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Fracture, manque de plaisir et de résultats… Les galères de Quartararo

Moto GP : Fracture, manque de plaisir et de résultats… Les galères de Fabio Quartararo

MOTO GPLe champion du Monde de Moto GP 2021, Fabio Quartararo, vit un début de saison 2023 très compliqué au guidon de sa Yamaha
Adrien Max

Adrien Max

L'essentiel

  • Le pilote français de Moto GP, Fabio Quartararo, va disputer ce week-end le Grand Prix des Pays-Bas avec un orteil fracturé lors d’un footing.
  • Le champion du Monde 2021 vit un début de saison très compliqué avec des performances moyennes.

Un Fabio Quartararo boitant au moment de monter sur sa Yamaha, finalement tout aussi chancelante que son pilote. Le champion du Monde de Moto GP 2021 va disputer le Grand Prix des Pays-Bas sur le circuit d’Assen ce week-end, avec une fracture du pouce du pied gauche survenue lors d’un footing à Amsterdam cette semaine.

Un épisode de plus dans la difficile période que traverse actuellement Fabio Quartararo. Yamaha n’a pas répondu favorablement à notre demande d’interview, et Thomas Maubant, son « helper » et meilleur ami n’a pas daigné répondre à nos questions. Il est loin le temps de la période faste de 2021 lorsque Fabio ne rechignait jamais, ou presque, à parler aux médias. Des médias auxquels il a même d’abord caché sa blessure, aucunement évoquée lors de son interview à Canal+ jeudi, quelque temps avant d’aller passer une radio.

Qui a finalement révélé une fracture de l’orteil, mais le pilote a été déclaré apte piloter sa moto. Et heureusement pour son moral, parce que Fabio Quartararo nourri de grandes attentes aux Pays-Bas. « C’est un Grand Prix que j’adore, sur un des mes circuits préférés. On va essayer de donner le maximum pour obtenir un bon résultat », espérait-il.

Déjà 103 points de retard sur Francesco Bagnaia

Les bons résultats, c’est justement ce qu’il manque à Fabio cette saison. Avant ce huitième rendez-vous, il n’est parvenu à monter qu’une seule fois sur le podium cette saison, sur le circuit d’Austin lors du Grand Prix des Amérique. A la même époque la saison précédente, il avait déjà enregistré six podiums, dont trois victoires, pour devancer Francesco Bagnaia d’une centaine de points. Aujourd’hui, il en 103 de retard sur le champion du monde 2022.

« On va dire qu’il a connu des périodes plus fastes. Mais comme c’est souvent le cas, quand tu as des soucis ça s’enchaîne. Après, cette blessure est plus gênante que contraignante. Une blessure à la main aurait été plus embêtante », confie à 20 Minutes Jules Deremble, le présentateur du Moto GP sur Canal+.

Plus de puissance, mais moins de maniabilité

Ses difficultés sont surtout liées à celle de sa Yamaha, alors qu’il a passé ses dernières saisons à réclamer plus de puissance à la marque japonaise face à la horde de Ducati. « Clairement, ça vient en grande partie de sa moto. Les autres équipes ont énormément progressé, Ducati, évidemment, avec ses huit motos, mais aussi KTM et Aprilia », estime Jules Deremble.

Et les évolutions motrices apportées à l’inter saison ont finalement plus perturbé la manière de piloter de Fabio Quartararo. « La qualité de la Yamaha a toujours été la maniabilité et l’augmentation de vitesse lui a enlevé quelques atouts. Elle a perdu de la maniabilité alors que c’est ce qui avait permis à Fabio de devenir champion en 2021. Cette quête de la puissance a déréglé la machine, et on sait que ce sont des pièces d’orfèvreries », ajoute le présentateur.



Si des appendices aérodynamiques pour faciliter la maniabilité des machines n’ont cessé d’émerger sur les motos européennes, Yamaha ne semble les utiliser que depuis ce Grand Prix des Pays-Bas. Et toutes ces évolutions n’avantagent pas forcément Fabio Quartararo et son style, comme l’a confié Miguel Oliveira au site motorsports.com : « En ce moment, le développement de l’aérodynamique a eu une influence décisive sur les motos, qui commencent inévitablement à prendre une proportion et un pourcentage un peu plus importants qu’avant dans la performance. Avec les motos actuelles, il est plus difficile pour le pilote de faire la différence. Il n’y a pas de pilotes capables de surmonter les capacités des motos alors que dans ce sport, il y a toujours eu une symbiose entre le pilote et la moto. »

Des doutes sur la piste, des changements en dehors

Autant de raisons qui ont progressivement fait douter Fabio Quartararo. Au point de rouler dans les mêmes temps que son coéquipier Franco Morbidelli alors qu’il l’avait toujours relégué à plusieurs dixièmes de secondes depuis que l’Italien a rejoint Yamaha.

Et en dehors de la piste, aussi, El Diablo a dû faire face à des bouleversements. Il a récemment annoncé la fin de la collaboration avec son agent de toujours, Eric Mahé, pour créer sa propre structure. Pas de quoi le perturber plus que ça, pour Jules Deremble. « Ces pilotes sont préparés mentalement depuis très jeune pour affronter la pression. Ils ont l’habitude de mélanger le sportif et l’extra sportif sans que ça ait des conséquences en piste. Evidemment ça rajoute un peu de trouble dans l’équation, mais je connais bien les deux personnages et ils se sont séparés de manière intelligente. »

Une pause estivale très attendue

La meilleure nouvelle vient finalement du calendrier, et de cette pause estivale après le Grand Prix des Pays-Bas de cinq semaines. « Une donnée très importante chez Quartararo, c’est la notion de plaisir. Il l’a perdu ce plaisir, ça se voit visuellement dans son body langage, on le voit sur son visage. Le mieux pour lui est d’aller s’amuser avec ses potes et revenir dans un état d’esprit différent », estime Jules Deremble.

C’est plus sur cet aspect qu’il faut espérer du changement pour Quartararo, qui pourrait même être facilité par un bon résultat ce week-end, plutôt que sur les évolutions de sa Yamaha durant l’été. « Il m’a confié que ça faisait trois courses qu’il ne touchait plus aux réglages pour justement retrouver ce feeling », prévient Jules Deremble. Dès dimanche dans le temple de la vitesse qu’il apprécie tant ?