20 Minutes : Actualités et infos en direct
Handball« Une grande répétition »… Les Bleues ont-elles déjà la tête aux JO ?

Mondiaux de handball : « Une grande répétition »... L’équipe de France a-t-elle déjà la tête aux JO de Paris ?

HandballL’équipe de France débute ces Mondiaux ce jeudi en affrontant l’Angola, avec en tête, déjà, les Jeux olympiques de Paris
Meline Nocandy a une place à prendre en vue des JO.
Meline Nocandy a une place à prendre en vue des JO. - Daniel Vaquero/SIPA / Sipa
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Les Bleues commencent les championnats du monde ce jeudi face à l’Angola.
  • Les joueuses de l’équipe de France de handball ont les Jeux olympiques de Paris 2024 comme principal objectif.
  • Olivier Krumbholz, le sélectionneur, considère ce Mondial comme une étape de préparation : « Je ne sais pas s’il faut gagner. »

La fin d’année approche, et le moment de passer l’entretien individuel avec votre boss aussi. Une petite heure à parler de vos accomplissements, de vos soucis avec votre voisin de droite qui ne pipe rien aux demandes, de cette augmentation qui ne viendra pas. Et de vos objectifs pour l’année à venir, aussi. Pour les joueuses de l’équipe de France de handball, il y en a un entouré en rouge et en majuscule : les Jeux olympiques de Paris à l’été 2024, avec une médaille d’or à la clé, s’il vous plaît, parole du DRH Olivier Krumbholz.

Sauf que, six mois avant le rendez-vous d’une vie, tout le monde (ou presque) a oublié le petit astérisque au bout du bout de la case « objectifs » : les championnats du monde, que les Françaises entament ce jeudi face à l’Angola. Cette traditionnelle compétition internationale hivernale (Mondial et Euro en alternance une année sur deux) n’apparaît guère excitante, mais le point de passage est obligatoire pour les Bleues, qui n’auront même pas à aller chercher un billet qualificatif pour les Jeux, car qualifiées automatiquement.

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

« Je ne sais pas s’il faut gagner »

Alors, on s’en fiche ? Pas tant que ça, selon Amélie Goudjo, ancienne internationale bleue, désormais consultante sur beIN Sports, qui diffuse la compétition : « Forcément qu’il y a les JO en ligne de mire, mais on est encore loin de l’événement, il y a un titre à aller chercher. Je pense qu’elles ont vraiment la tête au Mondial, elles vont être dans leur bulle, ça reste une super compétition. » Une compétition, disputée au Danemark, en Suède et en Norvège, qui ne devrait pas réserver beaucoup de surprises : l’un des pays hôtes (surtout la Norvège) ou la France sera sacré. A moins que…

Et si ces championnats du monde étaient une grande partie de poker menteur, pour ne pas (trop) se dévoiler avant les Jeux olympiques ? C’est un peu la théorie de Pablo Morel, le coach de Brest, où évoluent trois internationales françaises : « Il y a des retours de blessure, des absences, c’est une vraie compétition pour se jauger, mais je pense que les nations ne vont pas abattre toutes leurs cartes. Après, c’est quand même un Mondial, une belle compétition, avec des enjeux, mais ça reste une grande répétition en vue des JO. »

Même Olivier Krumbholz, le sélectionneur des Bleues depuis l’ère tertiaire, et qui doit passer le flambeau après les Jeux, semble adhérer à ce postulat. « Le Mondial sera très particulier, expliquait-il dans L’Equipe. En général, la compétition préolympique, on a envie de la gagner et de se qualifier pour les JO. A nous de profiter d’un chemin positif, de jouer avec une bonne pression, d’utiliser le fait de ne pas jouer notre peau pour être brillantes, joyeuses, opportunistes pour réussir un bon championnat du monde. Obtenir une médaille serait une bonne nouvelle, je ne sais pas s’il faut gagner. »

« Peu m’ont parlé des Mondiaux, toutes m’ont parlé des Jeux. »

Olivier Krumbholz ne vient quand même pas en Scandinavie pour faire du tourisme, il a embarqué, à peu de chose près, le groupe type qui devrait être à Paris 2024, hormis Cléopâtre Darleux (qui se remet d’une commotion cérébrale), Allison Pineau (raisons tactiques), Béatrice Edwige (retour de blessure et raisons tactiques)… Mais toutes seront-elles vraiment la tête dans le guidon, à ne pas chercher à éviter la blessure qui les priverait de Jeux ?

« Ce qui est sûr, quand on a préparé la saison, et qu’on a fixé les objectifs individuels, elles ont toutes en tête les Jeux, estime Pablo Morel. Elles l’ont verbalisé, et c’est quelque chose de central pour chacune des internationales de pouvoir être performantes et éligibles pour les JO. Je ne sais pas si elles prennent le Mondial comme une étape nécessaire pour aller aux Jeux, en tout cas, peu m’ont parlé des Mondiaux, mais toutes m’ont parlé des Jeux. » »

Ce Mondial demeure une chance pour certaines de se mettre en évidence, d’autant que le groupe qui ira aux Jeux sera amputé de quatre joueuses (18 au Mondial, 14 aux JO). C’est notamment le cas de Méline Nocandy, de retour en sélection après sa grave blessure au genou en 2022. « Je suis convaincu, sauf blessure, qu’elle fera partie de la liste aux Jeux, assure son coach à Paris 92, Yacine Messaoudi, qui est aussi sélectionneur du Sénégal. Mais elle n’a pas la même conviction que moi, donc elle travaille chaque jour pour gagner sa place. Quand bien même elle a les JO dans sa tête tous les jours, elle vit le moment présent, car elle a conscience qu’il faut performer au quotidien pour y être. »

Un doublé possible ?

Et Olivier Krumbholz va aussi pouvoir observer de près la fameuse “vie de groupe”, qui semble aussi importante que le talent des athlètes, peu importe la discipline. Même si le contexte des Jeux, à domicile, sera évidemment différent, évoluer en vase clos pendant trois semaines va permettre de créer un esprit d’équipe. « Je pense qu’il va être attentif là-dessus, relève Pablo Morel. Et sur le terrain, s’il sait de quoi sont capables ses joueuses, il peut tester différentes dynamiques de groupes, différentes responsabilités en vue des JO. »

Alors, que peut-on vraiment espérer de ces Bleues lors de ces Mondiaux ? Pour Amélie Goudjo, « les joueuses sont très en forme, il y a moyen d’aller dans le dernier carré ». Yacine Messaoudi, qui a affronté l’équipe de France en match de préparation, les voit aussi aller loin, pour « marquer psychologiquement leurs adversaires ». « Et puis, elles ne sont plus championnes d’Europe, ni championnes du monde, elles ont quand même besoin de se rassurer. » Remporter les Mondiaux, faire entrer en dépression les Scandinaves, puis remporter les JO les doigts dans le nez, le chemin est tout tracé.

Sujets liés