Tournoi de Bercy: Tsonga, Pouille, Gasquet, Mannarino... Qui est chaud pour la finale de la Coupe Davis?

TENNIS Les quatre principaux prétendants à une place en simple pour la finale de la Coupe Davis étaient sur le court, mercredi à Bercy...

Nicolas Camus

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Mais de quoi ils me causent ?
Mais de quoi ils me causent ? — Montage 20 Minutes / SIPA
  • Tsonga, Pouille, Gasquet et Mannarino ont joué mercredi au Masters 1000 de Bercy.
  • Ils sont les quatre principaux prétendants à une place en simple pour la finale de la Coupe Davis, dans trois semaines.
  • L'échéance est dans toutes les têtes, d'autant que Noah et son staff sont présents en tribunes.

Sympa, cet entraînement pour la finale de la Coupe Davis ouvert au public, mercredi. Devant les quelques spectateurs de l’AccorHotel Arena de Bercy - oh, à peine 14.000 -, Lucas Pouille, Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet et Adrian Mannarino se sont ébroués sur le court central, pratiquement les uns après les autres (qui est ce Nadal qui s’est permis de squatter la place pendant presque deux heures en début d’aprem ?). Il paraît que ça comptait pour un Masters 1000… une broutille, à trois semaines de la finale France-Belgique (24-26 novembre à Lille). On plaisante bien sûr, mais en attendant de voir si un Français se trouverait en position d’inscrire une belle ligne à son palmarès en fin de semaine, l’échéance lilloise occupe l’esprit de tout le monde.

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Mardi, le capitaine Yannick Noah, accompagné de son adjoint Cédric Pioline et de l’entraîneur Loïc Courteau, a parlé à tous les joueurs tricolores pour leur dire de se sentir concernés jusqu’au bout. Ils étaient encore là mercredi, attentifs à tout depuis les tribunes. Encore un peu tôt pour avoir leurs impressions, les trois hommes préfèrent laisser le tournoi avancer un peu. La parole est pour l’instant aux joueurs. Ils y pensent tous, mais pas de la même manière. On fait le tour des candidatures pour les simples.

Le candidat « ah bon, Noah était là ? » >> Lucas Pouille

Gilbert Pouille.
Gilbert Pouille. - CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Son attitude sur le court. Rien à dire, le Nordiste pète la forme. Enfin, depuis dix jours. « Avant, on disait bien le contraire », rappelle-t-il. Vainqueur à Vienne dimanche, il a sorti Feliciano Lopez sans sourciller (6-3, 6-4). Impressionnant au service, notamment, il s’est également bien amusé sur les montées au filet de l’Espagnol. Bref, tout baigne. « Je ne sais pas si on peut parler de déclic, mais sur ce que je fais en ce moment, oui, je suis content », dit la Pouille.

Son approche de la finale. Moins il en dira, mieux il se sentira. « Est-ce que j’y pense ? Si je dis non, je vais vous mentir. C’est forcément dans un coin de ma tête », admet le Nordiste. Mais à l’écouter, on est loin de l’obsession. Il promet même qu’il ne savait pas que Noah était dans la salle mercredi. « Je ne l’ai pas vu, je regarde uniquement vers mon box pendant un match. Mais si vous le dites, c’est qu’il était là apparemment ». Ok Lucas, on va dire qu’on te croit. « Mais c’est tant mieux s’il est là, embraye-t-il. Il voit ce qu’on fait et ça lui donne des informations. C’est très bien. » Surtout quand on gagne de cette manière.

Probabilité de participation au doigt mouillé : 75 % (à condition de bien dire bonjour à tout le monde)

Le candidat « je fais les montagnes russes mais je m’inquiète pas » >> Jo-Wilfried Tsonga

Genre ce qui lui est arrivé face à Julien Benneteau quoi.
Genre ce qui lui est arrivé face à Julien Benneteau quoi. - Montage 20 Minutes / AFP

Son attitude sur le court. On était tranquillement en train d’imaginer le scénario qui permettrait à Jo d’espérer participer au Masters de fin d’année à Londres quand en levant la tête vers le court, la surprise. Le Manceau, après un premier set remporté haut la main, a succombé aux coups de papy Bennet’(2-6, 7-6, 6-2). La tuile, alors qu’il venait de faire finale à Vienne et qu’il se disait débarrassé de tous ses pépins physiques. « J’ai ressenti un coup de mou avant même d’entrer sur le terrain. Dommage, parce que dès demain ça aurait été mieux je pense », estime-t-il. Les dernières semaines ont quand même montré du mieux, globalement.

Son approche de la finale. « Don’t worry, be happy », Jo McFerrin se remettra de cette défaite. « Il n’y a rien d’inquiétant, la confiance est là. Je vais prendre quelques jours pour récupérer, et puis me mettre un bon taquet physique pour me refaire une caisse et arriver au top… si je suis dans l’équipe, hein, il n’y a rien d’annoncé ! » Bonne vanne du patron. Son inquiétude ? « Il ne va pas falloir se mettre dedans trop tôt ».

Probabilité de participation au doigt mouillé : 90 % (sauf blessure quoi)

Le candidat « c’est pour qui les cafés ? » >> Richard Gasquet

Pas eu le temps de lui mettre un noeud pap, mais le coeur y est.
Pas eu le temps de lui mettre un noeud pap, mais le coeur y est. - Montage 20 Minutes / SIPA

Son attitude sur le court. Le dos, l’appendicite, les cuisses… Richard a encore joué à Docteur Maboul cette saison, mais il revient en forme au bon moment. Avant sa défaite dans le combat d’esthètes du revers à une main contre Grigor Dimitrov dans la soirée, il a retrouvé des sensations lors de la tournée asiatique avant de signer sa meilleure perf’de la saison en battant Dominic Thiem, 6e à l’ATP. Pas mal. « Physiquement et techniquement, je suis content de mon niveau. Il y a deux ans, j’étais 10e mondial et je ne jouais pas forcément mieux », juge-t-il avec son petit air qui nous avait manqué.

Son approche de la finale. Le principal argument de Gasquet, c’est son cœur gros comme ça quand on parle des Bleus. Même pas besoin d’être pris en troisième homme, pour se faire une petite place dans le groupe, il est prêt à rendre bien des services. « C’est l’objectif depuis 2005 ou 2006, alors vous imaginez bien qu’on a à cœur de gagner. Je serai à 100 % si je dois jouer cette finale, a-t-il promis en début de semaine. Le cas échéant, je peux jouer le simple, le double, même porter les serviettes si nécessaire. » Et hop là, un café l’addition. Si ça c’est pas de la dévotion. Le Biterrois est dans l’esprit, et ça comptera.

Probabilité de participation au doigt mouillé : 40 % (mais à 100 % dans les tribunes)

Le candidat « c’est vrai vous êtes sûr qu’on pense à moi ? » >> Adrian Mannarino

«Mais de quoi ils me causent ?»
«Mais de quoi ils me causent ?» - Montage 20 Minutes / SIPA

Son attitude sur le court : Le saviez-vous ? Mannarino, 28e joueur mondial, est le numéro 3 français actuel. Et oui. Finaliste à Antalya puis Tokyo, demi-finaliste à Moscou, il a enchaîné les belles performances cet été, battant au passage des joueurs comme Cilic, Raonic ou Querrey. Ce n’est pas sa deuxième défaite en trois semaines contre Goffin, tard mercredi soir, qui y changera quelque chose : il est le Français le plus régulier depuis trois mois.

Son approche de la finale : Parlez à Mannarino de l’échéance lillois, il vous regardera avec de grands yeux. Il sait qu’il part de loin, et puis il ne sent pas légitime pour un sou. « Il y a de meilleurs joueurs que moi, qui jouent bien en ce moment, et qui ont l’expérience de la Coupe. Je ne suis pas le choix qui vient à l’esprit en premier ». Voilà qui ne transpire pas la confiance en soi, même si on aime quand les gens disent les choses comme ils les pensent.

Allez on retente, juste au cas où. « Un match de Coupe Davis, c’est différent. Tous ceux qui y ont participé disent que c’est une autre ambiance, une sensation unique, une énorme pression à gérer. Je n’ai jamais eu la chance d’en jouer pour l’instant, donc ça ne fait pas mes affaires ». Si quelqu’un a le numéro d’un expert en lobbying

Probabilité de participation au doigt mouillé : 10 % (il s’est enlevé 5 points lui-même)