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Monfils, du spectacle et des émotions, il ne faut jamais arrêter le tennis

Roland-Garros 2025 : Gaël Monfils, du grand spectacle et des émotions, il ne faut jamais arrêter le tennis

tennisA 38 ans, Gaël Monfils a encore livré une performance ahurissante face au 5e mondial, Jack Draper avant de s’incliner, jeudi soir
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Au terme d’un gros match, Gaël Monfils s’est incliné au deuxième tour face au Britannique Jack Draper (5e mondial) en quatre sets, jeudi soir.
  • A 38 ans, le dernier rescapé des Mousquetaires a encore livré une performance de haut vol, proche de disputer un cinquième set au bout de plus de trois heures de combat.
  • Le Parisien n’a pas encore annoncé sa retraite, mais il est certain qu’il laissera un grand vide dans le monde du tennis au moment de ranger les raquettes.

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

Il est comme les vampires. Il attend que la nuit pointe le bout de son nez pour enfin être à son aise. C’est bien pour ça qu’il ne faut jamais s’inquiéter quand Gaël Monfils entre mal dans ses matchs programmés en night session. Que voulez-vous, à 20h30 fin mai, l’odeur du sang ne se fait pas encore sentir, les rayons de soleil font encore mal aux yeux et il est difficile pour notre vieux combattant de sortir ses habits de lumière. Alors, il a fallu attendre.

Pas bien longtemps, certes. Une grosse demi-heure, le temps que l’obscurité tombe, que Jack Draper remporte le premier set et que le Central de Roland-Garros sorte, lui aussi, de sa tanière. Un peu comme au premier tour, face au Bolivien Hugo Dellien. Sauf que, cette fois, l’adversité était toute autre. Un n° 5 mondial, capable de vous faire visiter le court Philippe-Chatrier de long en large et en travers, de vous agresser avec ses retours de service et de vous épuiser avec ses gifles de coup droit et ses amorties (27).

« C’était une belle nuit, une belle rencontre »

Des colosses qui se la jouent Fabrice Santoro ou Corentin Moutet avec une telle dextérité, c’est à vous faire exploser la cervelle. Pas celle de Gaël Monfils, qui a tenu longtemps la distance. Capable de ramener tout ce qui traînait, d’enchaîner les courses vers l’avant, de sortir des passings sortis de nulle part, à l’image de cette défense de mort de faim à 4-2 dans la deuxième manche. Capable surtout d’égaliser à une manche partout et être à deux points de pousser Draper au cinquième set.

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« « C’était une belle nuit, honnêtement, a réagi Monfils alors que Roland-Garros se vidait. A 5-3, même à 30-0 [dans le quatrième set], tout est loin. Vraiment, tout est loin. Chaque point est dur, il n’y a pas de point facile. Je ne peux pas faire grand-chose. Surtout, j’étais content parce qu’il a beau être bien en confiance, j’ai réussi quand même à bien le titiller. J’étais vraiment content de ça. C’était une belle rencontre. » »

A l’image de ce jeu de service à 4-2 dans la quatrième manche. Pendant plus de dix minutes, les deux gladiateurs ont livré un duel fabuleux, avec des coups droits monstrueux, des aces, des passings, des rallyes interminables et de la chance, à l’image de cette balle qui rebondit deux fois sur la bande du filet avant de retomber du bon côté du terrain pour Monfils. Une bataille tellement acharnée que le public du Central s’est même mis à applaudir le Britannique (que nos grands-parents ne lisent pas ça, ils ne supporteraient pas), auteur de points sensationnels.

Le dernier Roland-Garros de Monfils ?

« C’est la première fois sur ce court face à quelqu’un que j’admire en tant que sportif et en tant qu’humain, énorme respect pour Gaël, a tenu à saluer ce décidément bien sympathique Anglais. Ce match, il est parmi les plus durs que j’ai pu jouer, en plus face à ce public. Mentalement, c’était compliqué, je pense que ça va être difficile de trouver le sommeil. J’espère que Gaël rejouera ici. »

Car, à bientôt 39 ans (il les aura en septembre), La Monf' n’est pas éternelle. Et en voyant, quelques heures plus tôt, son pote Richard Gasquet ranger les raquettes après sa défaite face à Jannik Sinner, on a eu quelques larmes qui sont montées en imaginant, aussi, un monde sans Gaël Monfils, lui qui évoque souvent son spleen au moment de parler de sa fille qu’il a eue avec l’Ukrainienne Elina Svitolina. Alors, évidemment, l’avenir du Parisien se situe-t-il encore sur un court de tennis ?

« L’année prochaine, je sais que je jouerai quoi qu’il arrive, je l’ai dit, c’est une évidence, répond le slide gaillard, capable de blaguer sur la fatigue des journalistes alors qu’il vient de courir 77 km. Comme je me sens physiquement, pour l’instant, je ne dirais pas que c’est mon dernier Roland. » Mais, comme d’habitude, ce n’est pas que le physique qui décidera de la suite de la carrière du Français.

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« Moi, c’est un peu plus dans la tête, ce que j’ai envie de faire plus avec moi-même. Donc, ce sera en fonction forcément de mes envies, des sacrifices que je fais. Je produis quand même un gros match contre le 5e mondial, il gagne des Masters 1000, il fait des finales… Peut-être, en fin d’année, je vais vous dire que c’est fini aussi. Je n’en sais rien, en fait. » Nous, on le sait très bien, il ne faut pas arrêter Gaël. Pas tout de suite, histoire de nous régaler encore au moment où le soleil se couche.