« Vous avez la parole » : Qu’a annoncé Castex dans son interview sur France 2 ?

LE RÉCAP' Le Premier ministre était invité pour la première fois dans l'émission politique du service public ce jeudi soir

L.C.

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Jean Castex dans "Vous avez la parole" sur France 2
Jean Castex dans "Vous avez la parole" sur France 2 — AFP
  • Jean Castex était l’invité de Léa Salamé et Thomas Scotto dans l’émission « Vous avez la parole » sur France 2 ce jeudi soir.
  • Le Premier ministre a fait quelques annonces sur la gestion de la crise sanitaire du coronavirus, en matière de restrictions, et de soutien aux professionnels en difficulté.
  • Interrogé sur les questions liées à l’insécurité et la délinquance, il a aussi promis que le gouvernement va augmenter le budget de la justice de 8 % en 2021, du "jamais vu" selon lui.

« On ne joue pas avec une épidémie ». Le ton était grave, mais les mots mesurés. Le Premier ministre Jean Castex a fait son baptême du feu télévisuel ce jeudi soir en participant à l’émission « Vous avez la parole » sur France 2. Le chef du gouvernement a fait quelques annonces concernant la lutte contre le coronavirus, et les difficultés économiques causées par le Covid-19. Il s’est aussi exprimé sur l’insécurité et sur l’usine Bridgestone de Béthune.

Castex n’exclut pas totalement un reconfinement

Au lendemain de l’annonce de nouvelles restrictions, Jean Castex avait pour objectif de convaincre la population d’être prudente face à l’épidémie. Il a profité de l’émission pour lancer un appel. « Il faut que l’opinion soit très attentive. Si nous n’agissons pas, on pourrait se trouver dans une situation proche de celle du printemps. Ça pourrait pouvoir dire reconfinement », a-t-il averti.

Pour autant, le chef du gouvernement a écarté la piste de « reconfiner les Ehpad ». « Il faut tout faire pour éviter ça », a-t-il assuré, appelant à nouveau les personnes âgées à la prudence.

Des annonces sur les restaurants, les piscines et Roland Garros

Face à la colère des restaurateurs, obligés de fermer pour quinze jours à Aix-Marseille et en Guadeloupe, Jean Castex a annoncé un soutien financier. « Nous allons indemniser la perte du chiffre d’affaires que vous allez subir », a-t-il déclaré à une restauratrice marseillaise qui l’interrogeait dans l’émission. « Il n’est pas question que vous subissiez les conséquences de ces conditions sanitaires ».

Autre annonce, le gouvernement laisse aux autorités locales la possibilité de fermer les piscines couvertes.

Les amateurs de tennis ont dû déchanter devant leur télé : Jean Castex a déclaré que la jauge de 1.000 personnes maximum pour les événements sportifs dans les grandes villes s’appliquera aussi à Roland-Garros. « Il n’y a pas de raison que nous n’appliquions pas les mêmes règles partout », a-t-il estimé. « Donc il n’y aura pas de public, vu le nombre de personnes qui organisent », a répliqué le journaliste Thomas Sotto. Matignon a ensuite précisé à l’AFP que les personnes accréditées (organisateurs, journalistes, joueurs, staff…), « soumis (es) à un protocole spécifique », n’étaient pas comptabilisées parmi les 1.000 personnes autorisées par jour.

Pas d’appli StopCovid dans son smartphone

C’est l’info en plus. Interrogé par la journaliste Léa Salamé, Jean Castex a reconnu ne pas avoir téléchargé StopCovid, l’application lancée par l’exécutif pour identifier et tracer les personnes contaminées et leur cas contacts. Il a notamment justifié ce choix par le fait qu’il ne prend plus le métro depuis qu’il travaille à Matignon, ce qu’il « regrette ».

Parmi les nombreux ministres venus le soutenir, assis dans le public et donc masqués, la plupart a téléchargé l’appli. Mais le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti et la ministre déléguée à l’Intérieur Marlène Schiappa ne l’ont pas fait, comme la très grande majorité des Français.

« On ne vous laissera pas tomber », dit-il aux salariés Bridgestone

C’est le dossier industriel de cette rentrée. Le fabricant de pneus japonais Bridgestone veut fermer son usine de Béthune, et plus de 800 emplois sont menacés. « Bridgestone a fait de très mauvais choix d’investissement. C’est une entreprise qui s’est très mal positionnée sur le marché économique », a blâmé Jean Castex.

Le gouvernement « va discuter pied à pied avec eux pour les convaincre d’investir » sur leur outil de travail, a-t-il assuré. « On va les aider. On ne s’interdit rien », a promis le Premier ministre, concédant toutefois que « la partie va être très compliquée ». « On ne vous laissera pas tomber », a-t-il lancé aux deux salariés de l’usine invités dans l’émission. En cas de fermeture de l’usine, le Premier ministre juge que le plan de relance permettra de trouver des « solutions individuelles ».

Une hausse de 8 % du budget de la Justice

Une partie de l’émission a été consacrée à l’insécurité. En la matière, Jean Castex a annoncé que le budget de la Justice allait être augmenté de 8 % en 2021, du « jamais vu » depuis plus de 30 ans selon lui, avec l’embauche de « 900 personnels tout de suite ». Il a aussi dévoilé la création de « juges pénaux de proximité », pour les « petits délits qui, eux, compte tenu de l’embouteillage de la justice passe sous le radar, c’est-à-dire qu’une forme d’impunité s’est installée sur tous ces petits faits ». Cette mesure sera expérimentée « dans plusieurs collectivités ».

« Il y aura sous le quinquennat d’Emmanuel Macron 10.000 policiers de plus », a aussi précisé le Premier ministre, et des mesures seront prises pour renforcer les polices municipales.

En réponse aux critiques du maire de droite de Cannes David Lisnard sur la politique de sécurité, Eric Dupond-Moretti a taclé le bilan sécuritaire de son parti (Les Républicains), lorsque « 12.500 postes de policiers ont été supprimés » sous Nicolas Sarkozy, dont Jean Castex, ex-LR, a été le secrétaire général adjoint à l’Elysée. Assis juste à côté du garde des Sceaux, Gérald Darmanin, lui aussi issu des Républicains, a dû apprécier.