Shein, Primark, H & M… Le gouvernement veut davantage taxer la fast-fashion
Ecologie•La publicité pour ces enseignes à bas prix pourrait aussi être interdite20 Minutes avec AFP
Les émissions générées par l’industrie textile (vêtements et chaussures) dans le monde représentent 4 milliards de tonnes d’équivalent CO2, soit « plus que l’impact des vols internationaux et le trafic maritime réunis » selon l’Ademe (Agence de la transition écologique).
La production de textile utilise 4 % de l’eau potable disponible dans le monde et émet 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre chaque année, ce qui représente jusqu’à 10 % des émissions de gaz à effet de serre mondiaux. Face à ce constat, le gouvernement veut prendre des mesures, notamment pour limiter le recours aux marques de fast fashion.
« Le gouvernement va soutenir la proposition de loi » visant à pénaliser financièrement la « fast fashion » et à interdire la publicité de ses enseignes, a affirmé lundi le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, lors d’un évènement à Paris réunissant des acteurs de la mode durable.
Le texte, porté par Anne-Cécile Violland, sera défendu par les députés du groupe Horizons le 14 mars, lors de leur « niche » parlementaire.
Il vise les enseignes et sites d’e-commerce de « fast-fashion » qui proposent une quantité innombrable de vêtements à bas prix et de moindre qualité, pour la plupart importés d’Asie.
Il prévoit ainsi une modulation de « l’écocontribution » versée par les sociétés en fonction de leur impact environnemental, afin de réduire l’écart de prix entre les produits issus de la « fast fashion » et ceux issus de filières plus vertueuses.
Des consommateurs mieux informés
L’objectif est de « réduire l’impact environnemental de l’industrie textile », en mettant en place une meilleure information à destination des consommateurs, et en interdisant la publicité pour les entreprises et produits relevant de cette mode éphémère.
« En vendant ces produits à ce prix-là, (ces entreprises) font des profits mais elles laissent à la planète (…) le fait de devoir trouver des ressources publiques pour aller éliminer les dégâts causés par leur mode de production », a dénoncé le ministre lors du discours de clôture de l’évènement.
« Il manque quelque chose à la facture », a estimé Béchu, qui a évoqué notamment « les coûts de dépollution » et « de collecte » des vêtements usagés.
« Dans sa forme actuelle, la proposition de loi ne porte pas sur l’impact environnemental de la mode, mais affecte le pouvoir d’achat des consommateurs français », a immédiatement réagi une porte-parole de Shein en France.
La proposition de loi « cible l’activité de quelques acteurs performants, sans étude d’impact ni évaluation sur ses bénéfices environnementaux réels », a-t-elle encore défendu.
Une campagne de pub ciblée
Lundi, le ministre de la Transition écologique a également annoncé que sera lancée « mi-mars » une consultation du public concernant l’affichage environnemental pour le textile.
Le but avoué étant « qu’à partir de la fin du mois d’avril, on puisse avoir quelque chose qui puisse faire l’objet d’un décret ».
« Si les acteurs (de cette industrie) valident tout ça », une méthode permettant de définir les critères de cet affichage sera alors définie, a-t-il indiqué à l’AFP.
Enfin, Christophe Béchu a dévoilé que le gouvernement allait « faire une campagne de publicité ciblée contre la fast fashion », à l’image de celle des « dévendeurs » de l’Ademe qui avait « suscité un peu d’émotion » parce qu’elle visait « des boutiques physiques ».
Cette série de spots télévisés humoristique de l’agence de la transition écologique vantant la déconsommation avait suscité en fin d’année dernière l’ire des commerçants.


















