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Rafael Nadal, des adieux écrits à l’ocre indélébile

Roland-Garros 2025 : Rafael Nadal, des adieux écrits à l’ocre indélébile

Roland-GarrosUn an après les adieux ratés de Roland-Garros à Rafael Nadal, le tournoi s’est rattrapé en rendant un hommage appuyé à son plus grand champion. Une séquence émotion qui restera dans les mémoires
Rafael Nadal reçoit un hommage émouvant à Roland-Garros
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Rafael Nadal a reçu un hommage émouvant à Roland-Garros, un an après ses adieux ratés avec son tournoi du Grand Chelem préféré.
  • Lors de la cérémonie, Nadal a prononcé une partie de son discours en français, remerciant le public et déclarant : « Vous m’avez fait me sentir comme un Français de plus. »
  • L’organisation du tournoi a dédié une plaque à Rafael Nadal vouée à perdurer sur la terre du court Philippe Chatrier. « C’est un cadeau que je ne peux décrire avec des mots », a déclaré l’Espagnol.

De notre envoyé spécial en larmes à Roland-Garros,

Cela ne pouvait commencer autrement. Dans un court Philippe Chatrier tout d’ocre vêtu et jusqu’alors bouillonnant d’impatience, la voix de Marc Maury a pris son envol. Autour de lui, un silence de cathédrale s’installe en signe de respect. Le speaker joue une dernière fois sa partition préférée, celle qui annonce l’arrivée de Rafael Nadal sur le Court Philippe Chatrier pour l’hommage tant attendu à Roland-Garros.

Pour la première fois depuis son apparition en 2005, l’Espagnol se présentait sur la terre battue parisienne sans bandana, sans short trop serré, sans débardeur, sans pantacourt, sans baskets, sans ses bouteilles parfaitement alignées. Sans bondir, non plus. Ce qui frappe, outre l’élégance du costume noir et son contraste parfait avec la terre, c’est cette démarche, celle d’un homme en avance sur son âge. Celle d’un champion qui a tout donné pour son sport. A cet égard, il était naturel de vouloir lui offrir le meilleur des hommages. Amélie Mauresmo et Gilles Moretton auraient aimé qu’il arrive l’année dernière après son élimination au premier tour contre Alexander Zverev, mais les choses étaient finalement peut-être mieux ainsi.

Tout l’amour de Paris pour Rafael Nadal

Déjà, Rafa a eu le temps de bosser son discours. Ok, il en a perdu une page au passage - moment de rire bienvenu dans un océan de larmes - mais ce n’était pas celle de ses quelques phrases en français, son plus grand combat sur le Central, loin devant les joutes contre Federer et Djokovic. L’Espagnol a tenu plus longtemps que d’habitude en VF mais continue d’être fâché avec notre langue. La maladresse est largement compensée par tout l’amour sincère qu’il semble porter à l’égard d’un public dont il a longtemps cherché l’amour dans ses jeunes années.

« Merci la France, merci Paris, a déclaré Rafa en français, donc. Vous m’avez offert des émotions et des moments que je n’aurais jamais imaginés. Vous ne pouvez pas savoir comme c’est gratifiant de se savoir aimé dans l’endroit qui compte le plus pour soi. Vous m’avez offert comme fin de carrière la possibilité de recevoir la flamme olympique de la part de Zizou. Vous m’avez fait une statue magnifique ici à Roland-Garros. Vous m’avez fait sentir comme un français de plus. »

Il fallait être en pierre pour ne pas pleurer avec lui, en pierre pour ne pas ressentir un frisson de nostalgie sur l’entrée simultanée de Novak Djokovic, Roger Federer et Andy Murray, séquence épique à vous faire passer les Avengers pour des clowns. Là aussi, le message est beau. « « J’ai beaucoup apprécié de pouvoir dépasser mes limites contre vous. Et on a montré aux yeux du monde que l’on pouvait être de très bons amis même en étant de grands rivaux. »

L'aura de cette photo est grandiose. 69 titres en Grand Chelem à eux quatre
L'aura de cette photo est grandiose. 69 titres en Grand Chelem à eux quatre - Ella Ling//SIPA

Fidèle à son image de gentleman, Rafael Nadal a remercié tout ce qui était remerciable : ses parents, son épouse, sa famille, ses amis, son staff, ses sponsors, les journalistes, et, bien évidemment, le personnage le plus important de sa vie sportive, son oncle et mentor Toni. « Toni, tu es la raison pour laquelle je suis là. Merci d’avoir consacré une grande partie de ta vie à m’entraîner. Tu m’as fait souffrir, tu m’as fait rire, tu m’as poussé dans mes limites. Ce que nous avons vécu n’a pas toujours été facile, mais ça valait la peine. » Suivi de larmes, encore.

Huit mois sans prendre une raquette, Nadal a tourné la page

Il n’est jamais facile de dire adieu aux idoles. On les aimerait éternelles. Roland-Garros n’a pas trouvé la fontaine de jouvence mais s’évertue à rendre Nadal immortel en ses terres. Après la statue dans les allées du stade, le multiple lauréat à Paris s’est vu dédier une plaque à son nom sur le court Philippe Chatrier. « Ça a été une super surprise, je n’étais pas au courant, confiera-t-il plus tard dans la soirée en conférence de presse. Je ne savais rien de la cérémonie. La seule chose que je savais c’est qu’il y aurait une vidéo, mon speech et quelques surprises. C’est un cadeau que je ne peux décrire avec des mots. »

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L’odyssée de Nadal à Roland-Garros prend fin définitivement. L’un manquera plus à l’autre. Voilà huit mois que l’ancien numéro 1 mondial n’a plus touché une raquette. Il le vit très bien. « Je suis en paix avec le fait que mon corps ne me permette plus d’être sur le court. » Chose impensable quand on connaît le personnage, il en a perdu son sens de la compétition. « Il y a quelques mois, quand je jouais au golf, je me suis rendu compte que je m’en fichais de perdre ou de gagner. C’est bizarre. » Mais pas autant qu’un Roland-Garros sans Rafa.