« Comme une arrivée olympique » pour Théo Curin, Malia Metella et Matthieu Witvoet, les trois héros du défi Titicaca

NAGE EXTREME Les trois athlètes ont réussi dimanche au Pérou leur incroyable challenge, en bouclant en plus de 10 jours les 108 km de traversée du lac Titicaca à la nage, le tout en tractant une embarcation de 450 kg

Jérémy Laugier
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Après plus de 10 jours de nage et trois tempêtes traversées, les trois amis sont parvenus à rejoindre Puno et la partie péruvienne du lac Titicaca.
Après plus de 10 jours de nage et trois tempêtes traversées, les trois amis sont parvenus à rejoindre Puno et la partie péruvienne du lac Titicaca. — A. Parant
  • 20 Minutes avait consacré un récent épisode « hors-terrain » à « l’exceptionnel » défi Titicaca pensé par Théo Curin : 108 km à la nage à 3.800 m d’altitude, le tout en tractant une embarcation de 450 kg.
  • Amputé des quatre membres, le nageur paralympique de 21 ans a réussi dimanche, en plus de 10 jours, cette folle aventure, entre le Pérou et la Bolivie, aux côtés de l’ex-nageuse pro Malia Metella et de l’éco-aventurier Matthieu Witvoet.
  • « Ce défi m’a mis face à certaines difficultés que je ne soupçonnais absolument pas », confie Théo Curin.

Le champagne les attendait à Puno (Pérou). Après plus de dix jours de nage dans des conditions météo très difficiles, Théo Curin, Malia Metella et Matthieu Witvoet ont eu droit dimanche à un accueil triomphal, au moment de boucler leur défi Titicaca. Lancé le 10 novembre depuis la baie de Copacabana (Bolivie), celui-ci était vertigineux : parcourir 108 km à la nage sur le redoutable lac Titicaca, situé à 3.800 m d’altitude, le tout en tractant une embarcation de 450 kg. A l’origine de ce projet fou et inédit, auquel 20 Minutes avait consacré un épisode de la rubrique hors-terrain, le jeune athlète paralympique Théo Curin est parvenu au bout de son rêve, aux côtés de la vice-championne olympique de natation Malia Metella et de l’éco-aventurier Matthieu Witvoet.

Le trio n’a pas caché son émotion à son arrivée, après une année de préparation intense pour s’habituer au froid et à l’altitude. « Je suis soulagé que ce défi soit terminé parce qu’il m’a mis face à certaines difficultés que je ne soupçonnais absolument pas, raconte Théo (21 ans), amputé des quatre membres après une méningite foudroyante à l’âge de 6 ans. Je suis très fier qu’avec Malia et Matthieu, on soit les premiers à avoir traversé ce lac en totale autonomie. »

« Personne ne nous avait dit que le Titicaca était une mer »

Epuisés après avoir dû faire face dès le premier jour de leur défi à un cocktail explosif de vent, pluie, grêle et orage, les trois nageurs se sont sans cesse adaptés pour surmonter les moments de doute, de découragement, de peur et bien entendu de fatigue extrême. « Personne ne nous avait dit que le Titicaca n’était pas un lac mais une mer, sourit Malia Metella. Nous avons quand même réussi à passer au travers de trois tempêtes. En rejoignant Puno, j’ai cru que c’était une arrivée olympique. C’était comme le jour où j’ai touché le mur aux Jeux [en 2004], et que je voyais que j’étais vice-championne olympique. En fait, je n’ai pas vraiment les mots tellement cette aventure a été magique avec deux personnes fantastiques. »

Comme c’était prévu, le défi Titicaca a remis son embarcation, le « Pachamama », entre les mains de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), et de ses partenaires de l’université de La Paz (Bolivie), qui vont ainsi pouvoir l’utiliser dans le cadre de leurs missions de recherche sur le lac Titicaca. Une dimension environnementale forte accompagnait dès le début l’énorme challenge sportif, et le radeau va aider les associations locales à mettre en place des actions concrètes pour lutter contre la pollution. Dites donc, il est peut-être venu le temps de se reposer Théo, Malia et Matthieu, non ?