Open d’Australie : Rapide et féroce, Coco Gauff va-t-elle battre les records de précocité de Martina Hingis ?

TENNIS A même pas 16 ans, l'Américaine Cori Gauff vient de se hisser en huitième de finale de l'Open d'Australie

Aymeric Le Gall

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Cori Gauff a éliminé la tenante du titre Naomi Osaka dès le 3e tour de l'Open d'Australie.
Cori Gauff a éliminé la tenante du titre Naomi Osaka dès le 3e tour de l'Open d'Australie. — DAVID GRAY / AFP

Venus Williams, c’est fait, Naomie Osaka c’est fait, who’s next ? Alors qu’elle n’a même pas l’âge de passer le permis de conduire aux Etats-Unis, l’Américaine Cori Gauff vient d’enchaîner deux très gros résultats à l' Open d'Australie, elle qui pointait à la 453e place mondiale le 15 mars dernier, jour de son quinzième anniversaire.

En tapant la numéro 3 mondiale et tenante du titre Naomi Osaka, 22 ans, la gamine est devenue vendredi la première joueuse de moins de 16 ans à battre une top 5 depuis Jennifer Capriati contre Sabatini à l’US Open en 1991. Une prouesse qui devrait faire plaisir à l’intéressée, elle qui aime encore plus les records que le créateur du Guinness Book lui-même.

A la chasse aux records

C’est ce que nous avait raconté son coach, le Français Jean-Christophe Faurel, après sa qualification pour le 8e de finale à Wimbledon (le premier de sa carrière) l’an passé. « Depuis qu’elle a 8 ans, son père lui dit "ok tu joues, mais tu sais pourquoi tu le fais". Pour aller battre des records. Depuis qu’elle a 12 ans, elle n’a peur de personne. A cet âge, si elle avait joué une top 100, elle y serait allée pour gagner. Même si ce n’était pas forcément possible. Mais c’est ce qu’elle se dit », confie l’ancien entraîneur d’Adrian Mannarino.

Elle doit donc probablement garder dans un coin de sa tête un autre record, celui de la numéro 1 mondiale la plus jeune de l’histoire. Il s’agit de Martina Hingis, qui s’était posée sur le trône à 16 ans, 6 mois et 1 jour après avoir remporté feu le tournoi de Key Biscayne (Miami aujourd’hui) en 1997. Deux mois plus tôt, la Suissesse devenait aussi la plus jeune joueuse de tous les temps à remporter un tournoi du grand chelem (16 ans, 3 mois et 26 jours à l’open d’Australie face à Mary Pierce).

Sur le papier, en zyeutant à la fois le calendrier et le classement WTA, « Coco » Gauff a encore ses chances. Même si pour l’ancienne joueuse française Camille Pin, le challenge s’avère un peu sécos. « Ça va être compliqué parce qu’en termes de points, je ne pense pas qu’elle puisse en grappiller autant, même en jouant très bien dès le début de saison, avance la consultante tennis. Disons que sur le timing ça me paraît chaud vu que Barty a quand même un bon matelas d’avance au classement. En revanche je suis persuadé que cette place lui est réservée pour très bientôt. »

Gauff ne craint personne

C’est vrai qu’au classement, il ne semble pas y avoir photo : 8017 points pour Barty, première mondiale, 885 pour Gauff, 67e. Même dans un circuit féminin plus instable que Donald Trump un soir de pleine lune, il n’est pas interdit de croire en ses chances. « Victoire à Melbourne et demie à Roland, c’est réglé. J’y crois », nous a dit notre docteur ès tennis du service des sports de 20 Minutes vendredi matin. On est joueur, on le suit.

Pas Camille Pin : « C’est sûr que c’est tellement ouvert dans le tableau féminin qu’elle peut faire quelque chose mais je ne la vois pas encore remporter un grand chelem. Elle peut s’envoyer une demie sans problème mais de là à aller soulever le trophée, ça me paraît encore un peu juste cette année. » Visiblement Cori Gauff ne partage pas les réserves de son aînée. Après sa victoire contre Osaka, l’adolescente a répondu en toute franchise à la question d’un journaliste qui lui demandait si elle pouvait aller au bout à Melbourne.

« Même avant le début du tournoi, chaque joueuse, je pense, croit être capable de s’imposer, lâche-t-elle, déjà très à l’aise face aux médias. Certaines y croient plus fort que d’autres. Donc je ne me pose même pas la question de la tenante du titre [en parlant d’Osaka] parce que, sur le moment, je ne pense qu’à jouer la balle. J’ai toujours la conviction de pouvoir gagner, quelle que soit mon adversaire. »

« En fait, depuis toute petite, elle est formatée pour réussir, nous disait déjà son coach l’été dernier après sa victoire contre Venus Williams. Elle a des objectifs tellement énormes que jouer Venus, oui c’est fabuleux parce que c’est son idole, mais elle n’y va pas pour passer un moment sympa. Elle y va pour la battre. Elle ne pense qu’à ça. La seule chose qui la rendra contente à la sortie du court, c’est d’avoir gagné. C’est là où elle est différente des autres. » Too fast, too furious... la chasse aux records est lancée.