Tour de France 2022 : Tadej Pogacar déjà en feu et parti pour ruiner le moral des troupes dès la première semaine ?

CYCLISME Malgré un pilotage parfois approximatif sur la chaussée humide de Copenhague, Tadej Pogacar a réalisé le meilleur temps des favoris grâce à ses jambes de feu. A-t-il déjà envoyé un message à la concurrence ?

W.P.
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Tadej Pogacar s'est illustré sur la première étape du Tour de France 2022
Tadej Pogacar s'est illustré sur la première étape du Tour de France 2022 — Thibault Camus/AP/SIPA

Est-il possible de tirer des conclusions hâtives avec Tadej Pogacar ? L’intuition des observateurs se trompe rarement quand il s’agit de donner le Slovène vainqueur avant l’heure, quand bien même le peloton du Tour de France n’a qu’un quart d’heure dans les pattes après le chrono inaugural de Copenhague (13,5 km). Le double vainqueur de la Grande Boucle n’a, certes, pas gagné la première étape (3e), privilège revenu à Yves Lampaert, mais il a tenu à prévenir la concurrence. Cette année aussi, le Cannibale 2.0 a bien l’intention de tout écraser sur son passage. Et il a les jambes pour le faire au plus vite.

C’est ce qu’il a en tout cas prouvé en s’offrant le meilleur temps de la seconde partie du parcours, où il a fait parler son agilité sur les portions techniques. « Le chrono était relativement technique, piégeux, avec des virages glissants, analysait à chaud Joxean Fernández Matxín, le directeur sportif d’UAE. Mais Tadej est un bon coureur sous la pluie. Il adore la pluie ! Il aime les parties techniques. »

Vingegaard et Roglic à 10 secondes

Ironie du sort, c’est sur des erreurs sur les premiers virages que Pogacar a perdu le plus de temps, et sans doute la victoire. Insuffisant néanmoins pour l’empêcher de terminer avec une petite dizaine de secondes d’avance sur ses principaux rivaux, Jonas Vingegaard et Primoz Roglic, ses dauphins sur les deux dernières éditions.

« Je suis en confiance, satisfait de ma performance, même si c’était tendu, serré. Pour moi, c’est l’un des meilleurs débuts du Tour de France, a réagi le Slovène. On va voir étape par étape. Pour l’instant, je me contente très bien de ce maillot blanc (de meilleur jeune). » Tout est dans le « pour l’instant », bien sûr.

S’il est déjà aussi fort sur du plat et en ratant des virages, qu’est-ce que ce sera quand la route s’élèvera ? En un chrono à peine, Pogi a confirmé ce qu’on craignait au matin du grand départ : à part un coup de bordure ou un coup du sort (sur les pavés ?), on ne voit pas qui pourrait le battre.