Tour de France : Alaphilippe veut « profiter du public avec le maillot de champion du monde » avant de penser au Maillot Jaune

CYCLISME Après son épopée de 14 jours en jaune lors du Tour 2019, le chouchou des Français veut rester mesuré

X. R.

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Alaf portera le maillot arc-en-ciel sur les routes du Tour, mais promis ce n'est pas une provoc envers la Hongrie.
Alaf portera le maillot arc-en-ciel sur les routes du Tour, mais promis ce n'est pas une provoc envers la Hongrie. — GIAN EHRENZELLER/AP/SIPA

Le tout jeune papa est apparu calme et souriant en conférence de presse. Un brin fatigué aussi, sans qu’on sache trop si c’était la faute aux quatre heures d’entraînement qu’il venait de subir ou aux courtes nuits du petit Nino. Avant de zapper les Jeux pour se consacrer pleinement à son petit garçon, Alaphilippe a tenu à rassurer : concentré, il aborde ce Tour de France « avec beaucoup d’envie et de motivation. »

Une équipe « pas taillée pour être sur le podium »

Le puncheur de la Quick-Step ne se met pas la pression. Sur le parcours « très ouvert » de cette édition, avec deux longs chronos et seulement trois arrivées au sommet, il est « lucide et conscient que le scénario de 2019 sera difficile à reproduire ». Vu la concurrence, avec deux Slovènes morts de faim, ses rivaux printaniers van Aert et van der Poel, et l’hydre à trois têtes (au moins) des Ineos-Grenadier, le terme est faible. Alors, sans tomber dans le défaitisme, Juju veut « profiter » : de son équipe d’abord, certes « pas taillée pour être sur le podium à Paris », et puis « du retour du public sur les routes françaises avec [son] maillot de champion du monde ».

Alaf garde quand même quelques ambitions sous le coude, surtout en première semaine. Les deux premières arrivées, après une longue bosse à Landernau et à Mur-de-Bretagne où il s’était révélé chez les juniors, lui conviennent à merveille. De là à viser le maillot jaune au soir de la première étape ? « On vient de la reconnaître, le final est beaucoup plus dur que je l’imaginais. Je pense que ça va en surprendre certains, mais elle correspond à pas mal de coureurs. » Un peu déçu de sa course aux championnats de France, il espère être en meilleures jambes en Bretagne.

Car la suite s’annonce plus compliquée, notamment avec ces deux longs chronos. « J’ai travaillé cet exercice dans nos stages en altitude et au Tour de Suisse, j’étais plutôt content mais ceux du Tour ont des profils pour spécialistes. On verra bien… » A défaut d’être encore en course à ce moment-là, il peut toujours caresser l’espoir de lever les bras à Andorre-la-Vieille, où il vit avec sa compagne. L’occasion de ramener du champagne pour la baby shower ?