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Djo revient (encore) des enfers mais la suite de son Roland est incertaine

Roland-Garros 2024 : Novak Djokovic revient (encore) des enfers, mais la suite de son tournoi est incertaine

tennisLe Serbe, touché à un genou, mené deux sets à un et breaké dans le 4e, a réussi à renverser Francisco Cereundolo lundi pour se qualifier pour les quarts de finale, mais sans savoir encore s'il pourra s'y présenter
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Novak Djokovic a écarté Francisco Cereundolo en cinq sets lundi pour se qualifier pour les quarts de finale (6-1, 5-7, 3-6, 7-5, 6-3).
  • La rencontre était pourtant très mal embarquée pour le numéro 1 mondial, qui s’est blessé à un genou au début de la 2e manche. Mais grâce à l’intervention du kiné et à la prise d’anti-douleurs, il a réussi à revenir et renverser le match.
  • Il va maintenant devoir passer des examens mardi pour connaître précisément l’état de son genou, et voir comment il peut préparer (ou pas) son quart face à Casper Ruud.

De notre envoyé spécial,

On ne sait pas encore jusqu’où ira Novak Djokovic cette année, mais de notre fenêtre, il est déjà bien au-delà de ce qu’il aurait dû. Comme face à Musetti samedi soir, le Serbe a réussi à sortir des enfers ce lundi contre Francisco Cerundolo, au terme d’un match où il aurait pu passer par la fenêtre trois ou quatre fois. Terrassé par des douleurs au genou droit qui l’ont obligé à appeler le kiné quatre fois à partir du deuxième set, mené deux manches à une, breaké dans la quatrième, Djoko était au bord de la mort. Et puis il a ressuscité sans prévenir, pour l’emporter en cinq sets et 4h39 de jeu. Une dinguerie, encore une, après la fin de match à 3 heures du mat' au tour précédent.

Quelques minutes après la balle de match, alors que le Central était encore debout en train de l’applaudir, Mats Wilander lui a posé la question que tout le monde avait en tête : mais comment t’as fait ça, Novak ? « Je dois dire encore un grand, grand merci, a-t-il répondu en s’adressant au public. Cette victoire est votre victoire. Comment j’ai trouvé le moyen de gagner, je ne sais pas. La seule explication que j’ai, c’est vous. »

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De quoi partir sous une ovation encore plus grande, bien sûr, mais un poil court pour tous ceux qui voulaient vraiment savoir. Car il n’y a pas que la présence des fans en tribunes dans ce succès, le 370e de sa carrière en Grand Chelem, au passage, qui lui permet de dépasser Roger Federer et de se retrouver seul, tout là-haut, au panthéon. Le numéro 1 mondial est revenu dans le détail sur le déroulé de ce match, plus tard dans la soirée :

« La fin tardive samedi n’a pas aidé pour la récupération, mais je me sentais aussi bien que possible aujourd’hui en début de match. Au 3e jeu du 2e set, j’ai glissé, et j’ai commencé à vraiment sentir des douleurs au genou. J’ai appelé le kiné, ça m’a aidé à jouer, mais pendant deux sets et demi j’avais beaucoup de mal à courir, je ne pouvais pas tenir les rallyes. Au début du 3e set j’ai demandé plus de médicaments, on m’en a donné, jusqu’à la dose maximale. Le temps que ça fasse effet, c’était la fin du 4e et ça a commencé à aller mieux, j’étais moins limité dans mes mouvements. Et puis je n’ai plus eu de douleurs jusqu’à la fin, ce qui était super. »

Examens mardi

Voilà donc comment il a réussi son come-back, heureux aussi que l’Argentin se soit raté sur quelques points importants au moment où il aurait pu achever la bête. Pour le reste, personne ne sait ce qu’il en sera en quart de finale, où il devra affronter Casper Ruud mercredi. Djoko va passer des examens mardi, dont les résultats diront s’il peut entrer sur le court.

« On verra… Je suis déjà passé par là, des douleurs fortes en plein tournoi, des blessures. Parfois l’adrénaline aide à aller plus loin, parfois un match, parfois plus. J’espère vraiment que je pourrai jouer le prochain match, mais je ne sais pas si ce sera le cas », a ajouté le Serbe, qui a également pesté un long moment en conf contre cette terre battue rendue très glissante par les conditions météo difficiles depuis le début de la quinzaine, et contre la décision de l'organisation de refuser sa demande de relisser le court plus régulièrement qu'entre chaque set. « Est-ce que ma blessure aurait pu être évitée ? Peut-être », a-t-il ainsi lâché.

Le kiné du tournoi a eu beaucoup de boulot avec Djoko lundi.
Le kiné du tournoi a eu beaucoup de boulot avec Djoko lundi.  - Bertrand GUAY / AFP

Quoi qu'il en soit, tout ça n’est quand même pas très encourageant, alors qu’il vient de passer plus de neuf heures sur le court en un peu plus de 48 heures. Djokovic a beau choyer son corps, la carcasse affiche tout de même 37 ans et quelques millions de kilomètres au compteur. « Le problème, quand tu vieillis, c’est que tu ne peux plus sortir 100 % de ton tennis, nous disait Henri Leconte en fin de journée, en marge de la présentation du tournoi des Légendes. Il te manque ce petit mètre qui faisait la différence, tu arrives un peu en retard, et donc la tâche est plus compliquée. En plus, Novak n’a pas le jeu pour pouvoir finir le point plus tôt. »

NOTRE DOSSIER ROLAND-GARROS

C’est vrai, il a toujours davantage œuvré sur sa science tactique, la variété de ses coups et une couverture du terrain phénoménale. En tout cas, lui qui avait dit en début de tournoi sentir sa motivation s’étioler par moments sait faire redémarrer le moteur lors des grandes occasions. Sinon, comment expliquer ce refus d’abdiquer, alors qu’il a déjà fini le jeu depuis longtemps du haut de ses 24 titres majeurs ? Mais il faut croire que la perspective de disputer un 15e quart de finale consécutif à Roland suffit encore à le faire courir. Ne comptez pas sur nous, en tout cas, pour dire ce soir qu’il ne quittera pas Paris en vainqueur, dimanche.