EXCLUSIF JO de Paris 2024 : Teddy Riner et Florent Manaudou, les deux indiscutables chouchous du public français
etude•A quelques jours de la cérémonie d’ouverture, « 20 Minutes » et « Ouest-France » vous révèlent les résultats d’une étude réalisée par Omnicom Media Group sur les athlètes olympiques et paralympiques préférés des FrançaisNicolas Camus
L'essentiel
- Les Jeux olympiques de Paris s’ouvrent officiellement ce vendredi, avec une cérémonie qui s’annonce grandiose sur la Seine.
- A quelques jours de l’événement, « 20 Minutes » et « Ouest-France » vous révèlent les résultats d’une étude réalisée par Omnicom Media Group sur la notoriété et la cote d’amour des athlètes chez les Français.
- Les « anciens » Teddy Riner et Florent Manaudou apparaissent comme les petits chouchous, mais ces Jeux à la maison seront certainement l’occasion pour la jeune génération, emmenée par Antoine Dupont, Victor Wembanyama et Léon Marchand, de se rapprocher de ses glorieux aînés.
Jamais le sport français n’a connu moment aussi emballant. Plus encore qu’une Coupe du monde de foot, les Jeux olympiques représentent l’universalisme à son summum. Pendant deux semaines, Paris va accueillir 10.500 athlètes venus de 206 pays, puis encore quelque 4.400 lors des Jeux paralympiques à partir du 28 août. Le rendez-vous d’une vie pour les sportives et les sportifs tricolores, poussés par des dizaines de milliers de spectateurs qui ne demandent qu’à les célébrer.
Pour la grande majorité d’entre eux, ces Jeux dessinent une opportunité unique, celle de sortir de l’anonymat dans lequel ils patrouillent au quotidien malgré des carrières au plus haut niveau. A l’autre bout du spectre, il y a les stars, installées depuis un moment dans le paysage grâce à leurs performances, leur charisme voire pour certaines leurs engagements. Des grands noms sur lesquels repose la responsabilité de montrer à quel point la France est un grand pays de sport qui sait gagner des médailles.
A quelques jours de la cérémonie d’ouverture, Ouest-France et 20 Minutes vous révèlent les résultats d’une étude réalisée par Omnicom Media Group sur les athlètes olympiques et paralympiques préférés des Français. Cette enquête de grande ampleur a été menée début juin auprès de 1.200 personnes âgées de 15 ans et plus. Il était proposé à cet échantillon les noms de 40 athlètes (20 hommes et 20 femmes) parmi les sports les plus diffusés lors des deux précédentes éditions des JO, à Rio et Tokyo.
Voici les enseignements que l’on peut tirer de cette photographie du sport français avant le début de la compétition. Un instantané qui pourrait bien évoluer pendant les semaines à venir. Car l’effet JO, couplé à celui de jouer à domicile, représente un puissant catalyseur de notoriété pour tous les athlètes qui vont y participer.
Teddy Riner et Florent Manaudou, prime à l’ancienneté
Sans surprise, deux mastodontes du sport tricolore se distinguent dans cette étude. Florent Manaudou, 33 ans et quadruple médaillé olympique en natation, arrive en tête au niveau de la renommée. Il est celui qu’une majorité de Français connaît, « ne serait-ce que de nom » comme il leur était demandé, avec 72 % de notoriété. Le médaillé d’or de Londres en 2012, élu par ses pairs pour tenir le rôle prestigieux de porte-drapeau pour l’ouverture des JO, bénéficie sans doute également de la célébrité de sa sœur Laure, première superstar de la natation française après son éclosion dorée à Athènes en 2004.
Manaudou devance de très peu Teddy Riner, qui atteint 70 % de notoriété. Ce sont les deux seuls athlètes à dépasser la barre des 50 %, Antoine Dupont, Nikola Karabatic et Renaud Lavillenie restant scotchés juste en dessous. Le judoka de 35 ans, champion olympique en individuel à Londres et Rio, ainsi que par équipes mixtes à Tokyo, est en revanche celui qui dispose de la cote d’amour la plus élevée. Il est le sportif préféré de 47 % des personnes interrogées, assez nettement devant le spécialiste du 50m nage libre (37 %).
Le colosse du judo (2,04m, 140 kg) s’impose depuis longtemps comme une figure incontournable, au-delà même du sport. Il est ce gros nounours protecteur de la nation, aimé à la fois pour son côté destructeur, (quasi) invincible en compétition, et la sympathie qu’il dégage en dehors des tatamis. Son aura est de celles de grands champions comme Zinédine Zidane ou Yannick Noah.
Il ressort de ces observations que les athlètes les plus aimés sont finalement ceux qui sont le plus médiatisés. On apprend à apprécier une personnalité quand on a l’occasion de l’entendre partager sa passion et raconter son parcours, ses fêlures et ses succès. Ce sont ces grands noms qui ont le plus l’occasion de rentrer dans les foyers et, parfois, d’inspirer les plus jeunes en mal de modèle à qui on rêve de ressembler.
Où sont les femmes ?
Le constat saute aux yeux à la lecture de cette enquête. Les sportives sont loin, très loin derrière leurs homologues masculins en matière de notoriété. Il faut ainsi descendre jusqu’à la 8e place pour voir apparaître Clarisse Agbegnenou, première femme dans ce classement avec seulement 35 % des personnes interrogées qui disent la connaître.
La judokate, au-delà de s’être construit un palmarès phénoménal (deux fois championne olympique, six fois championne du monde), est pourtant une sacrée ambassadrice du sport français, porte-drapeau de la délégation à Tokyo, engagée contre les discriminations et stéréotypes sexistes et revenue au top après avoir donné naissance à son premier enfant, en 2022. La preuve que l’on peut être maman et l’une des meilleures du monde dans son domaine.
Derrière, on ne retrouve que trois autres femmes dans le top 20. Pauline Ferrand-Prévot, la spécialiste de VTT aux 11 titres mondiaux – dont cinq en cross-country, la discipline des JO – est 16e avec 15 % de notoriété. La présence à la 18e place de Sakina Karchaoui est en revanche une bonne surprise. La défenseuse latérale du PSG et de l’équipe de France, familière de 9 % des gens, tire sans doute les bénéfices de sa popularité sur Instagram, où elle est – de loin ! – la sportive française en activité la plus suivie avec 980.000 abonnés. Un succès qu’elle doit à ses performances et à la manière dont elle partage ses passions, notamment pour la mode. Enfin, la nageuse Charlotte Bonnet se classe 19e avec 8 % de notoriété.
Cela traduit un manque de visibilité des femmes dans le sport de manière générale, conséquence de multiples facteurs. Les médias, mais aussi les sponsors et parfois les Fédérations elles-mêmes ont leur part de responsabilité. Le modèle masculin demeure la norme, et le grand public a parfois du mal à s’identifier aux grandes championnes.
Wemby et Dupont davantage plébiscités par les jeunes
Ce grand tableau des athlètes les plus considérés n’est pas monolithique non plus. Si l’on observe les résultats dans le détail, la jeune génération (15-24 ans) se distingue de son aînée, et c’est bien normal. Pas les mêmes codes, pas les mêmes références, pas les mêmes façons de consommer le sport.
Exemple avec Victor Wembanyama, nouveau phénomène du basket français qui vient d’être élu, à 20 ans, rookie de l’année au terme de sa première saison en NBA. Hors du top 10 parmi les sportifs que le panel connaît, l’intérieur dont les highlights inondent les réseaux sociaux se hisse à la 6e place chez les plus jeunes. Il apparaît même dans le top 5 de leurs athlètes préférés, au coude à coude avec Florent Manaudou. Préparez-vous, l’ère « Wemby » vient à peine de s’ouvrir et va certainement embrasser tout le pays dans un avenir proche.
Antoine Dupont a également la cote parmi la tranche d’âge la plus jeune. L’effet Coupe du monde, pendant laquelle il a été l’automne dernier au cœur d’un véritable feuilleton avec sa fracture de la mâchoire – qui n’est pas sans rappeler un plus récent avec un autre capitaine des Bleus blessé –, joue à plein pour le demi de mêlée toulousain, devenu (depuis un moment déjà) la vraie figure dominante de son sport.
Il se place dans notre étude à la troisième position en matière de notoriété (33 %) chez les 15-24 ans, et même deuxième au classement des sportifs préférés. Son choix d’aménager son calendrier à XV cette saison pour pouvoir vivre ces Jeux à la maison avec l’équipe à sept a encore renforcé sa visibilité. En attendant de le voir confirmer sur le terrain cet été ses débuts fracassants dans cette discipline lors des « Seven Series », la compétition mondiale de référence.
Marchand – Karabatic, le passage de témoin
Nikola Karabatic, plus gros palmarès du sport français avec ses trois titres olympiques, quatre couronnes mondiales et quatre sacres européens avec les Bleus, va tirer sa révérence à l’issue de ces Jeux. Une retraite bien méritée pour le handballeur, 40 ans dont 22 passés sur les parquets à gagner tout ce qui pouvait l’être. Cette longévité lui octroie logiquement une place dans le top 5 de tous les classements de cette enquête, que ce soit chez les jeunes ou les moins jeunes.
Qu’il se rassure, on a un nouveau propriétaire tout trouvé pour son label « France qui gagne » cher au grand public. Star annoncée de ces JO pour tous les amateurs de sport, Léon Marchand n’a pas encore fait sa place dans les foyers français. Seul un quart des 1.200 personnes interrogées dans notre enquête a déjà entendu son nom, et 14 % le citent parmi les athlètes qu’elles apprécient. Mais on est prêt à miser le PEL des enfants que ces chiffres seront totalement différents à la sortie des Jeux parisiens.
Si son programme n’est pas encore tout à fait défini, il y a de fortes chances pour que le « Michael Phelps français » s’aligne sur quatre épreuves : 200 et 400m quatre nages, 200m papillon et 200m brasse. Avec à chaque fois la médaille d’or en ligne de mire. Déjà quintuple champion du monde à 22 ans, le nageur originaire de Toulouse est programmé pour ce grand rendez-vous. C’est dans cette perspective qu’il est parti dès 2021 s’entraîner aux Etats-Unis avec Bob Bowman, l’homme qui a fait de Phelps une icône mondiale, premier sportif de l’histoire à avoir remporté huit médailles d’or sur une même édition des JO, en 2008 à Pékin.
La filiation est évidente, validée par la légende américaine en personne, lorsqu’elle a commenté en direct et en mondovision le moment où Marchand a effacé son mythique record du monde sur 400m quatre nages, aux Mondiaux de Fukuoka l’année dernière. Une performance historique qui a valu au Français de rencontrer Phelps et d’échanger quelques mots avec lui. Ce dernier lui a glissé qu’il le voyait descendre un jour en dessous des 4 minutes. Un temps qui semble irréel, mais que tout le monde pressent à la portée du prodige. Si ça devait se passer dans le bassin de La Défense Arena, dimanche 28 juillet au soir, les Français, qu’ils soient jeunes ou plus âgés, seraient bien les seuls sur terre à ne pas connaître le nom de Léon Marchand.



















