Roland-Garros: Caroline Garcia dernière Frenchie en lice... Ok, mais ça change quoi?

TENNIS Caroline Garcia est la dernière chance française à Roland-Garros. Pression. Ou pas...

William Pereira

— 

Caro Garcia ne meurt jamais. Enfin pas avant les autres Français
Caro Garcia ne meurt jamais. Enfin pas avant les autres Français — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

De notre envoyé à Roland-Garros,

Détendue et souriante, comme à la maison. Caroline Garcia vient de gagner son troisième match de la quinzaine à Roland-Garros et donne l’impression de ne pas trop ressentir la pression inhérente à une première semaine de grand-chelem. La force de l’habitude, sans doute. C’est la deuxième fois de l’année (sur deux) qu’elle atteint les huitièmes d’un tournoi majeur. « Caro, j’ai l’impression qu’elle commence à mieux gérer ces moments-là, elle a fait quarts l’an passé donc elle commence à s’habituer à arriver en fin de semaine dans des tournois du grand chelem », se réjouit l’ancien demi-finaliste à Roland, Sébastien Grosjean, croisé dans les couloirs du Central, dimanche.

Plus qu’une nouvelle habituée des deuxièmes semaines, Garcia est désormais la seule vaillante représentante de la France sur la terre battue de la Porte d’Auteuil, où elle affronte l'Allemande Kerber lundi. Kiki Mladenovic a disparu bien vite, et aucun gros nom tricolore n’a tenu son rang. Au grand jeu de Roland, la France n’a donc plus qu’une vie et elle est entre les mains d’une jeune femme de 24 ans, actuelle 7e et virtuelle 5e mondiale. Mais au fait, ça change quoi, d’être le dernier espoir du peuple français sur un grand chelem ?

La pression : les joueurs pas affectés par ce statut de dernier frenchie

A priori, pas grand-chose à en croire la petite moue enfantine et le soufflement de Caro quand on lui pose la question. « L’année dernière c’était le cas, même si Kristina avait perdu en quarts, j’ai joué un jour après, donc je finissais dernière française. Cela ne met pas plus de pression que ça d’être la dernière française. Un grand chelem c’est difficile pour tout le monde. Tout le monde veut aller loin. » Bref, ça ressemble fort à un énième faux-débat de journalistes et supporters. La réponse de Sébastien Grosjean nous conforte dans cette idée.

« On n’y pense pas on est concentré sur ce qu’on a à faire, on joue pas Roland-Garros par rapport aux autres joueurs français, on joue son tournoi en mettant toutes les chances possible de son côté. »

Les supporters : tous derrière Caro (enfin en principe)

Pas de gros point négatif, donc, dans cette histoire de dernier bleu en lice à Roland. Et surtout un avantage majeur, celui du public. Car si jouer à domicile est toujours positif, ça l’est encore plus quand le stade n’a plus que vous à encourager (les juniors et les doubles-mixtes à Roland c’est bien gentil pour le divertissement mais soyons sérieux, s’il vous plaît, ça ne compte pas).

« Généralement, ils [les supporters] s’y mettent tout seul, pas besoin de les chercher ! S’ils veulent s’emballer, tant mieux pour moi. Si à un moment donné je pense qu’ils peuvent plus donner, j’irai peut-être les chercher. Pour l’instant à chaque fois, ils se sont très bien manifestés », sourit Garcia, qui, selon un échantillon de quatre supporters (deux hommes, deux femmes) chopés au hasard aux quatre coins de Roland est « celle qu’on a le plus envie de supporter cette année » du côté des Français.

C’est pas l’impression qu’on a eue en les voyant partir du Lenglen samedi entre la fin du match de Monfils et le début du sien mais on va se fier au ressenti de Caroline Garcia. « Parfois, les premiers jeux, les gens sortent entre les deux matchs pour aller chercher quelque chose à boire et ils reviennent. Quand j’ai regardé le public à la fin, il y avait beaucoup de monde et j’étais contente. »

Les médias : l’œil de Sauron se braque

On le disait, le truc du dernier représentant de la patrie, c’est quand même avant tout un gros délire de journaliste français en ébullition, qui finit inéluctablement par déteindre sur les joueurs. Surtout à Roland-Garros. Sébastien Grosjean : « Il y a toujours plus de journalistes en salle de presse par rapport à tous les autres tournois du Grand Chelem parce qu’il y a des grands médias qui suivent pas le tennis tout au long de l’année donc on le sait, c’est comme ça. »

« Tu peux entendre des choses sur toi, bien ou mauvaises. Il faut réussir à rester concentrée parce que tu as plus de temps entre les matchs et tu as le temps de te perdre et de réfléchir », concède Caroline Garcia. Et ça s’intensifie au fur et à mesure que les journées s’égrainent. « En deuxième semaine, quand on lit les articles dans les journaux, c’est plus centré sur un joueur par rapport à la première semaine où c’est plus global, où ça se focalise sur tous les joueurs », enchaîne Grosjean. Sans doute parce qu’il y a rarement plus d’un Français ou d’une Française qui franchit le cap de la seconde moitié du tournoi. Mais ça, c’est un autre problème.