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Pourquoi, comme JLo, c’est une mauvaise idée de se remettre avec son ex ?

Divorce de JLo et Ben Affleck : Pourquoi ce n’est jamais bon de remettre le couvert avec son ex ?

echec et matL’annonce du divorce de Jennifer Lopez et Ben Affleck après deux ans de mariage semble confirmer que c’est rarement une bonne idée de se remettre avec son ex
A.B.

A.B.

L'essentiel

  • L’actrice et chanteuse américaine Jennifer Lopez a déposé ce mardi une demande de divorce, deux ans jour pour jour après s’être mariée avec l’acteur Ben Affleck.
  • Les deux s’étaient rencontrés en 2002 et séparés en 2004, avant de se retrouver en 2021, et de se séparer à nouveau.
  • Pourquoi les secondes chances ne fonctionnent-elles pas toujours ? Et si se remettre avec son ex était une mauvaise idée ?

Elle a voulu croire à cette seconde chance, mais cette fois-ci, c’est fini pour de bon. Deux ans jour pour jour après leur mariage fastueux en Georgie célébré le 20 août 2022, Jennifer Lopez a demandé le divorce à Ben Affleck ce mardi, selon les médias américains.

JLo a soumis mardi des formulaires légaux de divorce auprès d’un tribunal de Los Angeles, ont rapporté les médias spécialisés TMZ et Variety, alors que les rumeurs d’une séparation entre la chanteuse-comédienne de 55 ans et l’acteur-réalisateur de 52 ans couvaient depuis plusieurs mois. Probablement une grande déception pour la chanteuse, qui avait voulu croire en cette seconde chance et qui pensait couler des jours heureux auprès de l’amour de sa vie. Mais si remettre le couvert avec son ex était voué à l’échec ? Quand une histoire d’amour a déjà capoté une fois, ne faut-il pas prendre acte que la relation n’était pas viable ? Pourquoi ? 20 Minutes vous explique.

« Difficile de faire fi du passé »

« Plusieurs raisons peuvent expliquer cette histoire qui se répète. D’abord, il est extrêmement difficile de faire fi du passé, ce qui est problématique quand il y a des souvenirs douloureux, parce que la mémoire traumatique ressurgit dans les moments de crise », explique Véronique Kohn, psychothérapeute spécialiste des relations de couple et auteure de Quand la peur de perdre l’autre… me le fait perdre ! (éd. Tchou).

Il faut garder à l’esprit que « la relation amoureuse est l’endroit qui appuie le plus sur nos blessures de l’enfance : abandon, soumission, trahison, etc, détaille-t-elle. Ainsi, quand des couples anciens se remettent ensemble, il y a tout un passé accolé à cette histoire qui reprend. Or, si le couple s’était déjà séparé dans le passé, c’est que la crise était tellement forte, qu’elle appuyait si fort sur les blessures intérieures qu’il y avait impossibilité pour les partenaires de se rejoindre ».

Or, en pratique, « retourner avec son ex durablement ne se fait pas comme ça, prévient la psychothérapeute. On ne peut pas décréter oublier les problèmes qu’on a pu avoir dans le passé. Si des points problématiques de la relation n’ont pas été pardonnés (infidélités ou autres), que notre partenaire n’a pas assez reconnu la blessure créée en nous, et qu’on "remet le couvert" sans avoir mis les choses à plat et reconnu nos responsabilités dans la première rupture, c’est compliqué, parce que les ressentiments ressurgiront pour un oui ou pour un non ».

La peur de « reproduire les schémas »

Par quels mécanismes ? « Parce que notre mémoire est pleine de souvenirs, de pensées et de croyances, que l’on projette sur la manière dont la relation va se passer, répond la psychothérapeute. Et à cela s’ajoute la peur que les événements du passé se produisent à nouveau dans le futur. Résultat : on est en vigilance permanente, et dans un état de confiance mitigée ». Une confiance altérée par la peur de reproduire les schémas qui ont mené à la première rupture, et qui ravivent nos blessures intérieures : « Si on s’est senti abandonné, on aura peur de l’être à nouveau, si on a eu l’impression de ne pas avoir eu assez de valeur pour que le ou la partenaire reste avec nous la première fois, cette peur restera présente, poursuit Véronique Kohn. Il existe beaucoup de schémas de rupture de lien ».

Pour certains couples, peut-être à l’instar des Bennifer, « il peut n’y avoir eu ni tromperie ni abandon, mais un décalage entre les valeurs et les besoins des deux partenaires, développe la psychothérapeute. Il arrive que malgré l’amour que l’on ressent, on n’ait pas les mêmes goûts, qu’on ne soit pas sur la même longueur d’onde, et qu’on se quitte parce qu’il y a de la frustration, parce que l’autre est trop différent de moi, que l’écart des valeurs est trop important».

Dans ce cas, comment ce qui nous a irrités une première fois au point de rompre peut ne plus être un problème quand on se donne une seconde chance ? « Si chacun est capable de faire son introspection et clarifier ses attentes, c’est possible, estime la psychothérapeute. On peut aussi sortir du couple fusionnel en prenant acte qu’on n’est pas obligé de tout partager ensemble, ni même de revivre ensemble. On peut aller vers un couple plus autonome, plus mature, où l’on préserve son espace privé, où chacun respecte l’univers de l’autre ».

Une démarche « très exigeante »

Pour renégocier le contrat de sa relation, « il est important d’en passer par le rituel du pardon, où chacun prend sa part de responsabilité de la première relation et rupture, préconise Véronique Kohn. Il faut être vigilant aux endroits où l’histoire a capoté et y remettre de la confiance, de la compréhension, pour savoir comment aborder ce nouveau virage. Lorsqu’on se retrouve, l’état amoureux et la passion ne suffisent pas : ce n’est pas parce qu’on ne s’aime pas qu’on s’est séparés, mais parce qu’on ne s’est pas acceptés dans nos différences. Donc on va faire en sorte de se tolérer malgré nos différences, en regardant le pourquoi de la première séparation, et travailler sur les besoins de chacun, pour pouvoir projeter un couple durable. Pour y parvenir, il est important d’aménager des moments de communication cadrée ».

Mais si la communication est essentielle pour tous les couples, n’est-elle pas encore plus déterminante pour les couples qui ont remis le couvert ? « Oui, ce cas de figure est très challengeant, reconnaît la psychothérapeute. Avec quelqu’un de nouveau, on ne projette pas les éléments du passé, on ne se comporte pas de la même manière. Or là, impossible d’effacer le passé. On le sait, pour des couples qui se remettent ensemble ou des couples longs, la communication et l’écoute respectueuses et mutuelles sont déterminantes. C’est une démarche très exigeante ».

Le risque de souffrir encore plus que la première fois

Mais « souvent, on ne parle pas des choses qui ont pu nous heurter. Se donner une vraie seconde chance requiert beaucoup d’introspection, de confiance, de recul, de capacité d’analyse de soi et de l’autre, de conscience et de volonté pour parvenir à reformer un couple durable, souligne Véronique Kohn. Mais tout le monde n’en a pas forcément l’envie ou la capacité ».

Conséquence : pour beaucoup de couples qui retentent l’aventure, ce qui avait eu raison de leur amour une première fois se répète à nouveau. Alors, quand le couple ne fonctionne toujours pas, la seconde séparation n’est-elle pas encore plus douloureuse que la première ? « Bien sur, la nouvelle rupture enflamme le terrain de la chute, confirme Véronique Kohn. Si les points douloureux de la première histoire n’ont pas été travaillés, on risque de se séparer de nouveau pour les mêmes raisons. Dans ce cas, la nouvelle rupture réactive les mêmes schémas ».