Roland-Garros 2024 : Froid, pluie, météo pourrie… Et si on organisait plutôt le tournoi fin mai, voire début juin ?
MULTIVERSE•Omniprésente depuis le début du tournoi, la pluie a largement perturbé la programmation de la journée de mardi. Et si on en finissait enfin avec Roland-Garros en septembre-octobre ?William Pereira
L'essentiel
- La pluie perturbe Roland-Garros depuis le début de l'édition 2024. La programmation de mardi en a souffert, et mercredi pourrait être pire
- Dès lors, à quoi bon de continuer à organiser le tournoi en automne, alors qu'il pourrait tout à fait se dérouler à la fin du printemps?
- Déplacer le tournoi en juin permettrait de profiter de meilleures conditions météorologiques, avec plus de soleil, moins de précipitations et donc d'interruptions
De notre envoyé spécial dans une dimension parallèle,
Chaque année, c’est pareil. Des spectateurs cassent la tirelire et posent une journée de congé dans l’espoir de voir un Français emmerder on ne sait quel Sud-américain en cinq sets sur le court 14 ou le Simmone-Mathieu. Et que lui offre en échange Roland-Garros ? Du vent, de la pluie, du froid, des terrains désespérément bâchés, des sandwichs au homard à 26 euros pour se consoler, et, mis bout à bout, deux ou trois heures de tennis à tout casser. Bref, la grosse déprime.
Continuer à organiser le tournoi en automne, c’est condamner les joueurs au stress de la reprogrammation, le spectateur à une course aux meilleurs abris à chaque averse, et le journaliste à actualiser de manière quasi maladive l’appli météo France, jusqu’à temps qu’elle annonce un miracle. Et si ce n’est pas elle, on en trouvera bien une pour nous dire ce qu’on veut entendre. « Attends, mais sur l’appli de mon téléphone, ils annoncent du soleil à partir de 15h, alors peut-être ? » Peut-être rien du tout. Pluie, pluie, pluie.
C’est pas fini : quand elle s’arrête, il faut consentir à se mouiller les fesses sur un siège pour peu qu’on ait oublié sa serviette, chose qui n’arrive évidemment pas aux habitués du tournoi, également champions du monde de l’enfilage et déshabillage de doudoune imperméable. Un exercice dont se serait bien passé un couple de parents et leurs deux enfants de 4 et 6 ans, croisés en fin de journée dans l’allée centrale. « Depuis le début de l’après-midi, on passe notre temps à rhabiller les petits où à s’encombrer avec leurs manteaux, c’est l’enfer. Heureusement qu’on a pu être tranquilles sur le match de Mladenovic. »*
A quoi ça rime de voir Daniil Medvedev jouer en collants – heureusement qu’il n’est pas footballeur –, Coco Gauff s’échauffer en survêtement, ou prendre le risque d’entendre Novak Djokovic râler à chaque conf de presse parce qu’on aurait dû couvrir le Chatrier plus tôt au lieu d’attendre qu’un énorme nuage noir se déverse sur sa tête ? Encore heureux, d’ailleurs, que le stade compte désormais deux terrains couverts. Ce n’est pas pour déplaire à Arthur Cazaux, qui évoquait le sujet après sa défaite au premier tour contre Etcheverry, sur le Lenglen. « C’est bien d’avoir un deuxième court avec un toit, on connaît le temps parisien. C’est pas le Sud. Tous les ans c’est un peu comme ça. »*
Mais ça serait encore mieux si on jouait… au hasard, mi-mai ou début juin, un truc comme ça ? Un gros mois avant Wimbledon, juste après la saison de terre battue, au lieu d’enchaîner US Open, tournée sur dur en Chine et Roland à la fin de l’été. Le calendrier gagnerait en cohérence et le tournoi en ensoleillement.
Sollicitée sur le sujet d’une reprogrammation au printemps, la direction du tournoi nous a indiqué « ne rien écarter », mais favorise l’option à trois toits avec une couverture totale du Simmone-Mathieu. En cas de complication – les organisateurs craignent une nouvelle bataille juridique avec les descendants de la famille Formigé (l’architecte des serres d’Auteuil) – le court 14 pourrait faire office de plan de secours.
Au stand de glaces, ennui et mots fléchés
Tout serait pourtant plus simple avec du soleil, comme le confirment les données : 202.1h d’ensoleillement et seulement 49.6mm de précipitations à Paris en juin contre 117.8 h d’ensoleillement et 61.5 mm de précipitations en octobre. L’orga pourrait installer un grand écran avec des transats derrière le Chatrier et signer un partenariat avec une marque de crème solaire. Il se pourrait même que les stands de glace fassent enfin du chiffre d’affaires.
« C’est vrai que jouer Roland en juin, avec de la chaleur et du soleil, ça pourrait inciter les gens à venir nous voir, reconnaissent deux vendeuses. Là, on s’ennuie un peu, en plus on ne peut pas trop être sur nos portables. Faudrait que je pense à ramener des mots fléchés pour la prochaine fois. Heureusement que quelques étrangers viennent manger des glaces, parce qu’avec toute cette pluie, les Parisiens n’ont pas le cœur à ça. »* »
Petit bémol tout de même : fin mai, début juin, c’est la période de révisions du bac, et les festivités pourraient bien compromettre la fin de scolarité d’une poignée de lycéens. Mais qui n’aurait pas envie de sacrifier son avenir pour un petit Gasquet-Sinner au bout de la nuit ?
*Citations réelles, sauf celle de la FFT, et l'info sur la couverture du Simmone-Mathieu est pure invention.


















