PSG-Atalanta : Paris s’offre une remontada et retourne en demies pour la première fois depuis 25 ans

FOOTBALL Le PSG s'est qualifié pour le dernier carré du Final 8 de la Ligue des champions

William Pereira

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Ligue des champions: On débriefe PSG-Atalanta — 20 Minutes

Pour ses 50 ans, le PSG a décidé de se faire très, très peur et de conjurer le sort. D’habitude victimes de ce genre de scénario, les hommes de Thomas Tuchel​ ont renversé l’Atalanta Bergame (2-1), virtuellement qualifiée pour les demies jusqu’à la 90e minute de jeu, pour filer droit en demi-finale de Ligue des champions, une première depuis 25 piges. Après avoir beaucoup vendangé à l’image de Neymar, Paris s’est libéré grâce à la hargne de Marquinhos et la magie de Choupo-Moting, héros improbable de cette première soirée lisboète. Le Final 8 est lancé.

Les occasions ratées de Neymar

Que c’est dur de juger le Brésilien sur ce match… Le problème quand on fait tout, tout seul, c’est qu’on est à la fois le facteur déterminant de son équipe et l’homme qui gâche les occasions. Sans le Ney, Paris ne se serait pas procuré un dixième de ses situations dangereuses et sûrement pas gagné ce match - il est impliqué sur les deux buts. Le numéro 10 a brisé des reins, glissé des petits ponts, des double-contacts et on en oublie sûrement en chemin. Mais il a aussi vendangé trois occasions nettes en première période, dont un face-à-face qu’il aurait remporté les yeux fermés en temps normal et qui aurait permis à Paris d’ouvrir le score. Et à ce niveau-là, rater ne pardonne pas. Demandez à Kimpembe : une intervention foirée (et malchanceuse) dans les pieds de Zapata s’est transformée en passe décisive pour Pasalic (26e). 1-0 dans la lulu de Navas.

Les trois milieux = Ghostbusters

On ne peut pas taper sur les doigts des deux loustics cités sans parler des réelles déceptions parisiennes, à savoir tout le monde sauf Navas et Neymar. Avant d’encaisser le but (et de sortir sur blessure), le gardien du PSG a sorti la partition qui a si souvent permis au Real Madrid de se tirer de bourbiers pas possibles. Mais le problème est toujours le même. S’en remettre à un ou deux joueurs dans un sport qui se joue à 11 n’est jamais une bonne idée.

Le milieu Marquinhos, Gueye, Herrera aligné par Tuchel a d’abord complètement sombré face au pressing de l’Atalanta, l’hyperactivité de Papu Gomez et les décrochages du surpuissant Zapata avant de se reprendre sous l’impulsion des remplaçants. On peut ajouter Mauro Icardi, Pablo Sarabia et Thilo Kehrer dans le lot des grosses déceptions, celles qui ont poussé le bloc parisien à jouer bien souvent trop bas jusqu’à l’entrée providentielle de Kylian Mbappé face à une Atalanta qui n’a même pas réalisé son meilleur match de l’année.

Mbappé le sauveur ? Non, Choupo-Moting !

Kylian Mbappé n’a eu besoin que d’une prise de balle et une accélération dont il a le secret pour faire oublier sa blessure à la cheville. Entré à l’heure de jeu, le Français a fait trembler la défense adverse par ses appels et ses percussions sur le couloir gauche qui ont fait baisser le bloc antagoniste de deux crans jusqu’au naufrage. Mais à la fin de l’histoire, le héros s’appelle Eric-Maxim Choupo-Moting. A l’origine de l’égalisation de Marquinhos à la 90e, l’attaquant camerounais est venu conclure une remontada aussi improbable que méritée au vu du nombre d’occasions que se sont procurés Neymar et Mbappé. Complètement dingo.

Première demi-finale de C1 depuis 1995

Oui, le contexte post-apocalyptique offre aux détracteurs du Paris Saint-Germain l’argument de la coupe en carton. Mais le club, qui fêtait ce soir ses 50 ans, a attendu trop longtemps (depuis 1995) de retourner en demi-finale de Ligue des champions pour ne pas savourer cette qualification. Nasser Al-Khelaïfi tient enfin son dernier carré et le tableau, ouvert, l’autorise même à rêver d’une finale dans ce même Estadio da Luz. Avant ça, il faudra donc battre soir Leipzig, soit contre l’Atlético, qui jouent jeudi. Et probablement sans Keylor Navas.