«C'est au niveau de Tsonga contre Olivo en 2017»... La Fédé Française de la Lose se satisfait de l'hécatombe du samedi

TENNIS Débrief matinal de la légendaire journée de lose du samedi à Roland-Garros...

Propos recueillis par William Pereira

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La FFL est fière de ses Français
La FFL est fière de ses Français — Dave Shopland/BPI/Shutt/SIPA

La première semaine de Roland-Garros est à peine terminée et voilà qu’il n’y a déjà plus de Français. On s’y attendait un peu mais ça fait mal. Ou du bien, question de perspective. Pour la Fédération Française de la Lose, par exemple, samedi était une journée d’anthologie : Pouille, Gasquet, Monfils et Pierre-Hugues Herbert sont tombés tour à tour sur la terre battue parisienne. Une journée d’anthologie dont se souviendra longtemps la FFL, pour qui le tournoi masculin 2018 est terminé. Interview.

C’était un samedi de rêve pour la France qui perd, rassurant après la victoire écrasante de l’équipe de France de foot contre l’Italie vendredi ?

Oui, d’ailleurs on a beaucoup de craintes concernant la sélection de football. Mais il faut savoir que si on gagne, on est quand même content. C’est juste qui si on perd, on l’est encore plus.

On s’attendait à perdre tous nos Français samedi, on les a tous perdus. La mission s’est passée comme prévu, non ?

Pas tout à fait, Pouille on ne s’y attendait pas trop contre… Je me souviens plus de son nom.

Khachanov…

Voilà, Khachanov. C’est typiquement le mec moyen contre qui tu te vois pas forcément perdre. Si tu perds, c’est contre Djokovic ou Nadal, pas Khachanov. Donc un peu surpris, oui. Monfils par contre, on s’attendait pas trop à ça. C’est plus une belle défaite pour lui que pour nous-même si le cinquième set c’était un peu n’importe quoi, il y avait plus du tout de cohérence. Je me demande si en tant que joueur tu préfères perdre comme ça en ayant touché la victoire du bout des doigts ou encaisser trois sets secs contre Nadal.

Les quatre balles de matchs manquées, c’est quand même très FFL, non ?

Oui et surtout, dès le moment où il y a 5-5, on aurait pu mettre notre PEL [Plan d’épargne-logement] sur la défaite au cinquième set. Bon, peut-être pas dès le 5-5 tout compte fait mais on sentait déjà à ce moment-là que ça avait tourné. Monfils n’avait plus d’énergie. Vendredi, il a vomi dans les chaussures de Llodra, il était malade depuis le début de la semaine… Et au bout du compte il fait un beau tournoi. On s’attendait presque à ce qu’il perde au premier tour contre un invité sur wild card.

Qu’est-ce qui manque à un David Goffin pour être français ?

Pas grand-chose malgré la victoire ! Il a quand même raté plusieurs fois des trucs assez simples. Je l’ai vu lâcher à plusieurs reprises, c’est encourageant. Il traîne beaucoup avec les Français, le travail paie. Quand tu vois qu’il part avec Tsonga, Pouille et compagnie après la finale de la Coupe Davis… Après on peut comprendre que Goffin préfère partir en vacances avec eux plutôt que Steve Darcis mais bon.

On n’a pas encore évoqué Richard Gasquet et sa 16e défaite historique contre Rafa Nadal…

Gasquet, c’est terrible. Il prend douze points d’affilée d’entrée de match, tu comprends tout de suite qu’il y aura zéro suspense. En plus t’as même plus Chamoulaud pour faire semblant d’y croire. Non, Gasquet c’est gênant, il y a même pas le côté frustrant, c’est juste une branlée. C’est comme Paire qui se prend Nadal au premier tour l’an passé. T’as pas envie de les accabler. Richard avait fait le taff sur les premiers tours, il a fait le tournoi qu’on attendait de lui.

Ce samedi de tennis, sur l’échelle d’Eder, ça représente quoi ?

On est pas mal… L’ensemble de l’œuvre, c’est du niveau de la défaite de Tsonga l’année dernière au premier tour contre Olivo. Eder, c’est encore plus haut parce qu’on était persuadés de gagner. Nous, on aime bien quand il y a trop d’optimisme, que la méthode Couet ne marche pas et qu’on tombe de notre piédestal. Si c’est trop optimiste, on vanne, si c’est trop médiatique, on vanne… En fait on vanne tout le temps, il y a très peu de portes de sortie pour nous.

Qu’est-ce qu’on fait maintenant qu’il n’y a plus de Français à Roland dans le tableau masculin ?

On va peut-être surveiller, voir si quelqu’un ne va pas battre Nadal mais on n’y croit pas trop. Depuis Soderling il s’est plus rien passé. Mais pour nous, dès le moment où il n’y a plus de Français, c’est fini. Après Pierre-Hugues Herbert, on est directement passé en mode Coupe du monde. C’est dommage pour Herbert d’ailleurs. Quelque part s’il était passé contre Isner, ça aurait été plus marrant pour nous et humiliant pour les joueurs de simple de se dire que notre meilleur joueur était un mec de double. D’autant plus qu’il est frappé par la malédiction des trois prénoms, comme PHM. Et puis il y a Caro Garcia. Mais Caroline, on sait de quoi elle est capable. On connaît ses forces, on sait jusqu’où elle peut aller et où elle peut s’arrêter. Il y a moins de surprise.