Roland-Garros: Joueurs mal élevés, président envahissant, ça y est, on tient les premières polémiques du tournoi

TENNIS Il a quand même fallu attendre trois jours…

J.L.

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Maxime Hamou, le 27 mai 2017 à Roland-Garros.
Maxime Hamou, le 27 mai 2017 à Roland-Garros. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA
  • Deux jeunes joueurs français se sont illustrés...pas forcément dans le bon sens !
  • Le comportement du nouveau président de la FFT n'est pas des plus distingués

De notre envoyé spécial,

On allait écrire que notre âme noire de hater invétéré était bien en peine. Trois jours de jeu et pas une seule complainte, à la différence des années précédentes. En 2015, les joueurs avaient rué dans les brancards parce qu’un môme était venu quémander un autographe d’un peu trop près à Federer. En 2016, la pluie et l’absence de toit faisaient causer le chaland. En 2017 ? Rien à signaler jusqu’à ce que la relève du tennis français ne se mette à faire à faire n’importe quoi, entre autres. C’est le début du 2e tour, et on peut enfin jouer les langues de vipère. Ouf !

Des jeunots qui font n’importe quoi

Deux jeunes espoirs français plus si jeunes que ça, deux attitudes répréhensibles à des degrés divers, mais un seul perdant. Le tennis tricolore dans son ensemble, déjà pas bien vaillant si l’on s’arrête aux résultats du premier tour.

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On commence par le cas le plus grave, celui de Maxime Hamou. 21 piges et que du bien à en dire jusque très récemment. Sortir des qualifs chez les hommes, ça n’arrive pas tous les jours. Sauf que c’est là que tout a commencé à dérailler. Demandez aux radios, qui essaient de faire un son avec lui après son élimination logique au premier tour contre Cuevas, alors que le gars bouffe ses chips en faisant le plus de bruit possible. Demandez à la journaliste d’Eurosport qui s’est fait peloter comme une vulgaire potiche de TPMP mardi dans une scène qui a choqué beaucoup de monde.

« C’était très désagréable et si ça n’avait pas été en direct, je lui aurais collé une droite », dit-elle dans le HuffPost. Son entraîneur Martin Vaisse a tenté de calmer le jeu un peu plus tard dans l’après-midi, sur lequipe.fr : « C’est vrai qu’il a fait preuve de maladresse et d’un manque de maturité hors du court. On ne doit pas faire ce genre de choses, mais à son âge et comme il n’est pas habitué à être exposé médiatiquement, il a été un peu livré à lui-même ». Et l'intéressé a fini par présenter ses excuses

Au tour de Lokoli. Rien à dire sur la défaite. Le Français s’est battu comme un lion, exactement comme en 2014 quand, sorti des qualifs, il avait pris deux sets d’avance contre Johnson. Par contre, refuser de serrer la main à Klizan parce que le gars l’a un peu baladé en feignant la blessure, comme on l’a déjà vu cent fois, on a du mal à saisir, comme sa longue tirade sur les valeurs et le respect. Faites-vous votre avis en lisant le papier qui suit.

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Un président un peu trop présent

Moment de gêne intense lundi sur le court Suzanne-Lenglen, quand Bernard Giudicelli, le tout nouveau président de la FFT, s’est offert un one man show de dix minutes avant le Paire-Nadal pour s’adresser aux présidents de club invités pour la journée sur l’air de « avant moi c’était les Néandertaliens » : « Nous travaillons depuis cent jours pour revenir aux sources du tennis français [..] Nous ne sommes plus dans les promesses, nous sommes dans l’action et j’ai besoin de vous pour faire bouger les lignes ».

Au moins, cette fois-ci, Guy Forget, qui est quand même le directeur du tournoi, a eu le droit de venir pour la photo. Pas comme dimanche, quand son président l’a entièrement zappépour parler de l’avancement des travaux à sa place au bar de la presse. Et l’on ne vous parle pas de ses Facebook live quotidiens pour faire le point sur la pluie et le beau temps, qui ne sont pas sans rappeler les feu « allo presidente » d’Hugo Chavez. Vous trouvez qu’on en fait trop ?  Allez donc lire la double page sur le bonhomme dans l’Equipe de mardi, vous verrez. « Je pense qu’il outrepasse ses fonctions et qu’il cherche à tout contrôler », ose se mouiller Mahut.

Une suractivité qu’il faut évidemment comparer à l’inutilité de son prédécesseur Jean Gachassin, quasiment placé sous tutelle à la fin de son mandat. Mais en off, certains soutiens regrettent déjà amèrement d’avoir soutenu le Corse dans la course à la présidence, déplorant en premier lieu son attitude à géométrie variable dans la gestion des états d’âme en équipe nationale. Fort avec les faibles (Garcia), faible avec les forts (Tsonga).

Une organisation qui traite mal ses vieux

Cela a commencé par l’outrage fait à PHM, obligé de passer par les qualifications « car il ne représentait pas l’avenir » dixit le président de la FFT, qui se félicitait du même coup d’avoir vendu tous les billets pour l’épreuve, en petit boutiquier du dimanche. Passons. L’organisation du tournoi aurait pu être magnanime et offrir à Paulo un grand court pour ses vrais adieux contre Goffin, plutôt qu’une sortie dans l’indifférence sur le 1. Et même là,il y avait moyen de rattraper le coup en préparant en secret une petite cérémonie d’hommage, comme pour Arnaud Clément à l’époque.

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Certes, PHM nous a expliqué être allé demander à Guy Forget « de ne rien prévoir du tout parce qu’il voulait faire ça dans la discrétion », mais il ne fallait pas forcément le prendre au mot. Quand votre maman vous dit « mais non, mon (a) chéri(e) pas la peine de m’envoyer des fleurs pour la fête des mères », vous comprenez bien qu’il faut faire exactement le contraire. Dans le même genre, on aurait bien aimé demander à David Ferrer, peut-être le meilleur joueur de la dernière décennie à Paris derrière Nadal, ce que ça lui avait inspiré de devoir ferrailler sur le 17 lundi soir.