XV de France : « Maintenant c’est ceinture et bretelles », lancent Blanquer et Maracineanu après la réunion avec Laporte

RUGBY Les deux ministres avaient rendez-vous vendredi matin avec le patron de la FFR pour évoquer le cluster de Marcoussis et prendre de nouvelles mesures

Aymeric Le Gall

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Bernard Laporte, Roxana Maracineanu et Jean-Michel Blanquer sur les marches du ministère de l'Education nationale.
Bernard Laporte, Roxana Maracineanu et Jean-Michel Blanquer sur les marches du ministère de l'Education nationale. — FRANCK FIFE / AFP
  • La FFR a livré les conclusions de son rapport d’enquête interne censé faire la lumière sur les responsabilités de la FFR dans l’affaire du cluster de Marcoussis.
  • Bernard Laporte était invité à venir échanger sur le sujet avec les ministres Jean-Michel Blanquer et Roxana Maracineanu vendredi matin.
  • Si aucune règle n’a officiellement été enfreinte, de nouvelles mesures ont tout de même été annoncées pour renforcer le protocole sanitaire.

Il s’agissait de ne pas arriver en retard, voire d’arriver bien en avance, vendredi matin au ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, pour assister au point presse du trio Maracineanu-Blanquer-Laporte après la remise des conclusions du rapport d’enquête menée par la FFR au sujet du clustergate de Marcoussis. Alors que le rendez-vous avec la presse était fixé à 9 heures, à 8h50 tout était plié, et tant pis pour notre confrère laissé en plan au beau milieu de la cour du ministère avec sa question « Avez-vous eu accès au bilan des entrées et des sorties de la bulle pour les membres du groupe France ? ». Comme si les trois compères n’avaient qu’une envie, celle de vite passer à autre chose après deux semaines de foutoir médiatique et de communication contradictoire au sujet de la bulle sanitaire, du patient zéro et de la dégustation de gaufre à Rome.

Jean-Michel Blanquer a pris la parole pour expliquer que « concrètement, le protocole sanitaire a été respecté » par l’ensemble de l’équipe de France, et ce malgré les nombreuses escapades du sélectionneur, des joueurs et du président hors de la bulle en marge du match contre l’Italie début février. « Il y a un rapport qui notifie bien que le virus est rentré par un joueur [de rugby] à VII. Le pauvre n’y est pour rien, il n’est pas question de le condamner », a de son côté annoncé, grand prince, Bernard Laporte.

Un cadre d’Etat va veiller aux grains

La ministre en charge des sports a ensuite « souhaité confirmer l’importance accordée à la santé des joueurs et l’importance d’améliorer leur notion de responsabilité individuelle par rapport à eux-mêmes car c’est leur outil de travail. » Sous un vernis de surface, Roxana Maracineanu arrive donc quand même subtilement à mettre en garde les acquittés du jour : « Il y a aussi la notion de responsabilité collective par rapport à cette crise sanitaire. Ce sont des professionnels, ils doivent se comporter comme tel. » Personne n’a fauté donc, mais on sonne quand même la fin de la récré.

Si les mots sont mesurés, l’ambiance décontractée et les visages plutôt souriants, les décisions prises à l’issue de cette réunion montrent tout de même qu’on est loin du « circulez, y’a rien à voir ». Non, « on n’est jamais trop vigilant », avance Blanquer. « C’est vrai que le risque zéro n’existe pas, mais on doit faire attention à ce qui se passe dans la vie quotidienne. C’est important dans le sport de haut niveau d’avoir des personnes qui veillent à cela, poursuit-il. La Fédération s’est déjà dotée de médecins de très haut niveau pour cela. Maintenant, on a Raphaël Ibañez [le manager général du XV de France] qui va s’y consacrer, plus un cadre d’Etat désigné par le directeur technique national. Donc si j’ose dire, c’est ceinture et bretelles. On essaye de vraiment sécuriser au maximum la suite. »

Maintenant, place au jeu

Serait-ce une manière, même sans le citer nommément, de mettre gentiment de côté le docteur Serge Simon, aka M. Covid du XV de France, dont l’image a pris un sévère coup dans les carreaux ces dernières semaines ? Il doit y avoir un peu de ça. Pour ce qui est du « cadre d’Etat qui viendra aider pour le reste de la compétition », dixit Maracineanu, on peut voir cela comme un flicage qui ne dit pas son nom. Si l’on résume, aucune faute n’a été imputée à la Fédération française de rugby quand toutes les mesures annoncées hurlent le contraire.

Mais pouvait-il en être autrement ? Le scénario d’un règlement de compte version OK Corral dans le saloon du ministère, devant un parterre de caméras, n’aurait pas été de nature à faire retomber le soufflé. Or, comme l’a dit Roxana Maracineanu, « il va falloir que tout le monde retrouve confiance et que l’on puisse se préparer du mieux possible pour les trois matchs à venir. » C’est vrai qu’on en aurait presque oublié qu’il y avait un Tournoi des VI Nations à aller gagner.