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Novak Djokovic déjà de retour après son opération, mais comment fait-il ?

Wimbledon : Novak Djokovic déjà de retour après son opération, mais comment fait-il ?

tennisLe Serbe, opéré début juin du genou, attaque le tournoi du Grand Chelem londonien ce mardi avec l’ambition de le gagner une 8e fois
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Novak Djokovic dispute le premier tour de Wimbledon ce mardi face au qualifié tchèque Vit Kopriva.
  • Une présence sur laquelle on n’aurait pas forcément parié il y a un peu plus de trois semaines, quand le numéro 2 mondial se montrait en béquilles à la suite de son opération du ménisque du genou droit, touché lors de son 8e de finale à Roland-Garros.
  • Mais l’opération pratiquée et le processus de réathlétisation se sont déroulés du mieux possible, et revoici Djoko d’attaque, prêt à égaler Federer avec un 8e Wim' au palmarès.

Mais comment fait-il ? Un peu plus de trois semaines seulement après son opération du ménisque du genou droit en plein Roland-Garros, Novak Djokovic est bien présent à Londres ce mardi pour entamer une nouvelle campagne à Wimbledon. Le chirurgien français qui l’avait opéré le 5 juin, deux jours après sa grande bataille remportée en cinq sets contre Francisco Cerundolo en 8e de finale, était pourtant sceptique. « Il est impossible de prédire dans quel état il sera dans une semaine, quinze jours, etc. Mais qu’il soit à 100 % d’ici trois semaines, ça paraît tout de même peu envisageable », avait estimé le docteur Antoine Gerometta auprès du journal L’Equipe.

Oui mais voilà, le Serbe, comme Rafael Nadal, n’est pas un homme que l’on peut enfermer dans les petites cases traditionnelles de la médecine. Même pas à 37 balais. Le simple fait d’avoir terminé ce fameux match Porte d’Auteuil contre l’Argentin suffit à le prouver. « 99 % des gens auraient été aux urgences avec un genou bloqué. Ça remet en question les critiques injustes à son égard et les interprétations de ceux qui affirment que ce n’était pas une vraie blessure, comme lorsqu’il a gagné l’Open d’Australie (en 2021) avec une déchirure aux abdominaux, ajoutait le chirurgien. Ça reste quelqu’un d’exceptionnel. »

Djoko un genou à terre à Roland lors de son 8e de finale contre Cerundolo.
Djoko un genou à terre à Roland lors de son 8e de finale contre Cerundolo.  - Christophe Ena/AP/SIPA

Toutefois, voir revenir dans ce timing un athlète après une méniscectomie partielle (une ablation d’un fragment du ménisque) n’est pas non plus de l’ordre de l’irrationnel. « Ça ne me surprend pas, ils ont fait le bon choix d’intervention, assure Olivier Rouillon, ancien médecin de la fédération française de golf et du Racing 92. Dès que le genou n’est plus gonflé, la reprise d’une activité sportive peut être rapide. On a déjà vu des athlètes reprendre 10 jours après l’intervention, et être compétitif au bout de trois semaines. Il est dans ces délais. »

Un processus de retour bien étudié

Rien que dans le tennis, on peut citer les exemples de Stan Wawrinka ou Taylor Fritz, qui avaient également repris rapidement après une opération similaire. Djoko a d’ailleurs parlé avec le Suisse – et la skieuse américaine Lindsey Vonn – de leur expérience respective. « Cela m’a vraiment donné la foi et la conviction que si la rééducation était bien faite, et si bien sûr le genou réagissait bien, il y aurait de bonnes chances que je sois à Wimbledon », a-t-il confié dimanche lors de son arrivée en Angleterre.

Le genou a donc bien réagi, parce que le numéro 2 mondial et son staff ont fait les choses dans le bon ordre. Et surtout sur le bon rythme. La rééducation, sous la houlette du physio Claudio Zimaglia, a commencé le soir même de l’intervention, avec un peu de travail musculaire pour ne pas perdre de force ni trop de volume. Puis petit à petit, de la course au petit trot, des exercices physiques de plus en plus poussés, de la proprioception, de telle façon qu’il puisse reprendre le spécifique tennis à temps pour un tournoi comme Wimbledon.

« J’y vais à fond »

Pour se remettre à niveau sur le court, Djokovic s’est offert des sparring partners de luxe comme Frances Tiafoe, Jannik Sinner ou Holger Rune. Ce qui lui a permis d’être vite fixé avant de confirmer sa présence. Car le Serbe n’avait pas l’intention d’être là pour jouer les pots de fleurs. « Si je peux jouer au plus près de mon maximum, ou à mon maximum, alors je disputerai ce tournoi. Sinon, je laisserai à quelqu’un d’autre la chance de s’aligner », avait-il dit à la BBC en début de semaine passée. Quelques jours plus tard, un match exhibition contre Daniil Medvedev au cours duquel il « a pris beaucoup de plaisir et joué sans douleur » a achevé de le convaincre.

« Je ne me vois pas jouer en retenue, calculer ou être plus prudent dans mes déplacements. J’y vais à fond, a-t-il assuré lundi, à la veille de son entrée en lice. Si je n’avais pas le sentiment d’être capable de le faire mardi, je ne serais pas là. Tous ces jours passés ici ne m’ont donné que des signaux positifs et m’ont amené à penser et sentir que j’étais capable d’aller au bout. »

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Le fait que ce soit sur herbe, aussi, a pu l’encourager. « C’est une surface assez souple, avec moins de contraintes au niveau des articulations du train porteur, confirme Olivier Rouillon. Si ça avait été avant l’US Open, pas sûr qu’on l’aurait vu revenir comme ça. » Ce qui n’empêchera pas une période de récupération plus poussée que d’habitude après les matchs. « Il sera peut-être même sous anti-inflamatoire pour éviter que son genou ne gonfle à l’effort. En tout cas, il faudra très probablement de la cryothérapie, ou du froid sur le genou sous une forme ou une autre, explique le médecin du sport. Mais ce sont des athlètes extrêmement bien encadrés, avec un staff important qui connaît son boulot par cœur. »

A priori, Djoko sera assez tranquille en première semaine pour se régler. Le tirage au sort a été plutôt clément, avec le Tchèque Vit Kopriva, 123e mondial et issu des qualifications, au premier tour, et pas un top joueur dans les parages avant un éventuel 8e de finale face à Holger Rune ou Karen Khachanov. De quoi voir venir, et si le plan se déroule sans accroc, avoir droit à sa revanche en finale contre Carlos Alcaraz, qui l’avait battu en cinq sets pour mettre un terme à une série de 34 victoires consécutives du Serbe au All England Club. Et si ce n’est pas contre l’Espagnol, l’objectif reste le même : décrocher un huitième Wim' pour égaler Sir Rodgeur au Panthéon, et au passage rendre son record encore plus inaccessible avec un 25e titre du Grand Chelem. Vertigineux.