Roland-Garros 2025 : Il n’y a pas de stars dans le tennis féminin, vraiment ?
polémica•Des propos de Patrick Mouratoglou sur l’absence présumée de stars sur le circuit féminin pour justifier l’absence de matchs du tableau dames en night session à Roland-Garros ont suscité l’émoiWilliam Pereira
L'essentiel
- Patrick Mouratoglou affirme qu’il n’y a pas de « très grandes stars » dans le tennis féminin actuel, justifiant ainsi l’absence de matchs féminins en session de soirée à Roland-Garros. Il y a pourtant des exemples qui vont à l’encontre de son jugement.
- Coco Gauff, malgré son jeune âge, peut être considérée comme une star du tennis, étant la joueuse la mieux payée après Carlos Alcaraz et Novak Djokovic, avec des revenus de 34,4 millions de dollars en 2024 selon Forbes.
- Naomi Osaka et Aryna Sabalenka, bien que moins bien classées actuellement, restent des stars influentes avec près de 3 millions d’abonnés chacune sur Instagram.
A voir Alizé Cornet lutter sur le plateau de France TV pour ne pas laisser déborder son indignation, on comprend que le propos de Patrick Mouratoglou lui pose problème. Le célèbre coach de tennis s’est exprimé mercredi sur l’absence de programmation de matchs du tableau féminin en session de soirée à Roland-Garros, justifiant le choix des organisateurs par l’absence de stars dans le tableau dames.
« [Les organisateurs] veulent voir des stars, a commencé Patrick Mouratoglou. Et il faut aussi garantir un temps de jeu minimum. S’il y a des stars chez les filles ? Non, non, excusez-moi, mais je ne suis pas d’accord avec ça. Je pense qu’on est dans une période où il n’y a pas de très grandes stars dans le tennis féminin. À l’époque de Sharapova, Serena et d’autres, il y avait des très grandes stars, qui avaient une popularité monumentale, qui étaient connues dans le monde entier. Une Swiatek, ce n’est pas son cas. C’est une très, très grande joueuse, elle a gagné quatre fois ici, il n’y a pas de doute là‐dessus. Mais être une star, ce n’est pas juste être une très grande joueuse. »
Patrick Mouratoglou n’a pas forcément tort sur ce dernier point. La Polonaise n’a pas toujours été la meilleure ambassadrice de son sport, nous en parlions déjà l’année dernière à Roland-Garros. En revanche, doit-on forcément s’appeler Serena Williams ou Maria Sharapova pour être une star ? Peut-on faire fi du statut d’une Coco Gauff, dont la présence remarquée sur le tapis rouge des Oscars 2025 témoigne d’une célébrité qui semble encore la surprendre - comme quand Samuel Lee Jackson lui a demandé de prendre la pose pour un selfie.
« J’ai été vraiment surprise de voir que la plupart des gens savaient qui j’étais. C’était bizarre. » Selon Forbes, à part Carlos Alcaraz et Novak Djokovic, personne n’est mieux payé qu’elle dans le monde du tennis (34,4 millions de dollars de revenus en 2024). Si ça n’est pas une star, ça y ressemble.
Naomi Osaka superstar malgré le déclin
Coco Gauff n’a ceci dit peut-être pas encore atteint le niveau de Naomi Osaka du temps où la Japonaise remportait quatre titres du Grand Chelem et s’était hissée à la première place mondiale. Icône japonaise des Jeux olympiques 2021, icône de la mode - ambassadrice mondiale Louis Vuitton depuis 2021, s’il vous plaît - et de l’émancipation des personnes métisses dans son pays, elle aurait pu prendre une dimension « Sérénesque » si de multiples dépressions n’étaient pas passées par là. A
ujourd’hui encore, malgré sa 49e place au classement WTA, elle reste largement présente matin, midi et soir dans le paysage publicitaire japonais. Et sur Instagram, la Japonaise pèse quasiment trois millions d’abonnés, tout comme… Aryna Sabalenka. C’est fou, toutes ces joueuses pas suffisamment connues pour être des stars.


















