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Mais comment Carlos Alcaraz a-t-il pu renverser cette finale de folie ?

Roland-Garros 2025 : « Avec lui, tout est possible »… Mais comment Carlos Alcaraz a-t-il pu renverser cette finale ?

TennisAprès un combat épique face à Jannik Sinner, et trois balles de break sauvées, Carlos Alcaraz a fini par remporter son deuxième titre à Roland-Garros
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Carlos Alcaraz a remporté la finale de Roland-Garros contre Jannik Sinner au terme d’un match épique en cinq sets, dimanche, malgré un retard de deux manches à zéro.
  • L’Espagnol a notamment sauvé 3 balles de match à 5-3 0-40 dans le 4e set : « Je n’étais qu’à un point de perdre, mais de nombreuses fois, des gens reviennent de balles de match. J’y ai cru tout le temps, un point après l’autre. »
  • Le soutien du public, l’inspiration de Rafael Nadal et le fait de ne jamais s’avouer vaincu ont aidé Alcaraz à réaliser cette remontée fantastique.

De notre envoyé spécial (et privilégié) à Roland-Garros,

Il y en a un qui a failli être maudit sur des générations par le clan Alcaraz. Au moment du changement de côté, à 5-4 pour Carlitos, service à suivre, dans le cinquième set, le DJ du court Philippe-Chatrier s’est enflammé en lançant le tube de Queen We are the Champions dans les enceintes du Central. Certes, tout le monde voyait l’Espagnol remporter sa deuxième Coupe des Mousquetaires dans la foulée de cette pause, mais c’était un peu osé et prématuré, surtout vu la tournure épique prise par cette finale.

Le karma a évidemment rattrapé notre metteur d’ambiance. Jannik Sinner a débreaké dans la foulée et les deux gladiateurs ont poussé jusqu’au super tie-break de l’ultime set pour décider du vainqueur. De ce combat homérique, qui a battu le record de la plus longue finale des Internationaux de France, Carlos Alcaraz est ressorti debout. Un miracle tant tout était destiné pour que l’Italien remporte son premier trophée à Paris.

Des balles de break ratées d’entrée

On a compris très tôt dans cette finale que cela ne pourrait se terminer sans masque à oxygène. Un premier jeu suffoquant de plus de dix minutes, des points magnifiques et des occasions en or de creuser l’écart pour l’Espagnol, avec trois balles de break sur le service de Sinner, jamais transformées : « Carlos a essayé, il a eu des opportunités au premier set et les a ratées, a commenté son entraîneur Juan Carlos Ferrero. Au deuxième set aussi. il est très difficile de revenir après avoir raté ce genre d’occasions. »

Des opportunités en or gâchées notamment par un nombre de fautes directes assez irréelles à ce moment-là de la rencontre. Jannik Sinner n’en demandait pas plus pour profiter des erreurs de l’Espagnol pour remporter les deux premières manches, en utilisant même quelques facéties, avec plusieurs montées au filet concluantes. Comme quoi, tout arrive.

Deux manches de retard

Jamais, dans sa carrière, Carlos Alcaraz n’avait remporté de matchs en cinq sets après avoir été mené deux manches à rien. La statistique a évidemment été sur toutes les lèvres après que Jannik Sinner et son bras bionique ont remporté les deux premiers sets. Sachant que l’Italien avait exécuté toute la concurrence en trois sets secs depuis le début du tournoi, l’épilogue semblait connu de tous, même de Juan Carlos Ferrero :

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« Après avoir perdu deux sets, tu t’assois sur ta chaise et tu commences à te dire : "Jannik n’a perdu aucun set, et là, moi, je suis mené de deux sets, ça va être difficile de revenir." Je pense que sa force est de toujours y croire jusqu’à ce que la dernière balle soit jouée. Il a essayé encore et encore. » Et, après avoir été breaké d’entrée, Carlos Alcaraz a fini par remporter la troisième manche (6-4), avec une célébration digne d’Alexandre Lacazette, allant jusqu’à chauffer le Philippe-Chatrier, avide d’autres batailles.

Trois balles de matchs pour Sinner

S’il s’est mis dans la poche le public français avec le gain de cette troisième manche, Carlos Alcaraz retombe dans ses travers au milieu de la quatrième manche et se retrouve même mené 5-3. Pire, sur son propre service il voit l’Italien mener 0-40 et s’offrir donc trois balles de match. « A 5-3, il m’a regardé et il m’a fait comme ça avec sa raquette, du style : "je suis encore là, on y va ! Vamos !", raconte son entraîneur. Je ne vais pas dire que je croyais qu’il allait remonter de 5-3, 0-40. Mais encore une fois, avec Carlos, tout est possible. »

Que se passe-t-il sur ses trois balles de matchs d’affilée pour l’Italien ? Des fautes directes, un jeu sur la défensive et la fameuse peur de gagner. « Je me répète souvent à moi-même que je dois y aller à fond. Peu importe où on en est, ne pas avoir peur des erreurs, explique, de son côté Alcaraz. Bien sûr que j’y croyais à 5-3 pour lui et 0-40 sur mon service. Je n’étais qu’à un point de perdre, mais de nombreuses fois, des gens reviennent de balles de match. J’y ai cru tout le temps, un point après l’autre. »

Cinq points d’affilée, avant d’en mettre quatre autres sur le service du natif de San Candido, fébrile avec une deuxième balle à 135 km/h pour offrir le débreak dans cette quatrième manche, sous les hourras de la foule. « Les cris, le soutien de la foule m’ont vraiment aidé aujourd’hui, a souligné le double vainqueur à Paris. Il y avait quelques coins du court qui étaient vraiment en ma faveur. J’ai vraiment apprécié. Je pense que sans eux, je n’aurais pas pu faire ce retour. »

Carlitos n'a pas hésité à faire appel au public pour sa mission remontada, et le public lui a bien rendu.
Carlitos n'a pas hésité à faire appel au public pour sa mission remontada, et le public lui a bien rendu.  - Marcin Cholewinski/ZUMA/SIPA

Sans eux et sans l’esprit de Rafael Nadal qui flottait sur le Philippe-Chatrier, avec cette plaque gravée directement sur la terre battue lors de l’hommage rendu à celui qui a remporté à 14 reprises ce tournoi. « J’ai vécu de grandes remontadas avec lui, cet esprit de lutte, de toujours y croire, de ne jamais s’avouer vaincu, c’est ce qu’il fallait faire aujourd’hui. »

Servir pour gagner et être débreaké

Après avoir remporté le tie-break de la quatrième manche, Carlos Alcaraz prend le service de l’Italien d’entrée après une amortie folle, avec sûrement dans un coin de la tête la stat selon laquelle Jannik Sinner n’a jamais remporté un match de plus de trois heures cinquante. Alcaraz enchaîne les amorties, l’Italien se frustre, on file tout droit vers une victoire tranquille de l’Espagnol, jusqu’à ce jeu à 5-4 où il sert pour le match.

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« A 5-4, il se passe ce qu’il se passe pour beaucoup de monde, c’est-à-dire de conclure un match, qui plus est dans un cinquième set d’un Grand Chelem, explique Ferrero. On savait que si Carlos ne servait pas de première balle dans ce jeu, Jannik allait mettre beaucoup de pression. Carlos n’a pas pu résister. Quand quelqu’un est derrière dans ce genre de situation, tu donnes tout parce que tu n’as plus rien à perdre. »

Sinner recolle donc et le match finit, pour la première fois, au super tie-break, où Alcaraz inflige une leçon à son meilleur ennemi, avec des coups sensationnels, comme sur la balle de match avec un passing monstrueux. Le point final à une remontée fantastique.