Coronavirus : « On ne se contamine pas au stade », selon le professeur Eric Caumes, qui milite pour l’instauration de jauges

EPIDEMIE Le chef de service des maladies infectieuses de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière répète que ce n’est pas dans les stades, en extérieur, que le virus se propage

A.L.G.

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Le gouvernement planche sur la possibilité d'un retour progressif du public dans les stades.
Le gouvernement planche sur la possibilité d'un retour progressif du public dans les stades. — Denis Charlet / AFP

Invité par France TV à donner son point de vue sur le « Clustergate » de Marcoussis au rugby, le Professeur Eric Caumes, qui a d’ailleurs participé à l’élaboration du rapport d’enquête commandée par le ministère des Sports, en a profité pour répondre à une question sur le retour des publics dans les stades​. Alors qu’une réunion est prévue à l’Elysée à ce sujet mercredi, le chef de service des maladies infectieuses de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière s’est montré catégorique : pour lui, il faut absolument rouvrir les stades au public avec l’instauration de jauges et un protocole sanitaire strict.

« Je le dis depuis plusieurs mois : les gens devraient retourner dans les stades. On ne se contamine pas au stade, en extérieur, mais au bistrot en face du stade si je puis dire. C’est en lieu clos que les contaminations ont lieu. Le seul facteur de risque dans un stade, ce sont les toilettes. Mais avec une jauge, on pourrait très bien remplir le Stade de France avec 20 ou 25.000 personnes, le Parc des Princes avec 10.000, 2.500 dans chaque tribune. Les gens seraient à plusieurs mètres les uns les autres. Les familles auraient plus de risques de se contaminer entre eux, plutôt que d’aller au stade. »

Le « pass sanitaire » comme recette miracle ?

Pour Eric Caumes, le problème vient du fait que « ce sont des décisions politiques, pas sanitaires. Même les gens n’y comprennent plus rien. Et comme l’Etat n’en a rien à faire des avis du Conseil scientifique, on n’est pas sorti des ronces… ». De son côté, Emmanuel Macron avait évoqué la semaine dernière la mise en place en France d’un « pass sanitaire » afin de rouvrir certains lieux sans conditionner leur accès à la vaccination, en considérant que ce « sujet important » qui « va poser beaucoup de questions techniques, de respect des données individuelles, d’organisation de nos libertés », doit être « préparé dès maintenant, techniquement, politiquement et juridiquement ».