Tour de France 2021 : Le coureur qui jette son bidon au mauvais endroit, le favori qui va se louper...Nos paris pour la Grande Boucle

CYCLISME Parce qu'il n'y a pas que pour l'Euro qu'on peut imaginer tout et n'importe quoi

X. R.
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Va-t-on se foirer tel Geraint Thomas dans nos pronos ? Le Gallois tiendra-t-il sur son vélo jusqu'à Paris ?
Va-t-on se foirer tel Geraint Thomas dans nos pronos ? Le Gallois tiendra-t-il sur son vélo jusqu'à Paris ? — JEAN-CHRISTOPHE BOTT/AP/SIPA

Neuf mois qu’on l’attend, et ça y est, dans quelques heures, le Tour de France va partir. Certains diront que l’attente a été moins longue, voire moins forte depuis qu’on sait que Tibopino et Bardet sont fâchés avec la Grande Boucle, mais à l’heure de lustrer une dernière fois les cocottes, le frisson est bien là. Comme l’a résumé un ami hier, « dans l’année, il y a 49 semaines inutiles, le reste est consacré au Tour de France ». Nous y voilà. Et avant de s’assoupir chaque après-midi en comptant les secondes d’avance de l’échappée, rêvons un peu de ce que pourrait être ce Tour.  On a un peu fait turbiner les méninges pour vous offrir quelques scénarios pas si tirés par les cheveux. En selle !

Le premier porteur du maillot jaune : Mathieu van der Poel

Le final de l’étape à Landerneau, avec cette bosse casse-pattes (3 km à 5,7 %), est clairement taillé pour un membre du trio Alaphilippe – van Aert – van der Poel. Mais le Français n’est pas encore complètement en jambes et trouvera un meilleur terrain d’expression le lendemain. Quant à van Aert, il sera trop occupé à acompagner Roglic. Le champ est donc libre pour une attaque du petit-fils de Raymond Poulidor au pied de la côte de la Fosse aux Loups, où il a planté sa tente depuis quatre jours.

Celui qui se fera disqualifier pour jet de bidon : Jakob Fuglsang

C’est bien connu, le Danois est un poissard sur les routes du Tour. En 9 participations, il n’a terminé que deux fois dans le top 20 du classement général, n’a jamais gagné d’étape et a dû abandonner en 2017 et 2019. Le décor est planté. Sorgues – Malaucène, mercredi 7 juillet. Sous un soleil de plomb, Jakob essaie de rattraper le morceau d’échappée parti sans lui à la sortie du Chalet Reynard. De la sueur plein les yeux, il balance son bidon juste avant de passer le panneau. Manque de bol, ça ricoche sur le trottoir avant de dévaler le ravin. A 15h37, alors qu’il pédale dans la semoule sur le Ventoux, Radio Tour l’arrête.

Le Français vainqueur au sommet : David Gaudu

Pas de Tibopino sur ce Tour, alors c’est son talentueux lieutenant qui prendra le relais. Les deux plus belles arrivées sont dans les Pyrénées, là où la FDJ a l’habitude de briller : la 17e au Col du Portet en haut de Saint-Lary-Soulan, la 18e à Luz Ardiden après un passage par le Tourmalet. Dans la chic station de Saint-Lary, le 14 juillet, là où se sont imposés Poulidor, Van Impe, Armstrong et Quintana, l’occasion est trop belle. Gaudu prince de France.

David Gaudu en leader de la FDJ.
David Gaudu en leader de la FDJ. - jeep.vidon/SIPA

L’étape avec des bordures : Tours – Châteauroux (6e étape)

Une étape toute plate, les bords de Loire sur la première moitié, et surtout un temps de chien prévu à l’heure actuelle par Météo France. Cette étape de plaine promettait un sprint final, elle pourrait vite devenir un bourbier. Vigilance obligatoire pour ne pas se foirer sur un rond-point et dire adieu au Maillot Jaune avant même la première étape de montagne.

L’étape qu’on ne regardera pas : Vierzon – Le Creusot (7e étape)

Rien que les noms des villes départ et arrivée suffisent à vous faire tomber en dépression nerveuse, entre l’image de carte postale des années 40 et la friche industrielle désaffectée (pardon si vous vivez là-bas, on est des gros snobinards). La plus longue étape du Tour (248,5 km) depuis l’an 2000, les 150 premières bornes sont toutes plates, avant quelques cols de 3e et 4e catégories pour bien ralentir l’échappée. A la rigueur, on allumera la télé pour le Signal d’Uchon, en 2e catégorie avec des secondes de bonus à 18 km de la fin, avant de zapper sur le quart de finale des Bleus à 18h sur TF1.

La plus belle structure en paille filmée par France TV : Aspiran (Nîmes – Carcassonne, 13e étape)

Pour bien profiter d’une structure en paille, il vous faut une étape de transition, histoire que le peloton reste groupé et que le réalisateur s’ennuie, et pas trop de curiosités architecturales, historiques ou géologiques, sauf si on vient d’en enchaîner cinq et que ça permet de faire taire Frank Ferrand. Pour ça, le petit village d’Aspiran, placé 10 km avant le sprint intermédiaire de l’étape, est parfait. Le « spécialiste en histoire » aura bien besoin de reprendre un peu de salive après les arènes romaines de Nîmes et avant de disserter sur les Cathares, l’échappée aura une belle avance, et le coin est assez plat. Idéal pour faire un grand vélo en ballots et mettre les gens du village en cercle à la place des roues.

En 2016, cette structure près de Montauban avait remporté la palme de la laideur.
En 2016, cette structure près de Montauban avait remporté la palme de la laideur. - Peter Dejong/AP/SIPA

L’équipe toujours dans l’échappée : Intermarché – Wanty – Gobert Matériaux (oui c'est une seule et même équipe)

Bon, on prend pas trop de risques sur ce coup-là. Si les noms de Jan Bakelants et Louis Meintjes sont relativement familiers à nos oreilles, le reste de l’équipe est composé de joyeux inconnus qui vont quand même se taper 3400 km le vent dans les dents. Incapables de jouer une victoire à la régulière, ils tenteront chaque jour de se glisser dans l’échappée pour montrer un peu leur maillot. A l’inverse des B & B Hotels, qui évolueront à domicile en Bretagne et auront la même stratégie, pas un seul Français chez Intermarché-Rudy-Gobert, donc on ne se souviendra de personne.

L’équipe exclue à cause du Covid-19 : Lotto Soudal

Tous ces Belges (6 sur 8) dans la même équipe, à l’heure du variant Delta, ça peut vite tourner en cluster. La mise à l’écart d’un mécanicien au soir de la troisième étape n’aura donc pas suffi ; lors de la journée de repos à Tignes, deux coureurs sont testés positifs. Désolé pour l’ami Philippe Gilbert, mais tout le monde rentre à la maison pour s’isoler.

Le favori qui va décevoir : Geraint Thomas

Ineos se présente avec quatre leaders (Thomas, Porte, Carapaz et Geoghegan Hart), et difficile de dire qui prendra l’ascendant. Mais le Gallois est celui qui pourra le mieux se comporter sur les deux chronos, alors on peut imaginer que Dave Brailsford cherche à l’aider un peu. Sauf que voilà. Dernier des quatre en sortie de Bretagne, à cause de jumps des jeunes Carapaz et Geoghegan Hart, Thomas crève au pied des Alpes. Rien de bien grave, un débour d’une petite minute au Grand-Bornand. Mais le vainqueur du Tour 2018 manque d’oxygène dans le Ventoux avant de chuter dans la descente vers Andorre-la-Vieille. Un Tour terminé au-delà de la 20e place.

Le vainqueur final : Primoz Roglic

Après sa grosse désillusion l’an dernier sur les pentes de la Planche des Belles-Filles, Primoz a une revanche à prendre. Le Slovène arrive frais, n’est plus sorti en compétition depuis deux mois et bénéficie d’une armada à toute épreuve (van Aert, Kruijswijk, Kuss, Martin, Gesink…) pour le porter vers la victoire finale. Il dort depuis trois semaines à Tignes et connaît le Ventoux comme sa poche après l’avoir escaladé trois fois en mai. Sur les deux chronos, reconnus avec soin, il peut gratter plus que des secondes sur la plupart des autres favoris. La Jumbo-Visma s’est infligé une préparation militaire, et son leader est en mode commando. Ça mérite bien une parade sur les Champs à la fin. Enfin si Pogaçar le permet.