VI Nations : Après la déroute à Murrayfield contre l'Ecosse, a-t-on vu le XV de France trop beau, trop vite ?

RUGBY Battu en Ecosse, le XV de France a affiché un visage diamétralement opposé à ce qu’on avait vu de lui depuis le début du tournoi des VI Nations

A.L.G.

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Battu en Ecosse, le XV de France a dit adieux aux rêves de grand chelem.
Battu en Ecosse, le XV de France a dit adieux aux rêves de grand chelem. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Ça valait bien la peine d’avoir sorti la brosse à reluire pour louer les débuts de matchs canons du XV de France, tiens… Impeccable dans les entames depuis le début des VI Nations, le XV de France a fait l’exact opposé dimanche à Murrayfield avec, à la clé, une sévère défaite (28-17) contre l’Ecosse qui prive les Bleus du grand chelem et peut-être même de la première place du tournoi.

D’où cette question : faut-il redescendre sur terre après avoir cru depuis l’arrivée de Fabien Galthié aux manettes que le XV de France allait tout écraser sur son passage ? Poser la question, c’est déjà y répondre… Même s’il ne faut pas non plus tomber en dépression, des matchs avec autant de couacs et de coups du sort, il n’y en aura pas tous les week-ends.

Un début de match cataclysmique

La marque de fabrique de cette nouvelle équipe de France a donc volé en éclats dimanche. Ce n’est pas compliqué, rien n’a fonctionné comme prévu face à des Ecossais bien décidés à ne pas laisser les Français dérouler leur jeu d’entrée de partie. Les choses avaient d’ailleurs mal commencé avec la blessure de Camille Chat dès l’échauffement, remplacé sur le banc par le jeune toulousain Peato Mauvaka.

Puis les emmerdes ont volé en escadrille avec, dans l’ordre, le carton jaune de François Cros (5e), la sortie définitive de Romain Ntamack après un protocole commotion non concluant (8e), et, surtout, le rouge d’Haouas après un gros coup de poing dans la truffe de Ritchie (37e).

Charles Ollivon refusait de parler de malchance au micro de France Télé juste après la rencontre. « Je n’y crois pas. Il nous a manqué pas mal de choses… C’est difficile de débriefer à chaud. J’ai déjà envie de penser à la suite », a-t-il expédié avant de filer aux vestiaires. Manque de pot ou bêtise, à l'arrivée ces infériorités numériques ont pesé lourd sur le score final.

« On a joué quasiment plus de 55 minutes à 14, à ce niveau-là, même avec la meilleure des volontés ce n’est pas facile, concédait Fabien Galthié après le match. Et puis on a pris deux essais en toute fin de première mi-temps et en tout début de deuxième sur le même scénario. On aurait pu facilement éviter ça parce que sur ce type d’action on doit simplement défendre ensemble mais on n’a pas réussi à être cohérent sur ces temps faibles. »

Première défaite sous l’ère Galthié

Cette défaite synonyme d’adieux au grand chelem est venue rappeler à ce groupe « encore en construction », dixit le sélectionneur, que la route vers les sommets est encore longue et que les enflammades du début de l’ère Galthié doivent être tempérées. « Nous allons apprendre de cette défaite. Nous sommes un groupe en construction et nous allons rester unis. On va assumer et puis on va travailler», promet Ollivon en pensant déjà au prochain match contre l’Irlande, samedi soir au Stade de France.

« On a un joli défi à relever », conclut Galthié, qui refuse de tirer des conclusions hâtives après cette première défaite depuis sa nomination. On va donc en faire autant. Après tout, cette équipe est encore en course pour remporter le tournoi même si l’affaire s’annonce désormais beaucoup plus coton que prévu, l’Angleterre ayant désormais une meilleure différence de points au classement (+15 contre +13).