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La jauge de 1.000 spectateurs, « un coup dur » pour Roland-Garros

Roland-Garros : La jauge fixée à 1.000 spectateurs par jour, « un coup dur pour le tournoi » selon Forget

TENNISLe directeur du tournoi du Grand Chelem parisien espérait au moins pouvoir garder ses 5.000 spectateurs quotidiens sur le site
Nicolas Camus

N.C. avec AFP

Le flou a duré quelques heures. Jeudi soir, le Premier ministre Jean Castex a assuré sur France 2 qu’il serait appliqué à Roland-Garros « les mêmes règles qu’ailleurs », c’est-à-dire une jauge quotidienne de 1.000 personnes présentes sur le site. Est-ce que cela voulait dire qu’il ne pourrait pas y avoir de public du tout, alors que le total des personnes accréditées (joueurs, organisation, médias, etc.) dépasse déjà les 1.000 ?

Tard dans la soirée, Matignon a précisé à l’AFP que les personnes accréditées, « soumises à un protocole spécifique », n’étaient en fait pas comptabilisées. Il y aura donc bien 1.000 spectateurs par jour autorisés à entrer pour voir les matchs du tournoi du Grand Chelem parisien.

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C’est toujours ça de pris, mais ça ne consolera pas Guy Forget. Le directeur du tournoi espérait obtenir une dérogation pour garder la jauge des 5.000 spectateurs. « Nous sommes capables d’accueillir cette population sur un stade de 12 hectares », avait-il souligné, en insistant sur l’extension du site (1 km de long). « Nous avons pris acte de la décision du gouvernement, nous sommes prêts, tous les joueurs sont là, mais c’est vrai que c’est un coup dur pour le tournoi », a-t-il déclaré à la radio ce vendredi matin, un peu dépité.

C’est la troisième fois en moins d’un mois que le tournoi doit revoir ses ambitions à la baisse. Début septembre, la Fédération française de tennis (FFT), qui avait annoncé à l’origine une jauge de 20.000 par jour, avait dû passer à 11.500. Elle avait alors présenté une logique qui reposait sur le découpage en trois secteurs « hermétiques, indépendants et autonomes » de son stade, autour de ses trois courts principaux : le Philippe-Chatrier (5.000 places), le Suzanne-Lenglen (5.000) et le Simonne-Mathieu (1.500), dans le jardin des serres d’Auteuil.

Mais, il y a une semaine, Roland-Garros était de nouveau forcé à resserrer les boulons, avec 5.000 spectateurs quotidiens. Economiquement, ce n’est pas un détail pour la FFT et le tennis français, très largement irrigués par le tournoi, à hauteur de 80 % en 2019 (255,4 millions d’euros sur un budget total de la FFT de 325 millions). Et alors que la billetterie génère près de 20 % des recettes du tournoi.

Moins de 3 % du total de spectateurs de l’année dernière

Avec une jauge limitée à 11.500 spectateurs, Forget avait déjà estimé que « les produits du tournoi [seraient] divisés par deux », ce qui correspondait à une somme entre 130 et 140 millions d’euros. Cette réduction du curseur à 1.000 spectateurs va encore faire encore grimper le manque à gagner. Et va obliger les organisateurs à de nouvelles démarches de dernière minute auprès des détenteurs de billets.

En quinze jours de compétition – la semaine de qualifications a lieu à huis clos –, ce sont seulement 15.000 spectateurs qui pourront garnir les tribunes tout au long du tournoi. Très, très loin – moins de 3 % – des près de 520.000 accueillis en 2019.