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Roland-Garros: Les stars ont-elles tous les droits dans les tournois ?

Roland-Garros: Les stars ont-elles tous les droits dans les tournois ?

TENNISC'est en tout cas l'impression que ça donne...
A Roland-Garros, Nicolas Camus

A Roland-Garros, Nicolas Camus

Pour manier l’euphémisme, on qualifiera ce début de Roland-Garros de pas particulièrement haletant. Sur les courts, les exploits sont rares, les matchs au couteau en cinq sets à la tombée de la nuit aussi, et on attend toujours le premier renversement de situation improbable, celui du genre à rester scotché devant l’écran sans même penser à finir ce qu’on avait commencé.

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Heureusement, les grands pontes du circuit mondial sont là pour animer les coulisses. Federer n’a pas aimé qu’un gamin l’approche sur le court ? Le directeur du Tournoi convoque illico la presse pour éteindre l’incendie. Wawrinka juge qu’un article sur lui paru sur le site officiel est « un torchon » ? L’auteur est viré sur le champ. Quant à Nadal, il explique tranquillement qu’il a obtenu le droit de ne plus être arbitré par le Brésilien Carlos Bernardes, dont l’attitude lui avait déplu lors d’un tournoi précédent.



Ces trois faits donnent l’impression, de l’extérieur, que les seigneurs du tennis peuvent tout se permettre. Et bien… c’est vrai. Même si dans le détail, ce n’est pas aussi simple que ça. Disons que les organisateurs ont tout intérêt à écouter la moindre remarque des top joueurs et à accéder à leurs demandes. L’image d’un tournoi et le prix de vente de ses droits télé dépendent de la présence des meilleurs.

Du coup, pour être sûr qu’ils soient fidèles, il faut toujours aller dans le sens du poil. « Je me souviens d’une fois où je jouais sur le Central contre Serena Williams. Il commençait à faire nuit, je ne voyais plus grand-chose. J’ai demandé à arrêter le match, l’arbitre s’est tourné vers l’Américaine, qui n’était pas d’accord. Alors on a continué », confie une ancienne joueuse française, qui n’a jamais fait partie du top 20 mondial.

Mais en fait, ça ne choque personne

Les anecdotes dans cette veine fourmillent. Il y a quelques années, les organisateurs du Masters 1000 de Bercy avaient du mal à convaincre le Big Four (Nadal, Djokovic, Federer, Murray) de venir. Ils ont décidé de poser un court dans l’enceinte de Roland et de le faire essayer aux quatre fantastiques, afin que ces derniers indiquent la taille et la surface qui leur convenaient. Depuis, le Serbe est double tenant du titre. Les Anglais aussi font les choses bien. Les vestiaires de Wimbledon sont séparés en trois, avec une partie réservée aux têtes de séries. « Et c’est du 5 étoiles, avec coiffeuses, brodeuses et tout. On vous fait bien sentir que vous ne jouez pas dans la même cour », raconte l’ex-tenniswoman. Qui précise que tout cela ne la « choque pas ».



D’une manière générale, difficile de trouver quelqu’un pour qui ce n’est pas le cas dans le milieu. « Si un matin, Roger ne se sent pas très bien et préfère jouer plus tard que prévu, les organisateurs accepteront car ils ne veulent pas qu’il perde. Quand tu es au top, tu bénéficies d’avantages. C’est dans la logique des choses », a dit un jour Jo-Wilfried Tsonga à GQ. Ce même Tsonga à qui les organisateurs ont demandé à quelle heure il préférait jouer en quart et en demi-finale, il y a deux ans.

Le plus drôle dans l’histoire, c’est peut-être la façon dont les principaux intéressés en parlent. « C’est sûr, ce serait très difficile si tout le monde choisissait ses arbitres, reconnaît « sa Majesté Rodgeur ». Je pense que chacun doit être traité de la même manière. » Il est bien le seul, finalement.