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Comment Roland-Garros lutte contre les violences sexistes et sexuelles

Roland-Garros : « On vous croit » et zone refuge, comment le tournoi lutte contre les violences sexuelles en tribunes

tennisPour la première année, Roland-Garros a lancé un dispositif de prévention des violences sexistes et sexuelles
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • La Fédération française de tennis a mis en place un dispositif appelé « Out les violences ! On vous écoute, on vous croit, on vous aide » à Roland-Garros pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles pendant toute la durée du tournoi.
  • Une zone refuge a été créée sous le court Suzanne-Lenglen, où des professionnels de santé formés peuvent accueillir et écouter les victimes ou témoins de violences, avec la possibilité de contacter ensuite un officier de police judiciaire si souhaité.
  • Des actions de prévention ont également été menées, notamment auprès des ramasseurs de balles, et des affiches ont été placardées dans les vestiaires des joueurs.

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

Un dispositif déjà aperçu dans des manifestations sportives ou culturelles, comme dans des festivals ou des concerts. Le voilà désormais installé à Roland-Garros. Pendant les trois semaines du tournoi (des qualifications jusqu’à la finale homme, dimanche), la Fédération française de tennis a lancé un plan d’action grand public pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles baptisé « Out les violences ! On vous écoute, on vous croit, on vous aide. »

Une affiche est ainsi placardée dans les toilettes hommes et femmes ainsi que dans tous les espaces de vestiaires pour les prestataires, hôtesses, agents d’entretien… « L’objectif de l’affiche, c’est quand même la prévention, pour que tout le monde sache que s’il se passe quelque chose, s’il y a des remontées, les gens seront crus, explique Hugo Buffard, responsable de la cellule intégrité à la FFT. On dit un peu "attention au comportement que vous pouvez avoir, parce que la Fédération prend ce sujet au sérieux, et s’il se passe quelque chose, vous pouvez potentiellement être poursuivis." »

Une zone refuge sous le Lenglen

Si une personne est témoin ou victime de violences sexistes ou sexuelles, elle peut se référer aux agents de sécurité présents à Roland-Garros, qui ont tous été formés s’ils se retrouvent dans pareille situation, appeler le poste central d’organisation (PCO) ou se rendre directement dans une zone refuge située sous le court Suzanne-Lenglen, où les attendent deux professionnels de santé.

L'affiche présente dans les toilettes et tous les espaces de vestiaires.
L'affiche présente dans les toilettes et tous les espaces de vestiaires. - E. Ringot

« Ce ne sont pas des psychologues spécialisés dans les violences sexuelles, mais des médecins infirmiers qui sont formés en amont à recueillir la parole dans ce type de situation là, détaille Hugo Buffard. Cette zone refuge est à l’écart, ce qui permet à la personne, si elle a vécu un épisode traumatisant, de se retrouver au calme avec quelqu’un qui va l’écouter, qui va pouvoir lui donner les bons conseils. Elle peut rester autant de temps qu’elle le souhaite. Et dans un second temps, on les invite à se rapprocher du PCO et d’un officier de police judiciaire qui est aussi présent sur le stade, si elle le souhaite. »

Plusieurs cas depuis le début du tournoi

Depuis le début du tournoi, la cellule a été activée à plusieurs reprises. Si aucun chiffre ne nous a été transmis, dans 90 % des cas l’agresseur est un homme, dans un sceptre d’âge assez large, et la victime, une femme. « Ça peut être dans les allées, dans les espaces d’hospitalité, à l’intérieur d’un court, ça peut être partout, déplore le responsable. S’il fonctionne, ça montre que ce dispositif est utile, malheureusement. L’objectif à terme, c’est que cette zone refuge ne serve à rien. »

Si ce dispositif « Out les violences ! On vous écoute, on vous croit, on vous aide », inauguré cette année pour la première fois, concerne le grand public, une autre opération a aussi été menée dans les vestiaires des joueurs et joueuses. « Une affiche, qui a été déclinée en anglais Victim or Witnesses (victime ou témoin), donne tous les numéros d’urgence, les bons contacts, ajoute Hugo Buffard. Elle permet de scanner un QR code qui renvoie un formulaire de signalement. »

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Cette année, une action de prévention a aussi été menée auprès des ramasseurs de balles, qui sont pour beaucoup licenciés en club, pour qu’ils soient sensibilisés sur ce qu’ils peuvent ou non accepter de la part des adultes. « On sent que désormais, les gens sont plus sensibilisés à ça, conclut Hugo Buffard. Quand quelque chose leur arrive, ils prennent la parole plus rapidement. » Et avec l’aide des caméras de surveillance, les personnes suspectées peuvent être plus facilement repérées. Elles risquent l’expulsion du stade, en attendant de possibles poursuites judiciaires.