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« D’un coup, un mur »… Sinner et le mystère d’une défaillance sidérante

Roland-Garros 2026 : « D’un coup, je me suis pris un mur »… Jannik Sinner et le mystère d’une défaillance sidérante

tremblement de terreLe numéro 1 mondial, immense favori de cette édition 2026, a été éliminé dès le 2e tour ce jeudi, sans d’autre explication qu’une soudaine perte d’énergie
Malaises, canicule… Les joueurs vont-ils mourir de chaud à Roland-Garros ?
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Jannik Sinner s’est fait éliminer dès le 2e tour de Roland-Garros par l’Argentin Juan Manuel Cerundolo, ce jeudi, alors qu’il menait deux sets à zéro et qu’il servait pour le match dans le 3e (3-6, 2-6, 7-5, 6-1, 6-1).
  • Une immense surprise, que le numéro 1 mondial n’explique pas vraiment. Ni blessé ni victime de la chaleur, il a simplement dit qu’il ne se sentait pas très bien depuis son réveil.
  • Avec l’élimination de l’immense favori du tournoi, ils vont être nombreux à se dire qu’il s’agit d’une occasion en or pour remporter un Grand Chelem.

A Roland-Garros,

Cette édition de Roland n’est qu’un immense chaos. Après les forfaits du double tenant du titre et de la meilleure chance française, le tournoi a perdu ce jeudi son grandissime favori. Jannik Sinner, numéro 1 mondial, 30 victoires d’affilée sur le circuit, a plié bagage dès le 2e tour, lâché par son corps face à l’Argentin Juan Manuel Cerundolo (56e mondial).

Le scénario est à peine croyable : l’Italien menait deux sets à rien et 5-1 dans le troisième, service à suivre. On jetait à son match un œil distrait, se demandant juste s’il finirait en moins de deux heures ou non. Et puis la lumière s’est éteinte d’un coup. Les mains sur les hanches, Sinner a subi une soudaine chute de tension. Il perdra les 15 points suivants, et ne marquera plus que deux jeux avant de quitter le court sur un ultime break blanc infligé par l’Argentin (3-6, 2-6, 7-5, 6-1, 6-1). C’est la première fois qu’un numéro 1 mondial se fait sortir aussi tôt dans le tournoi depuis André Agassi, en 2000.

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Alors, que s’est-il est passé, vraiment ? Gros coup de chaud, alors que la température dépassait allègrement les 30°C en ce début d’après-midi ? Problème à la hanche, comme le laissait penser sa démarche saccadée ? Rien de tout ça, en réalité. Ou en tout cas, rien de spécial. « Je me sentais mal, la tête tournait, il me manquait de l’énergie. Il y a plusieurs éléments, pas une seule explication. J’ai essayé de servir pour gagner à la fin du 3e set, mais je n’avais plus beaucoup à donner », a révélé l’intéressé en conférence de presse, environ une heure plus tard.

On sait que sa résistance à la chaleur peut être une faiblesse : il avait déjà été sauvé par une interruption à l’Open d’Australie un jour de grosse souffrance contre un compatriote lambda. Mais Sinner assure que sa défaite n’a rien à voir avec ça. « Il faisait chaud, mais pas tant que ça. Les conditions étaient bonnes, c’est juste moi. Ça arrive, parfois », a-t-il éludé. Les sensations étaient mauvaises dès le réveil. Il poursuit :

« Je ne me sentais déjà pas très bien, un peu malade. J’ai essayé de raccourcir les échanges, au début ça marchait bien, les coups sortaient bien, et puis, tout d’un coup, paf ! je me suis pris le mur et voilà. »

Pour être honnête, on ne sait pas très bien quoi penser de tout ça. Le fait qu’il n’y ait pas vraiment d’explication interroge sur l’état physique général de l’Italien. Il avait beaucoup enchaîné depuis début avril, certes, avec ses victoires à Monte Carlo, Madrid puis Rome. Mais cela éclaircit difficilement cette panne générale alors qu’il ne lui restait plus qu’un jeu à gagner, après seulement une heure et cinquante minutes passée sur le court. Face à la presse, il est apparu un peu lassé. « J’ai besoin d’un break pour me reposer. Physiquement, et mentalement aussi », a-t-il avoué.

Le tableau qui s’ouvre d’un coup

Cette élimination surprise ouvre en tout cas une autoroute pour qui voudra bien s’y engager. Dans la partie de tableau désertée par l’Italien, Ben Shelton (5e mondial) et Félix Auger-Aliassime (6e) sont les mieux placés sur le papier, mais on n’est plus à une dinguerie près et on serait prêt à parier qu’il y aura un finaliste qu’on n’aura pas du tout vu venir cette année. De l’autre côté, Novak Djokovic doit penser que s’il veut remporter un 25e Grand Chelem, c’est l’occasion ou jamais. Mais Alexander Zverev doit se dire la même chose, lui qui court après son premier sacre depuis le début de sa carrière.

Au milieu de toutes ces considérations, on n’oubliera pas de saluer Juan Manuel Cerundolo, qui n’a pas perdu les pédales malgré ce rebondissement inattendu. Il n’est pas toujours aise de jouer face à quelqu’un si ouvertement diminué, a fortiori quand c’est le numéro 1 mondial. Une sorte de tension s’installe dans le stade à mesure que le match avance, et que l’inéluctable prend forme. Mais l’Argentin de 24 ans, sans grandes références jusque-là, a su rester concentré pour enfoncer le patron du circuit, même s’il n’a pu s’empêcher de s’excuser deux ou trois fois après des amorties que Sinner n’avait pas la force d’aller chercher.

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L’histoire est sympa, d’ailleurs, car pendant ce temps-là sur le court Simonne-Mathieu, son frère Francisco était à l’ouvrage face à Hugo Gaston. Après avoir battu le Français, il a raconté que les spectateurs au bord du court le tenaient au courant du tremblement de terre en cours. « J’essayais de rester concentré sur mon match, mais c’était pas facile, a raconté l’aîné en rigolant. Je suis super heureux pour Juan Manuel, je sais à quel point il travaille dur, il mérite vraiment. Il a battu le numéro 1 mondial ! Même s’il ne se sentait pas bien, ce n’est jamais facile. »