Tour de France 2021 : Après la claque de l’an dernier, Primoz Roglic a « une revanche à prendre »

CYCLISME Terrassé par son compatriote Tadej Pogacar lors de l’avant-dernière étape l’an dernier, le coureur slovène a changé de préparation avant d’attaquer le Tour

Jérôme Gicquel
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Victime de deux chutes, Primoz Roglic avait perdu son maillot jaune lors de la dernière étape du Paris-Nice cette année.
Victime de deux chutes, Primoz Roglic avait perdu son maillot jaune lors de la dernière étape du Paris-Nice cette année. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT
  • Après avoir craqué lors de l’avant-dernière étape l’an dernier et laissé la victoire finale à son compatriote Tadej Pogacar, Primoz Roglic revient revanchard sur le Tour de France.
  • Le coureur slovène a changé sa préparation cette année en faisant une coupure de deux mois avant le départ de la Grande Boucle.

De notre envoyé spécial à Brest,

Primoz Roglic a l’esprit taquin. Comme un clin d’œil au geste de Paul Pogba, le coureur slovène s’est pointé ce jeudi matin en conférence de presse avec une canette de bière de la marque hollandaise que le milieu français avait écartée. Très détendu, le leader de la formation Jumbo-Visma est apparu en pleine forme à deux jours du grand départ du Tour de France à Brest.


Une course forcément particulière pour lui et qui ravive évidemment de mauvais souvenirs. Alors que le champagne était déjà au frais, le Slovène avait craqué lors du contre-la-montre au sommet de la Planche des Belles Filles l’an dernier et cédé son maillot jaune à son compatriote Tadej Pogacar à la veille de l’arrivée à Paris. Si sa défaite semble digérée, Primoz Roglic a toutefois l’esprit revanchard. « J’ai bien sûr une revanche à prendre par rapport à moi-même, a-t-il assuré en visio depuis son hôtel. En tout cas, je suis prêt et j’ai pleinement confiance dans mes coéquipiers ».

Une préparation modifiée avec deux mois sans courir

Après la claque de l’an dernier, le Slovène a totalement changé ses plans cette année avant d’aborder le Tour, l’objectif de sa saison avec les JO de Tokyo. Il avait repris sa saison tardivement sur Paris-Nice. En pleine bourre, il avait raflé trois étapes et enfilé le maillot jaune dès la 4e étape. Mais la poisse l’avait encore rattrapée lors de la dernière étape où, victime de deux chutes, il avait complètement craqué et laissé filer la victoire finale à l’Allemand Maximilien Schachmann. Il a ensuite enchaîné avec une victoire au Tour du Pays-Basque avant de s’enquiller les classiques ardennaises et de couper après Liège-Bastone-Liège le 25 avril.

Depuis, il n’a bouffé que de l’entraînement contrairement à ses rivaux. « Mon approche a été différente cette année, explique-t-il. J’ai passé plus de temps en montagne et je me suis entraîné sur mon vélo de chrono car on a vu l’an dernier comment les contre-la-montre pouvaient être décisifs ». Après deux mois sans courir, le leader des « abeilles » de la Jumbo arrive donc frais et pimpant sur la Grande Boucle. Et « ce sera un avantage », selon son équipier Wout Van Aert, qui aura carte blanche la première semaine pour aller gagner une étape avant d’épauler son leader quand la route s’élèvera.

La Jumbo Visma va laisser le contrôle de la course à UAE

Si Roglic a changé sa préparation, sa team a également revu sa tactique et tiré des leçons des erreurs de l’an passé, où elle avait dominé outrageusement la course avec le résultat final que l’on sait. « On a bien analysé la course de l’an dernier où l’on a terminé un peu court, indique le grimpeur Steven Kruijswijk. On va donc adapter la tactique cette année, on en aura plusieurs ».

Dans cette partie de poker, le directeur sportif Merijn Merijn Zeeman a dévoilé un tout petit peu ses cartes en assurant qu’ils laisseront le contrôle de la course à la formation UAE Team Emirates de Tadej Pogacar, grand favori pour un doublé. « On sera dans une meilleure position que l’an dernier, ce sera peut-être plus facile pour nous, reconnaît-il. Mais beaucoup de formations sont aussi à un meilleur niveau comme Ineos bien sûr ou Movistar ». Ou comment, grand classique dans le sport, rejeter la pression sur les adversaires.