé sans distinction. L’islam prévoit des exemptions pour celles et ceux dont la santé pourrait être mise en danger. Les personnes âgées, malades, sous traitement médical, ainsi que les voyageurs peuvent être dispensés, tout comme les femmes enceintes ou allaitantes si elles estiment que le jeûne pourrait nuire à leur bien-être ou à celui de leur enfant. Les femmes en période de menstruation en sont également exemptées, le jeûne leur étant même interdit durant cette période.

Malgré ces dispenses, le Ramadan demeure une pratique largement suivie. En France, plus de 80 % des musulmans observent le jeûne chaque année, selon l’Insee. À l’échelle mondiale, ils seraient plus d’1,5 milliard à vivre ce mois sacré, marqué par la prière, la solidarité et l’introspection spirituelle.

Les règles en cas de non-observance du jeûne

Si l’islam impose le jeûne du Ramadan, il prévoit aussi des solutions pour ceux qui ne peuvent pas l’accomplir. Ceux qui sont temporairement empêchés – maladie passagère, voyage – doivent simplement rattraper les jours manqués après le mois sacré. En revanche, ceux pour qui le jeûne est définitivement impossible, notamment pour des raisons de santé, sont tenus de verser la Fidya, une compensation sous forme de don alimentaire aux plus démunis. Son montant, fixé par les autorités musulmanes, s’élève en 2025 à 9 euros par jour, soit 270 euros pour l’ensemble du mois.

Lorsqu’un croyant en mesure de jeûner choisit de ne pas respecter cette obligation, il commet, selon l’islam, un péché majeur et doit se repentir. Pour cela, il peut soit rattraper ses jours manqués en observant un jeûne prolongé équivalent au double de la durée initiale – soit 60 jours pour un mois entier –, soit s’acquitter d’une compensation, la Kaffara. Celle-ci impose de nourrir deux personnes en situation de précarité par jour non jeûné, avec un montant fixé en 2025 à 18 euros par jour, soit 540 euros pour tout le Ramadan.

Les temps forts du Ramadan

Deux moments majeurs rythment le mois du Ramadan : Laylat-al-Qadr, la « Nuit du Destin », et l’Aïd al-Fitr, qui marque sa conclusion. La première, célébrée au 27e jour, revêt une importance spirituelle profonde. Décrite comme « meilleure que mille mois » dans la sourate 97, elle correspond, selon la tradition, à la première révélation du Coran au prophète Mahomet par l’archange Gabriel (Djibril). Beaucoup de croyants passent cette nuit en prière et en recueillement, recherchant une proximité particulière avec Dieu.

L’Aïd al-Fitr, quant à lui, ouvre un nouveau chapitre. Première fête du mois suivant, il marque la fin du jeûne et est célébré dans tout le monde musulman avec une ferveur comparable à celle de l’Aïd al-Kébir. C’est un jour de réjouissance où l’on revêt ses plus beaux habits, partage un repas festif en famille ou entre amis et offre des cadeaux aux enfants. Mais avant toute chose, il est essentiel de s’acquitter de la zakât al-fitr, une aumône destinée aux plus démunis, qui doit être versée avant la prière de l’Aïd, comme un dernier acte de solidarité après un mois de jeûne et de réflexion.

Le rythme d’une journée pendant le Ramadan

Dès les premières lueurs de l’aube, le Ramadan s’ouvre sur le suhur, dernier repas avant l’aube, conçu pour apporter l’énergie nécessaire à la journée de jeûne. Riche en protéines, en fibres et en sucres lents, il s’accompagne d’une hydratation abondante avant que ne retentisse l’appel à la prière de Fajr, marquant officiellement le début du jeûne.

La journée se poursuit au rythme des obligations quotidiennes, entre travail, études et vie de famille. Beaucoup profitent de cette période pour intensifier leur pratique spirituelle, en récitant le Coran, en multipliant les prières et en cultivant un temps de réflexion intérieure.

Au coucher du soleil, le jeûne est rompu avec l’iftar, un moment attendu qui débute par des dattes et de l’eau, suivant l’exemple du Prophète. Autour de la table, les plats varient selon les traditions, mais le partage et la convivialité restent essentiels. Après la prière du Maghrib, la soirée s’anime souvent de rassemblements familiaux et de prières nocturnes, dont les Tarawih, spécifiquement dédiées à ce mois sacré. Pour certains, la nuit se prolonge jusqu’à la prière du Tahajjud, dans un ultime élan de recueillement avant qu’un nouveau jour de jeûne ne commence.

L’Aïd el-Fitr, une fête de partage et de renouveau

L’Aïd el-Fitr marque bien plus que la fin du jeûne. C’est un jour de célébration, de gratitude et de renouveau, où la spiritualité du Ramadan laisse place à la joie du partage. Dès l’aube, la prière collective rassemble les fidèles, vêtus de leurs plus beaux habits, dans les mosquées et les espaces ouverts. Ce moment de communion ouvre une journée placée sous le signe de la générosité, où chacun veille à s’acquitter de la zakât al-fitr, l’aumône obligatoire destinée aux plus démunis.

Les retrouvailles familiales prennent ensuite le relais, autour de tables garnies où abondent pâtisseries, mets traditionnels et douceurs préparées pour l’occasion. L’échange de cadeaux, les visites aux proches et le souvenir des disparus font aussi partie des coutumes de cette fête qui, dans de nombreux pays, s’étend sur trois jours.

En France, bien que l’Aïd el-Fitr ne soit pas un jour férié officiel, des aménagements sont possibles pour les écoliers et les agents publics. Dans le secteur privé, la prise de congé dépend des accords internes aux entreprises. Mais partout, cette journée reste un moment privilégié où se mêlent ferveur, générosité et joie de se retrouver après un mois de recueillement.

Ramadan et Carême, deux chemins spirituels distincts

Si le Ramadan et le Carême sont tous deux des périodes de jeûne et de spiritualité, ils s’inscrivent dans des traditions et des symboliques bien différentes. Le Carême, qui précède Pâques, s’étend sur quarante jours en référence à la retraite de Jésus dans le désert et aux années d’errance du peuple hébreu dans le Sinaï. Autrefois marqué par des règles strictes d’abstinence et de privations, il s’est assoupli avec le temps, ne conservant aujourd’hui que le jeûne du mercredi des Cendres et du Vendredi saint, laissé à la discrétion des fidèles.

Le Ramadan, lui, s’ancre dans le calendrier lunaire musulman et se distingue par un jeûne absolu, du lever au coucher du soleil, pendant un mois entier. Plus qu’une simple privation, il est un acte de foi, un moment de discipline et de communion, rythmé par la prière, la lecture du Coran et l’aumône aux plus démunis. Si les deux périodes invitent au recueillement et au partage, elles diffèrent profondément dans leurs pratiques et leur portée religieuse, chacune reflétant l’essence de la tradition dont elle est issue.