Roland-Garros: Surprise, mécontentement, «bizarre»... La délocalisation des demies dames n'a pas plu à tout le monde

TENNIS Amélie Mauresmo a notamment fait part de son indignation

William Pereira

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Pas grand-monde sur le Simonne-Mathieu pour assister à Konta-Vondrousova vendredi
Pas grand-monde sur le Simonne-Mathieu pour assister à Konta-Vondrousova vendredi — Jean-Francois Badias/AP/SIPA

De notre envoyé à Roland-Garros,

La journée de pluie mercredi promettait de foutre un bazar monstre dans le programme de cette fin de quinzaine à Roland-Garros et ça n’a pas manqué. L’organisation du tournoi a décidé de faire jouer les demies dames en même temps à 11h. Anisimova-Barty s’est joué sur le Lenglen et Konta-Vondrousova sur le Simonne-Mathieu. Autrement dit sur le deuxième et troisième courts du stade, là où, d’habitude, on joue la demie sur le Central, comme tout le monde.

Le boss du tournoi Guy Forget avait coupé l’herbe sous les pieds des éventuels détracteurs en milieu de semaine en parlant du Simonne-Mathieu comme de « l’un des plus beaux courts du monde », et qu’il n’y avait aucune honte à y jouer une demie de Grand Chelem. Mais ça n’a pas empêché Amélie Mauresmo de monter au créneau jeudi soir après l'annonce du programme du lendemain. Pour elle, c’est ni plus ni moins… qu’une « honte ».

L’équation du vendredi était complexe : il fallait à la fois passer entre les gouttes, faire en sorte que les matchs se terminent avant la nuit, s’assurer que les finalistes dames du samedi aient un temps de récupération à peu près équivalent et faire jouer le Nadal-Federer sur le Central. La réponse de l’organisation a donc été la suivante :

  • Commencer la journée à 11h pour les dames et 12h50 pour les hommes.
  • Délocaliser les demies dames pour être sûrs de pouvoir commencer le Fedal à l’heure
  • Jouer le match restant, Djokovic-Thiem, sur le Central


Mauresmo n’est pas la seule à s’être indignée de la situation. Marketa Vondrousova dit s’être entretenue avec des officiels de la WTA « pas heureux » de lui annoncer qu’elle jouerait à 11h à l’autre bout de Roland. Chez les joueurs, c’est mitigé. « Étrange », dira Vondrousova, alors que Johanna Konta évoque « un sentiment de surprise plus qu’autre chose. Mais après, je me suis dit que j’avais un job à faire. » Seule Ashleigh Barty n’en avait rien à cirer, au bout du compte.

« Bien sûr que le Chatrier est un super court, mais je suis programmée là où je suis programmée. Je joue où je dois jouer. C’est une opportunité de jouer une demi-finale de Grand Chelem, je ne m’en plaindrai pas du tout. »

Celui qui en parlera le plus, finalement, c’est Roger Federer après sa demie contre Nadal. « Je comprends [le mécontentement de la WTA​]. Vous faites tout ce chemin pour arriver en demies et on vous met sur le troisième plus grand court à 11h. C’est dur. »

Le Suisse croit que cet embouteillage aurait pu éviter en ajustant le programme en première semaine. Explications :

« Le problème est que nous n’avons pas de toit ici, et je pense, peut-être qu’il n’y a pas assez de tours qui sont joués en première semaine. Peut-être qu’ils ont besoin de « doubler » le premier week-end ou quelque chose. Je ne sais pas. Si vous commencez le dimanche, peut-être qu’il faut aller encore plus vite sur les matchs. Je ne sais pas comment ça marche alors, mais je pense que c’est le problème à l’origine. »

Ironie du sort, le programme concocté par l’organisation de Roland-Garros n’a pas suffi à éviter le report de la fin de Djokovic-Thiem au samedi. Mais a priori, cette fois, les dames joueront sur le Central.