Roland-Garros : La jauge fixée à 1.000 spectateurs par jour, « un coup dur pour le tournoi » selon Forget

TENNIS Le directeur du tournoi du Grand Chelem parisien espérait au moins pouvoir garder ses 5.000 spectateurs quotidiens sur le site

N.C. avec AFP

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Roland-Garros ne pourra finalement accueillir que 1.000 spectateurs par jour en 2020.
Roland-Garros ne pourra finalement accueillir que 1.000 spectateurs par jour en 2020. — Javier Garcia/BPI/Shutterstock/SIPA

Le flou a duré quelques heures. Jeudi soir, le Premier ministre Jean Castex a assuré sur France 2 qu’il serait appliqué à Roland-Garros « les mêmes règles qu’ailleurs », c’est-à-dire une jauge quotidienne de 1.000 personnes présentes sur le site. Est-ce que cela voulait dire qu’il ne pourrait pas y avoir de public du tout, alors que le total des personnes accréditées (joueurs, organisation, médias, etc.) dépasse déjà les 1.000 ?

Tard dans la soirée, Matignon a précisé à l’AFP que les personnes accréditées, « soumises à un protocole spécifique », n’étaient en fait pas comptabilisées. Il y aura donc bien 1.000 spectateurs par jour autorisés à entrer pour voir les matchs du tournoi du Grand Chelem parisien.

C’est toujours ça de pris, mais ça ne consolera pas Guy Forget. Le directeur du tournoi espérait obtenir une dérogation pour garder la jauge des 5.000 spectateurs. « Nous sommes capables d’accueillir cette population sur un stade de 12 hectares », avait-il souligné, en insistant sur l’extension du site (1 km de long). « Nous avons pris acte de la décision du gouvernement, nous sommes prêts, tous les joueurs sont là, mais c’est vrai que c’est un coup dur pour le tournoi », a-t-il déclaré à la radio ce vendredi matin, un peu dépité.

C’est la troisième fois en moins d’un mois que le tournoi doit revoir ses ambitions à la baisse. Début septembre, la Fédération française de tennis (FFT), qui avait annoncé à l’origine une jauge de 20.000 par jour, avait dû passer à 11.500. Elle avait alors présenté une logique qui reposait sur le découpage en trois secteurs « hermétiques, indépendants et autonomes » de son stade, autour de ses trois courts principaux : le Philippe-Chatrier (5.000 places), le Suzanne-Lenglen (5.000) et le Simonne-Mathieu (1.500), dans le jardin des serres d’Auteuil.

Mais, il y a une semaine, Roland-Garros était de nouveau forcé à resserrer les boulons, avec 5.000 spectateurs quotidiens. Economiquement, ce n’est pas un détail pour la FFT et le tennis français, très largement irrigués par le tournoi, à hauteur de 80 % en 2019 (255,4 millions d’euros sur un budget total de la FFT de 325 millions). Et alors que la billetterie génère près de 20 % des recettes du tournoi.

Moins de 3 % du total de spectateurs de l’année dernière

Avec une jauge limitée à 11.500 spectateurs, Forget avait déjà estimé que « les produits du tournoi [seraient] divisés par deux », ce qui correspondait à une somme entre 130 et 140 millions d’euros. Cette réduction du curseur à 1.000 spectateurs va encore faire encore grimper le manque à gagner. Et va obliger les organisateurs à de nouvelles démarches de dernière minute auprès des détenteurs de billets.

En quinze jours de compétition – la semaine de qualifications a lieu à huis clos –, ce sont seulement 15.000 spectateurs qui pourront garnir les tribunes tout au long du tournoi. Très, très loin – moins de 3 % – des près de 520.000 accueillis en 2019.