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Roland-Garros : Sascha Zverev, de miraculé à épouvantail du bas de tableau ?
TENNIS•Alexander Zverev a marché sur Grigor Dimitrov lundi soir et partira favori de son quart contre Tomas Martin Etcheverry, demain. Et si c’était lui, le grand gagnant de cette moitié de tableauWilliam Pereira
A Roland-Garros,
Son petit sourire malicieux devant Fabrice Santoro, à qui il met trois têtes comme on met trois sets à Grigor Dimitrov un soir venteux à Roland-Garros, laissait présager une blague dont Alexander Zverev était fier. A la question de l’ancien joueur français, qui voulait connaître le plan de jeu ayant permis à Sascha de venir aussi tranquillement à bout du Bulgare (6-1, 6-4, 6-3), l'Allemand répondra : « Ma stratégie ? Servir seulement des aces, c’était ma seule stratégie, ça a plutôt bien marché ».
Le demi-finaliste de l’édition 2022 grossit le trait. Il n’en a claqué que quatre, qui sont déjà quatre de plus que Dimitrov. Mais il a surtout remporté 78 % de points derrière sa première balle et inscrit 24 coups gagnants. « C’est extraordinaire que je joue de la manière dont je joue en ce moment, j’en suis très heureux », s’est satisfait le vainqueur. Pour cette fois, on passe l’éponge sur les 27 fautes directes au vu du vent infernal sur le Central, de même que sur son trou d’air en milieu de 3e manche. « A 3-0, j'étais moins concentré, admet-il. Je me suis dit que le match était fini alors que ce n’était pas le cas. J’ai un peu raté des services. » Et donc, en toute logique, il est parti claquer quelques services après sa victoire en trois sets. « Je voulais retrouver mes sensations, parce que cela va être important pour après-demain. » Motivé, Alexander.
« Je ne veux plus partir »
Les chiffres évoqués un peu plus haut confirment l’impression visuelle, celle d’un joueur souverain et sûr de ses points forts. Sa longueur de balle en coup droit, ses passings de mammouth et sa diagonale de revers sont de retour. Sa mobilité, son pied ? Quel pied ? Tout va bien. On n’ira pas jusqu’à dire qu’il cavale comme Alcaraz, ce serait étonnant pour une grande tige d’1m98, mais sa couverture de terrain est redevenue un point fort sur terre battue. Bref, bon courage pour sortir Zverev. D’ailleurs, il n’est pas trop chaud pour ça. « J’espère que d’autres belles choses sont à venir. Maintenant que je suis là, je ne veux plus partir. » Se mettrait-il à rêver de mieux qu’un beau parcours - mission déjà remplie - pour son retour à Roland après la blessure ? « J’espère que je ne rêverai pas cette nuit. Ça voudra dire que j’ai eu un sommeil profond ». Merci Jean-Michel premier degré.
Vraie question : au vu des forces en présence, et au niveau affiché par le bonhomme, qui reste-t-il pour l’empêcher de faire mieux que l’an passé ?
Son pire cauchemar : Un trou dans la terre du Chatrier
Son autre pire cauchemar : Daniil Medvedev qui l’a tartiné à Indian Wells, Monte Carlo et Rome. Ah bah non, il est pas là.
Adversaire le plus imminent : Tomas Martin Etcheverry se dressera face à Zverev au prochain tour. Grosse cote. Il perce enfin au niveau attendu sur terre battue grâce à son coup droit de bûcheron, mais manque de références en Grand Chelem. A ce stade de la compétition, ça risque de coûter cher. L’Argentin n’a pas perdu le moindre set, mais son tableau manquait de sel.
Adversaire le plus Ruud : Blague inédite, n’est-ce pas ? Ça serait moche pour le tennis, mais voir le métronome norvégien sortir le frisson danois en quarts ne nous surprendrait pas moins que l’inverse. Et à partir de là, c’est facile. Il suffit de pilonner son revers étant donné que Ruud n’en a pas.
L’adversaire le plus redoutable : Holger Rune, qui d’autre ? Le jeune Danois a un peu galéré face à Cerundolo, mais on le voit bien monter en puissance. A condition de muscler ce revers si faible sur le Lenglen, lundi après-midi. Autrement, ça ne sera pas la peine de venir chercher des poux à Sascha. Après tout, son tombeur est peut-être de l’autre côté du tableau. Ou n’est pas.


















