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Sandrine Cauderon, une championne qui vit à fond sa « chance de viser les Jeux »

JO Paris 2024 : « Sans cet accident, je n’aurais jamais pu rêver de participer aux Jeux », confie Sandrine Cauderon

défiA 44 ans, la Lyonnaise Sandrine Cauderon-Paulin, qui pratique le tennis fauteuil à temps plein depuis un an et demi, vise une qualification pour les Jeux paralympiques de Paris
JO Paris 2024 : Rencontre avec Sandrine Cauderon-Paulin, joueuse de tennis fauteuil
Caroline Girardon

Caroline Girardon

L'essentiel

  • Sandrine Cauderon-Paulin, qui pratique le tennis fauteuil à temps plein depuis seulement un an et demi, vise la qualification pour les Jeux paralympiques de Paris 2024.
  • Un sacré défi que la Lyonnaise est prête à relever. « Cette chance est petite mais elle existe », confie-t-elle à 20 Minutes.
  • Sponsorisée par son employeur, la sportive de 44 ans enchaîne les tournois et intensifie sa préparation, tout en menant sa vie de mère de famille.

«Cette chance est petite mais elle existe ». A 44 ans, Sandrine Cauderon-Paulin s’est fixé un objectif : décrocher sa qualification pour les Jeux paralympiques de Paris 2024. Actuellement classée 6e joueuse française de tennis fauteuil et 42e mondiale, cette mère de famille mesure la marche qui reste à franchir : « Intégrer le Top 30 mondial et être dans les quatre meilleures joueuses françaises avant la mi-juillet », résume-t-elle.

Du fond des courts, au pied du Groupama Stadium de Lyon, la sportive enchaîne les coups droits puissants et les revers. Renvoyer chaque balle sans perdre le rythme. Gagner en rapidité. S’entraîner quotidiennement pour grappiller des places dans le classement international. Cela passe par « trois heures de tennis chaque jour et autant de temps consacré à la préparation physique à la maison ». Sans oublier les soins, comme les séances de kiné ou d’ostéopathie, et les tournois soigneusement sélectionnés. « Je dois progresser. Je pars avec un certain retard, car j’ai commencé à jouer à plein temps il y a seulement 18 mois. »

Victime d’un accident en 2007

L’univers du tennis, Sandrine le connaît bien, elle qui a pratiqué dès l’âge de 3 ans. Mais en 2007, sa vie bascule lors d’une sortie à cheval. L’animal se cabre au galop. « J’ai fait une chute très violente. L’une de mes vertèbres a explosé dans la moelle épinière. J’avais 28 ans, j’ai passé quinze jours en soins intensifs », raconte-t-elle. Le verdict est alors sans appel : « On m’a dit que j’étais devenue paraplégique ».

Envoyée pendant huit mois dans un centre de rééducation, la jeune femme se bat pour retrouver un maximum de mobilité. « J’en suis ressortie debout avec un déambulateur », souligne-t-elle. Aujourd’hui, les « séquelles » sont toujours là. Ses pieds « ne marchent plus ». La sportive doit s’appuyer sur des attelles et des béquilles pour se déplacer.

Le déclic est venu à la veille de ses 40 ans, en 2018. « Mes enfants faisaient beaucoup de sport et ça me manquait énormément, se souvient Sandrine. Un jour, j’ai vu cette affiche qui proposait des cours de tennis fauteuil. En étant marchante, je ne pensais pas que je pouvais y prétendre. » Mais le cours d’essai la transforme : « Dès que j’ai frappé la balle, c’était magique. Les odeurs, les bruits de court de tennis… Tout m’est revenu. C’était comme un feu d’artifice ». Dans son entourage, tout le monde l’encourage à reprendre du service.

Sponsorisée par son employeur

Il faut toutefois « repartir de zéro » ou presque. « C’est comme si on découvrait un autre sport, résume-t-elle. Les déplacements, la logique, tout est différent. Le plus dur au départ, c’était d’apprendre à manier le fauteuil. » Le faire pivoter tout en gardant la raquette en main. Rouler suffisamment vite pour couper la trajectoire de la balle. Ce qui demande une sacrée force.

Mais la jeune femme apprend vite. Son ascension s’avère fulgurante. Un an plus tard, la mère de famille remporte son premier tournoi et se hisse, à la fin de l’année, parmi les dix meilleures joueuses tricolores, tout en poursuivant sa carrière de consultante en recrutement au sein du groupe Randstad.

« J’ai eu la chance incroyable que mon employeur propose au début de l’année 2021 de m’aider et de me sponsoriser, explique-t-elle. Cela m’a permis de me tester sur les tournois internationaux, ce que je n’avais jamais fait jusque-là. » Sa direction commence par lui accorder un temps partiel pour mener sa passion de front. Puis, la « détache totalement de ses missions » en septembre 2022 afin qu’elle se concentre pleinement sur les Jeux. A la maison, son « mari prend le relais ». Ses enfants l’encouragent pour atteindre son objectif.

NOTRE DOSSIER JO 2024

« On aura vraiment tout mis en place pour ne pas avoir de regret à la fin », analyse Sandrine Cauderon-Paulin, qui « rêverait de porter le survêtement de l’équipe de France ». Aujourd’hui, si l’histoire « était à refaire », la sportive ne « changerait rien », assure-t-elle. « Sans cet accident, je n’aurais jamais rencontré mon mari. Je n’aurais jamais pu jouer au tennis à un tel niveau, ni avoir cette chance de viser les Jeux », conclut-elle, radieuse.

Pour découvrir le tennis fauteuil

Un premier tournoi open de tennis fauteuil sera organisé dans le Rhône du 31 mai au 2 juin au « All in country club », où s’entraîne Sandrine Caudron-Paulin. L’occasion pour le public de découvrir cette discipline. L’accès est ouvert à tous et toutes.