Saracens : Coentreprise, droits d'image et immo... Voici les filouteries des Sarries pour contourner le « salary cap »

RUGBY Le média anglais « Sky News » s'est procuré un rapport détaillé mettant en lumière les pratiques détournées des Saracens pour rémunérer ses stars

Aymeric Le Gall

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Les Saracens ont usé de différentes ficelles pour contourner la règle du salary cap.
Les Saracens ont usé de différentes ficelles pour contourner la règle du salary cap. — Glyn KIRK / AFP

C’est l’heure du grand déballage dans le rugby​ anglais. Lourdement sanctionnés (6,2 millions d’euros d’amende et relégation administrative en deuxième division anglaise) pour avoir dépassé le plafond du salary cap lors des trois dernières saisons, les Saracens n’ont eu d’autres choix que d’ouvrir leurs cahiers de compte à une commission disciplinaire.

Sky News s’est procuré le rapport détaillé de 103 pages qui met à jour les filouteries ayant permis au club anglais de contourner les règles du salary cap et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ancien président Nigel Wray avait de la suite dans les idées quand il s’est agi de payer de manière détournée les stars de son équipe. Petit florilège des magouilles présidentielles.

  • Ma petite entreprise, qui ne connaît pas la crise

Pour compenser des rémunérations moins flamboyantes que ne le laisse croire leur niveau, Nigel Wray a investi 1,5 million d’euros dans des entreprises co-créées avec les internationaux Billy et Mako Vunipola, Maro Itoje, Chris Ashton, Richard Wigglesworth.

  • Le foncier, y’a que ça de vrai

Visiblement très soucieux du bien-être et du patrimoine de ses protégés, Nigel Wray aurait également participé à l’achat des résidences de Chris Ashton et des frères Vunipola. Ashton aurait payé 80 % des 1,65 million d’euros que valait sa maison, laissant le président s’acquitter des 20 % restant. Concernant les frangins Vuni, la maison en question a été achetée par une société répondant au nom de Vunprop (pour Vunipola property) et financée à 66 % par les deux internationaux anglais et 33 % par un prêt sans intérêt du président Wray.

  • Itoje, hospitalité et droits d’image

Pour rémunérer Mario Itoje, les Saracens ont multiplié les entourloupes. Le joueur aurait tout d’abord perçu près de 120.000 euros sur trois ans de la part d’une société en charge des hospitalités du stade des Saracens. Société dirigée par, tadam, Lucy Wray, la fille du boss des Sarries ! Les enquêteurs n’ont pourtant trouvé aucune preuve de la présence du joueur lors de quelconques événements liés à l’hospitalité à l’Allianz Park de Londres. Pour ceux-ci, il ne fait aucun doute que ces sommes correspondent à un avantage salarial et non un avantage commercial.

Ultime pirouette, les droits d’image d’Itodje. Nigel Wray et deux autres administrateurs ont acheté des actions dans la société de droits d’image du deuxième ligne anglais. Après étude d’un cabinet comptable indépendant, il s’est avéré que ceux-ci auraient largement surévalué le montant des actions, payant 1,9 million d’euros (pour 30 % des droits d’image) ce qui n’en valait qu’à peine la moitié.

Neil Golding, le nouveau président des Sarries après la démission de Nigel Wray le 2 janvier, aura tout le loisir de se pencher sur les méthodes de son prédécesseur afin de ne pas les reproduire à l’avenir. Son but, repartir de deuxième division afin de « pouvoir tirer un trait sur les erreurs commises par les Saracens. »